Une opinion de François Guilbert, directeur diocésain pour l’enseignement fondamental catholique, Hainaut.

Les directions d’écoles fondamentales sont constamment au front dans le pilotage de leur école. Mais depuis la mi-mars les directions ont une crise inédite à gérer et chacun y réagit en fonction de ses réalités de terrain mais aussi par rapport à sa propre expérience, à ses valeurs et à son caractère…

En effet, il y a ceux qui sont restés totalement seuls durant toute la crise et il y a ceux qui ont pu compter sur du soutien.

Il y a ceux qui ont eu beaucoup d’enfants dans les garderies dès le début du confinement et il y a ceux qui n’en ont jamais eu un seul.

Il y a ceux qui ont plusieurs implantations, ceux qui ont une nouvelle école, ceux qui scolarisent à peine une vingtaine d’élèves, ceux qui cohabitent avec l’enseignement secondaire, ceux qui n’organisent que certains types d’enseignement dans le spécialisé…

Il y a ceux dont les enseignants sont restés en contact permanent avec leurs élèves et il y a ceux dont les enseignants ont perdu tout contact.

Il y a ceux qui ont dû gérer les inquiétudes voire la panique des enseignants et il y a ceux qui ont pu très régulièrement avoir des réunions d’équipes en visioconférence pour envisager le suivi à distance des enfants.

Il y a ceux qui ont subi la pression des parents qui ne voulaient absolument pas que leur enfant reprenne l’école et il y a ceux qui ont subi la pression des parents qui exigeaient que leur enfant revienne en classe.

Il y a ceux qui ont réussi à gérer toutes les étapes de cette crise avec le recul difficile mais nécessaire et il y a ceux qui ne dorment plus depuis plusieurs semaines.

Il y a les anxieux et les cools, les colériques et les fatalistes, les optimistes et les inquiets, les organisés et les procrastinateurs, les rebelles et les sauveurs…

Mais ma conviction c’est que chaque direction, là où elle exerce son métier, a fait et fera le maximum pour gérer cette crise comme elle le peut, pour le bien de tous, enfants et enseignants !

Alors aujourd’hui, après avoir tout mis en place pour que la reprise des 6e puis des 1ères et 2e primaires puisse se faire dans les meilleures conditions sanitaires, en respectant les mesures drastiques imposées, en prenant en compte l’organisation de la garderie, en ce jour où dans certaines écoles les 1ères et 2e primaires rentrent seulement, on nous annonce que dès mardi les maternelles peuvent revenir à l’école avec finalement une seule exigence : le lavage des mains et pour le reste, c’est en quelque sorte "faites ce que vous pouvez" ! Et le lundi suivant on enchaîne avec les primaires… !

En ce jour où je reçois de nombreuses réactions de directions qui se disent désabusées, exténuées, prises pour des marionnettes, je ne peux que dire ou redire aux directions que je sais qu’elles font un métier ingrat et difficile mais combien utile et indispensable, et qu’elles le font le mieux possible dans les conditions qu’on leur impose !