Les récentes déclarations de l’universitaire américain Norman Finkelstein, plus connu pour son activisme pro-palestinien que pour ses productions académiques, ont provoqué un véritable séisme au sein de la mouvance antisioniste, séisme dont les répliques devraient, si le monde ne marche pas sur la tête, avoir définitivement raison de la nébuleuse BDS.

Resucée du boycott instauré par la Ligue arabe contre Israël, la campagne BDS (Boycott-Divestment-Sanctions), lancée en 2005 par une kyrielle d’ONG palestiniennes, prône le boycott culturel, économique, politique et académique de l’Etat juif.

Interviewé à l’Imperial College de Londres le 9 février dernier, la star - déchue désormais ? - de la cause palestinienne Norman Finkelstein a en effet lancé un menhir dans la mare antisioniste en soulignant que "ce n’est pas par accident, par omission involontaire, que BDS ne mentionne pas Israël. Ils savent que cela ferait voler en éclats le mouvement car il y a une large portion de ce mouvement qui veut l’élimination d’Israël", exposant ainsi impitoyablement les motivations profondes du mouvement BDS, à savoir la destruction de l’Etat d’Israël.

Au cours de l’interview, le même Finkelstein stigmatisera aussi le "culte" instauré par "les gourous à Ramallah qui dispensent les mots d’ordre et qui, si vous les désapprouvez, vous rétorquent que 10 556 454 ONG palestiniennes issues de la société civile l’ont approuvé [ ], des ONG à membre unique basées à Ramallah et qui prétendent représenter la société civile palestinienne".

L’analyse de Norman Finkelstein sera confirmée quelques jours plus tard par l’un de ses compagnons de route, le Libano-Américain As’ad Abu Khalil, professeur de sciences politiques à la California State University, quand il déclare dans les colonnes du journal libanais "Al-Akhbar" : "Finkelstein demande à juste titre si le but réel de BDS est d’en finir avec l’Etat d’Israël. Je suis d’accord avec lui que tel est le cas. Cela doit être précisé sans aucune ambiguïté. Il ne devrait y avoir aucune équivoque à ce sujet. La justice et la liberté pour les Palestiniens ne sont pas compatibles avec l’existence de l’Etat d’Israël."

La violence de ces déclarations a le mérite de mettre en lumière le caractère génocidaire de l’idéologie qui inspire la campagne BDS et dont les promoteurs ont dernièrement célébré sur le campus de l’ULB leur grand-messe annuelle, l’infamante Israeli Apartheid Week.

On notera que chez nos voisins français, les autorités académiques de l’Université Paris VIII ont, elles, eu la décence d’annuler la conférence BDS programmée dans leurs murs.

Pour ceux qui se refusaient jusqu’ici à prendre la mesure exacte du problème, il importe donc de les mettre face à leurs responsabilités : la raison d’être de la nébuleuse BDS n’est autre que l’éradication de l’Etat juif de la surface de la Terre. Tout le reste n’est, pour reprendre le langage rudimentaire de nos antisionistes locaux, que "bla-bla".