Les personnes qui s'opposent aux souffrances inutilement imposées aux animaux sont de plus en plus nombreuses, en Belgique comme en Europe.

L'abattage rituel est, à ce propos, particulièrement choquant. Il est en effet interpellant que l'on puisse encore, à notre époque, égorger des bêtes et les vider de leur sang alors qu'elles en sont conscientes.

L'année dernière, la Wallonie et la Flandre ont adopté un décret qui impose l'étourdissement lors de l'abattage rituel. En Flandre, l'interdiction de l'abattage sans étourdissement est entrée en vigueur le 1er janvier 2019 ; en Wallonie, elle a été adoptée le 1er septembre 2019.

En Région bruxelloise, rien n'a été fait ! Pourtant, une majorité d'électeurs bruxellois souhaitent l'adoption d'une loi imposant l'étourdissement. De nombreuses personnes affirment d'ailleurs que leur choix politique est influencé par la prise en considération du bien-être des animaux, notamment lors de l'abattage rituel.

Une souffrance inutile

A Bruxelles, les abattages sans étourdissement sont pratiqués tout au long de l'année à l'abattoir d'Anderlecht. Selon l'AFSCA, 87 % des veaux, 31 % des bovins, 96 % des moutons qui y sont amenés sont mis à mort par égorgement sans étourdissement préalable ce qui entraîne pour eux de grandes souffrances. Leur agonie peut durer 2 minutes pour les moutons, 6 minutes pour les bovins et, dans certains cas, jusqu'à 14 minutes.

L'Union Professionnelle Vétérinaire (UPV) s'était insurgée en mai 2019 quant aux prises de position de certains candidats aux élections en région bruxelloise qui remettaient en cause un progrès fondamental de la prise en compte de la maltraitance animale par notre société.

L'UPV poursuivait ainsi à propos de ces politiques qui, dans un souci électoraliste, condamnaient les animaux à endurer de grandes souffrances : il faut n’avoir aucune notion de ce que signifie la souffrance provoquée par la jugulation à vif pour remettre en question l’étourdissement lors de la mise à mort.

L’abattage sans étourdissement préalable augmente la durée de la perte de conscience. Pendant cette période de conscience, l’animal peut être exposé à une douleur et une souffrance inutiles dues à l’exposition d’organes blessés, l’aspiration éventuelle de sang et de contenu ruminal, dans le cas de ruminants, la souffrance éventuelle due à l’asphyxie après section du nerf phrénique et du nerf vague.

Bruxelles ne doit plus être une exception

Nous suggérons que désormais, les politiques s’enquièrent davantage des avis des professionnels de la santé et du bien-être animal que sont les vétérinaires avant de proférer des inepties éthiquement inquiétantes.

En Belgique, en Europe, un large mouvement citoyen considère que le bien-être animal n'est pas un sujet mineur. En ce qui concerne l'abattage rituel dans notre pays, Bruxelles ne doit pas continuer à être une exception. En Flandre et en Wallonie, l'étourdissement par électronarcose est une obligation.

Les amis des animaux veulent être entendus à ce sujet. Il n'est pas concevable que des dérogations aux lois sur le bien-être animal existent pour des motifs religieux quels qu'ils soient. Il n'y a pas à y voir une quelconque prise de position xénophobe. En Europe, 310 000 vétérinaires ont voté à l'unanimité une motion soulignant que du point de vue du bien-être animal la pratique de l'abattage sans étourdissement préalable est inacceptable.

Ce 31 juillet aura lieu la fête du sacrifice. En Région de Bruxelles-Capitale, de très nombreux animaux seront mis à mort sans étourdissement préalable ce qui entraînera pour eux de grandes souffrances.

Au nom des amis des animaux, nous voulons que cette dérogation cesse et que l'étourdissement préalable à la mise à mort soit enfin imposée à Bruxelles. C'est ce qui a été fait en Wallonie et en Flandre. Qu'attend Bruxelles ? Les amis des animaux se posent la question.