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Meurtre de Julie Van Espen Justice inefficace

Justice inefficace 

Steve B., le tueur de Julie Van Espen, cette jeune fille anversoise de 23 ans, est un cas poussé à son paroxysme de l’impunité qu’offre notre société actuelle. Cas face auquel on ne peut qu’être habité par un sentiment d’intense révolte. Ne soyons pas naïfs. Ce récidiviste n’est quand même pas tout à fait l’idiot du village, puisqu’il a su utiliser toutes les ficelles judiciaires pour rester en liberté. En étant totalement "imperméable" aux conséquences de ses actes pour autrui. D’abord, bien sûr, pour Julie sa victime, puis pour sa famille, ses amis, ses connaissances, ses condisciples de l’université, et pour nous tous de la communauté des Humains. La justice porte sa part de responsabilité. Plus par l’inefficacité de son système "mécanique" de traitement et de suivi des justiciables, et par son arriéré toujours plus important. On peut cependant arguer à sa décharge qu’elle ne peut pas tout prévoir. Surtout dans notre monde actuel souvent insidieux ou pervers, et compte tenu des défis auxquels elle doit faire face aujourd’hui (cadre judiciaire incomplet).Jean Brébart

Dans un pays normal

Dans le cas de l’affaire de Julie Van Espen, l’émotion prend une fois de plus le pas sur la raison. On va me rétorquer que si c’était ma fille, je penserais autrement. Eh bien justement, ce n’est pas ma fille, et je peux donc me permettre de tenter de raisonner ! C’est vrai, ce genre de drame ne devrait pas arriver dans un pays normal. Dans un pays normal, on ne chercherait pas à désengorger des prisons qui sont dans un état lamentable pour la plupart et où la surpopulation carcérale est devenue la norme. On aurait des établissements pénitentiaires en suffisance. Dans un pays normal, la justice aurait les moyens de traiter ses affaires dans un délai raisonnable. Dans un pays normal, on ne se contenterait pas de punir les délinquants, on ne les abandonnerait pas à leur sort entre quatre murs pendant des années avant de les relâcher. On ferait en sorte de les réinsérer dans la société puisqu’à quelques exceptions près, ils sont tous susceptibles de la réintégrer un jour. Fustiger le magistrat qui a pris cette décision en fonction du peu de moyens mis à sa disposition n’est certainement pas la plus intelligente des réactions. Ce drame est essentiellement la conséquence d’un manque d’investissement chronique (et pas seulement du gouvernement Michel) dans la justice en particulier, dans les services publics en général. Une part non négligeable des citoyens estime n’avoir pas besoin des services publics, nos politiciens estiment pouvoir encore faire des économies drastiques dans ce secteur… Voilà où cela nous mène. Pensez-y le 26 mai !Alain Deliser

Rien n’a changé

Il y a plus de 20 ans, Bruxelles a vu défiler dans ses rues plus de 300 000 personnes habillées de blanc pour qu’on ne vive plus jamais ça, pour que nos enfants puissent se promener en rue en toute sécurité, pour que la justice fasse correctement son travail, pour protéger les innocents et condamner les criminels. Depuis le décès de Julie, Melissa, An et Eefje, notre pays a vu de nombreux gouvernements se succéder, du centre, de droite, de gauche, des Premiers ministres francophones, néerlandophones, de toutes les couleurs : libéral, catholique, socialiste, etc. Et qu’est-ce qui a changé ? Rien. Selon moi, il n’y a pas eu un ministre pour s’intéresser à la protection des citoyens. Les juges ne peuvent que faire appliquer les lois que les ministres font.Guy Eloi

Ce n’est pas la faute du juge

Il ne faut pas crier haro sur le juge : faute de moyens, il n’a pu faire autrement. Et le manque de moyens, il est à attribuer au gouvernement et non aux juges : ceux-ci font ce qu’ils peuvent avec ce qu’ils ont. Le manque de personnel, à tous les niveaux, dans la justice, est criant. Les cadres légaux ne sont pas remplis par la faute des ministres de la Justice successifs qui refusent d’engager du personnel.Bernard Loiseau

Politique  

A-t-on oublié la Défense ?

Je m’étonne que les enjeux liés à la Défense ne soient présents ni dans les débats politiques traitant des matières fédérales, ni dans les programmes de la majorité des partis en lice (exception faite du PS). La Défense constitue pourtant une des fonctions régaliennes de l’État fédéral. Elle représente +/- 25 000 emplois directs (personnel civil et militaire) et génère près de 10 000 emplois indirects. Il s’agit probablement du dernier département où le bilinguisme est encouragé et est ancré dans les habitudes. Les événements majeurs de ces derniers mois ayant trait à la Défense, dont la mission Vigilant Guardian (militaires dans nos rues), l’achat de F-35 et le partenariat CaMo avec la France, montrent à quel point la Belgique souffre de l’absence de vision stratégique à moyen et long termes pour ses forces armées. La Défense est déployée depuis 2015 dans les rues de Belgique, provoquant tantôt la désapprobation, tantôt un profond sentiment de soulagement, mais surtout avec pour conséquence l’impact catastrophique pour l’opérationnalité de la Composante Terre. Quelle est la vision politique de sortie de crise ? À l’étranger, la stratégie de la Belgique s’exprime par le déploiement de forces en Estonie, en Afghanistan, en Irak et au Mali (au total près de 600 militaires en permanence). En parallèle, la Défense peine à recruter du fait des exigences propres et de la concurrence d’autres métiers (police, pompiers…). Or, ce recrutement est essentiel pour la survie du département qui paie actuellement le prix de 20 années de désinvestissement et d’absence de vision dans le domaine HR. La Défense représente donc un département majeur de l’État en termes d’emplois, de stratégie diplomatique et économique. Malgré tous ces éléments, dans leurs programmes, seul le PS exprime sa vision dans ce domaine (en employant des hypothèses faussées), les autres partis traditionnels n’y consacrant que 4 à 5 lignes (MR et CDH), voire aucune (Écolo). Est-ce là le sens de l’État de partis voulant exercer le pouvoir ? À moins que ce ne soit l’expression d’un manque de vision stratégique ? Pire, un oubli de ces hommes et femmes qui restent au service du pays… Serait-il possible de connaître finalement leurs positions sur ce sujet (sans s’enfermer dans le sempiternel "Europe de Défense" qui reste un leurre). Deux questions sont finalement importantes : veulent-ils poursuivre les investissements initiés et quels sont leurs théâtres d’opérations prioritaires pour les 4 à 10 prochaines années ?Louis-Marie Burnotte

Politique Le MR aux abois

Fin 2016, Charles Michel a reçu un courrier prédisant les événements actuels en matière de sondage si le MR continuait à renier son slogan "contre la rage taxatoire". Ce courrier, dont voici quelques extraits, est resté sans réponse ! Il lançait des pistes de réflexions et suggérait des solutions qui certes, demandent du courage politique, mais également une envergure d’homme d’État ! Le voici : Ma génération a travaillé dur, a investi, a pris des risques tout en étant fort taxée sur les revenus du travail. Nous vivons dans un monde où tout le monde veut la transparence et une certaine justice. Alors, il est urgent que cette transparence et cette justice soient d’application pour tout le monde (syndicats, politiciens, fonctionnaires, appointés, citoyens, etc.). Quand on voit l’impact que peuvent avoir les réseaux sociaux sur le choix des électeurs ainsi que l’effet des pétitions via ces mêmes réseaux sociaux, il est impératif que le MR fasse les propositions suivantes : 1) Harmonisation des régimes de retraite du public et du privé avec un plafond maximum pour les pensions payées par l’État. Il est inadmissible que les politiciens soient juge et partie en ce qui concerne leur propre pension. Il n’y a que quatre pays au monde qui s’octroient un tel régime de pension pour les politiciens. 2) Suppression des privilèges exorbitants accordés aux politiciens (cela aura au moins le mérite de mettre en valeur les véritables hommes d’État et de mettre de côté ceux qui font de la politique par intérêt personnel. 3) Suivre les recommandations de l’OCDE et du FMI concernant les dépenses publiques. 4) Que les politiciens soient soumis au régime des salariés en ce qui concerne les malversations, détournements et fautes graves c’est-à-dire, un renvoi sans indemnités. 5) Réorganisation des intercommunales afin d’éviter qu’elles servent régulièrement au reclassement des amis politiques. Nous vivons dans un monde où la contestation et le populisme prennent de plus en plus d’importance. Bref, prenez les devants avant qu’il ne soit trop tard. Le tax shift a avantagé les travailleurs ainsi que les sociétés et personne ne s’en plaindra. Par contre, les entrepreneurs, cadres pensionnés qui ont investi, pris des risques durant toute leur carrière professionnelle, qui ont donc développé l’économie et l’emploi tout en étant taxés déjà fortement sur leurs revenus du travail ne sont pas concernés par le tax shift , bien au contraire. Ils sont scandaleusement mis à contribution par la taxe sur les comptes titres, le précompte mobilier, et j’en passe. Le MR a de ce fait perdu une partie de son fonds de commerce électoral de par sa faute. Renier ses engagements politiques mène tôt ou tard au désastre électoral et croire que les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent est un leurre qui se paie cher.J.E.Maurissen

Bpost

Plus de boîte aux lettres rouge

J’ai pris connaissance de l’article relatif à bpost et à la présentation de son CEO Koen Van Gerven. Je lis bien, au travers de cet article, les termes de "viabilité économique", "chiffre d’affaires", "management", "clients belges" (et plus "utilisateurs") mais, ô désespoir, aux oubliettes les termes de "service public". On se préoccupe du cours de l’action mais pas de la qualité du service fourni… Je vis à Louvain-la-Neuve qui compte plus de 10 000 habitants et qui ne dispose d’aucun bureau de poste alors qu’en 2001 encore, elle en possédait deux. On vient de retirer la boîte aux lettres rouge du quartier, sans avertissement ni concertation, sans précision non plus quant à la localisation d’autres boîtes restant disponibles. Monsieur Van Gerven nous précise que les "clients" (terme utilisé pour les sociétés purement commerciales) ne demandent plus la distribution quotidienne du courrier non prioritaire. Ah bon ? Je suis "client" bpost et je demande la distribution quotidienne du courrier non prioritaire. Monsieur Van Gerven prône le tout numérique, l’e-commerce et la digitalisation. Il doit savoir que sur le site de bpost, il n’est pas possible (je n’ai pas trouvé l’option en tout cas) d’envoyer un courriel au "management", ce qui me paraît fâcheux pour les "clients", non ? Par conséquent, l’envoi d’un courrier papier sera requis pour l’envoi de mes doléances à ce Monsieur.Benoît Marcq

Cela ne mène à rien

Ce n’est pas en réduisant le nombre de facteurs que l’on améliorera les rapports entre bpost et sa clientèle et, par conséquent, l’utilisation de la poste pour son courrier personnel. Baser les futurs bénéfices sur une réduction du personnel ne conduit nulle part. Même si cela fait monter l’action occasionnellement.Henri Berger