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Une opinion d'Assita Kanko, conseillère communale MR à Ixelles

Selon plusieurs sources médiatiques, les autorités françaises savaient que l’un des deux assassins du prêtre de 86 ans, assassin à présent identifié comme étant Adel Kermich (19ans), s’était radicalisé. Malgré tout, ils ont laissé sortir ce djihadiste de prison en mars dernier apparemment contre l’avis du parquet, se limitant à lui appliquer un bracelet électronique. Quel suivi après cela ? Il a pu se promener parmi les gens innocents et commettre l’horreur il y’a quelques jours à Saint-Etienne-du-Rouvray.

Voici encore un exemple du laxisme qui gangrène l'Europe. Ce n’est pas la première fois que ces extrémistes qui versent le sang des innocents sont "connus des services de police" ou ont échappé à la justice à un moment donné de leur parcours. Les moyens dont nos pays disposent déjà doivent être utilisés au maximum: une justice forte, efficace et sans complaisance. Des services de police et de renseignement dotés des moyens financiers, technologiques et humains nécessaires. Des prisons décentes et sécurisées capables d’absorber et de gérer ces criminels. Un contrôle plus poussé des canaux de financement du terrorisme. Une éducation qui fabrique des citoyens responsables et solidaires. Des politiques d'intégration et de vivre-ensemble rigoureuses. Un système d'incarcération, de dé-radicalisation et de réintégration éventuelle des returnees...mais l'expulsion pure et simple là-où c'est possible. Une responsabilisation individuelle claire pour les choix et les actes posés n’est rien d’autre que pure logique.

On ne peut pas se présenter comme victime après avoir joué avec la vie et l’avenir des autres, et ceci quelles que soient les difficultés qu’on a rencontrées en grandissant. Rien ne peut justifier ces actes barbares. Il y en a marre de la victimisation et des réactions de bisounours. Le salafisme n’a pas sa place chez nous. "Le niveau du sang versé au nom d’Allah a beau monter sans cesse depuis des années, ils restent toujours accrochés aux mêmes formules. Pas d’amalgame. Pas de stigmatisation" dénonçait justement Franz-Olivier Giesbert dans Le point après l’attentat de Nice. Le sang des innocents a assez coulé et l’incertitude a été semée dans l’esprit des citoyens honnêtes qui veulent simplement se lever le matin, circuler en sécurité et travailler pour leurs familles et nos pays. C’est leur argent qui nourrit et soigne ceux qui cherchent à détruire ce que nous aimons.

Nos élus d'origine turque et Erdogan

Aujourd’hui, c'est toute la chaîne de sécurité qui doit être remise en question. Le débat sur l'islamisme radical ne peut pas continuer à être évité. Une vraie politique européenne d’immigration doit aussi voir le jour, pas des petits accords minables avec Erdogan,contre toutes nos valeurs comme il le démontre plus que jamais ces derniers jours : des milliers de personnes arrêtées de manière arbitraire, torturées, violées, et ceci impunément. Les milieux enseignant, journalistique et judiciaire sont violemment purgés pour qu’il n’y ait plus d’opposition. Les indignations européennes ressemblent à un mauvais vaudeville. Des élus d’origine turque de chez nous n’ont jamais caché leur soutien à l’AKP et à Erdogan, comme si leur identité européenne était subordonnée à leur turquitude. Etrange sens de la loyauté et des priorités. La Turquie quant à elle a menacé de (re)devenir une passoire face à l’immigration clandestine dont l’Europe ne sait apparemment toujours que faire.

Attend-on que l’avenir nous surprenne alors qu’aujourd’hui déjà, l’absence de rigueur, de respect et de cohésion sociale nous enfonce ? Nous ne pouvons pas continuer à négocier et à jouer à cache-cache, notamment avec le président imprévisible d’un pays à la géopolitique éminemment importante comme la Turquie. Nous ne pouvons pas nier le fait que, sans vision globale, nous ne pourrons que continuer à allumer des bougies, à présenter nos condoléances aux familles des victimes et à nourrir des populistes comme Donald Trump. Cela ne ramènera pas les morts. Mais aujourd’hui, nous avons encore le choix. L’Europe doit reprendre la main.