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Opinions

Alors, la femme sage dit...

JULIENNE NZUGU-FEZA

Publié le - Mis à jour le

Membre d'Associations Féminines

Mère de famille

Il m'est difficile de définir le bonheur de façon unique, car tout au long de notre existence nous connaissons des moments de joie variée, qui accompagnent différents événements.

L'aspiration à une vie heureuse est néanmoins un besoin fondamental de chaque être humain.

Plusieurs éléments peuvent contribuer à la réalisation de ce voeu et j'en citerai quelques-uns.

D'une part, la santé, en est un pilier important, car, en effet, un bon équilibre physique nous permet de mieux nous concentrer à la réalisation de nos ambitions professionnelles, de nos objectifs familiaux et au delà, vers l'un ou l'autre idéal spirituel ou social.

D'autre part, c'est au sein de notre famille que nous vivons nos premières joies. Aussi, mon bonheur, en temps qu'africaine, est intimement lié à l'épanouissement global de ma famille, pas seulement de mon ménage, mais de tous mes proches. Il faut dire que ma famille nucléaire, restreinte (à l'occidental), n'est que le maillon d'une chaîne dont chaque élément est appelé à oeuvrer au bonheur et au renforcement de tous.

De plus, dans le monde actuel, il n'est pas possible d'envisager le bonheur sans aborder le rôle que l'argent y joue. En effet, dans le modèle économique occidental actuel, l'argent est un atout indispensable, incontournable pour l'acquisition des biens essentiels à la vie quotidienne.

Gagner suffisamment d'argent est devenu, malheureusement, un défi inaccessible pour plusieurs personnes qui, d'office, sont exclues de tout espoir d'être heureux.

Mais pour ceux qui `ont les moyens´, la multiplicité des produits et leurs performances en constante concurrence ne simplifient pas les choix. D'où une frénésie à l'accumulation des biens matériels parfois superflus, dont la jouissance ne crée qu'une satisfaction passagère vite émoussée.

En fin de compte, nantis et moins nantis se retrouvent dans une course interminable vers un bonheur qu'ils veulent permanent mais qui s'avère illusion perpétuelle.

Cette déception aboutit parfois à vider la vie de tout son sens avec des dérives tristes à évoquer, comme le suicide des jeunes en Occident. Pourquoi se tuent-ils alors qu'ils possèdent tout? A moins qu'ils leur manquent quelque chose?

Par contre, dans nos sociétés traditionnelles de l'Afrique profonde, les personnes vivent dans un confort modeste, sans acharnement pour le matériel, ni la dernière génération d'une quelconque nouvelle merveille de la technologie, mais elles affichent un bonheur simple pourtant réel, à leur manière, et qui préserve la vie de tous, loin de la compétition permanente.

Dans ce contexte sobre, les moments de joie vécue lors d'une rencontre communautaire, la quiétude d'une méditation sont autant de source de bonheur intarissable.

Malgré notre aspiration au bonheur, certains obstacles ne nous permettent pas d'en jouir. Ainsi, maladies, souffrances physiques et dénuement éloignent de nous la joie de vivre.

Mais, par-dessus tout, la guerre et tous les maux qu'elle entraîne est une totale négation au bonheur de l'être humain. Car il n'y a pas de joie sans paix intérieure, et comment atteindre une quiétude intérieure quand on vit dans la tourmente des guerres?

Quel dommage que l'être humain soit tellement ingénieux à inventer des engins de mort perfectionnés et si dépourvu à construire ce qui serait la mondialisation du bonheur!

Le bonheur reste à mon avis, un besoin fondamental inscrit dans l'être même de notre nature humaine, c'est pourquoi, nous avons soif de bonheur à tout âge!

Et je voudrais tant le vivre comme la contemplation des dernières lueurs d'un coucher de soleil, ou, les premiers rayons de l'aurore qui envahissent l'horizon, offerts gratuitement à l'humanité entière.

Ces moments insaisissables, difficiles à décrire en durée ou en degré d'intensité, sont souvent sources de plénitude et de joie sans cesse renouvelées!

JULIENNE NZUGU-FEZA, membre d'Associations féminines et mère de famille

© La Libre Belgique 2002

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