Les vertus du changement

Proverbe provençal: A table comme en amour, le changement donne du goût.

Paul Auster, écrivain américain: La réalité est un yo-yo, le changement est la seule constante. (Extrait de Moon Palace)

Alexander Ruperti, astrologue allemand: La résistance au changement n'est que le refus de la croissance.

Charles Darwin, naturaliste britannique: Les espèces qui survivent ne sont pas les espèces les plus fortes, ni les plus intelligentes, mais celles qui s'adaptent le mieux aux changements.

Epictète, philosophe stoïcien: Tout est changement, non pour ne plus être mais pour devenir ce qui n'est pas encore.

Une maladie de l'insuffisance

Lorsqu'on s'intéresse (...) à la dépression, force est de constater que celle-ci apparaît comme une maladie de l'insuffisance, du vide, de l'incapacité à agir (à faire) dans une société qui survalorise l'action et l'autonomie. Ainsi que le postule Ehrenberg, la dépression peut être comprise comme une réaction à l'injonction constante que produisent les entreprises aujourd'hui et plus largement encore les conditions de l'existence même en société: il faut sans cesse être compétent, c'est-à-dire être actif, imaginatif, inventif, réactif, créatif pour répondre à l'imprévisibilité des marchés et aux aléas de l'existence.

Didier Vrancken, prof. à l'ULg, Ce que la santé mentale révèle des nouvelles formes d'action sociale, dans La Revue Nouvelle de février 2002, p.42. Rens.: Bd Gal Jacques 126 à 1050 Bruxelles. Tél.& Fax: 02/640.31.07. E-mailjoelle.kwaschin@euronet.be

La fin du tout-libéral

Le processus de libéralisation engagé depuis quinze ans pour créer le marché unique arrive à son terme. La concurrence a été établie dans presque tous les secteurs, y compris la banque, le pétrole, les industries de défense, les transports aériens, jugés naguère intouchables. Les derniers domaines à libéraliser concernent des secteurs longtemps considérés comme des monopoles naturels, ceux qui nécessitaient la construction d'un réseau où l'effet de taille justifiait l'absence de concurrence, en clair les services publics. C'étaient hier les télécommunications, mais les révolutions technologiques y ont changé la donne. Ce sont aujourd'hui les chemins de fer et l'énergie. Or, dans ces secteurs, le modèle libéral n'a pas fait la preuve de son efficacité, comme en témoignent la faillite des chemins de fer britanniques ou les coupures d'électricité en Californie. (...) Même si une certaine dose de concurrence doit permettre aux entreprises de services publics de ne pas s'endormir, comme ils l'ont fait par le passé, sur leur rente de situation, la meilleure organisation économique pour ces grands réseaux n'est pas forcément à chercher du côté de la seule concurrence. Plutôt que de se précipiter pour achever le marché intérieur européen, la Commission devrait faire preuve de réflexion et de prudence.

Arnaud Leparmentier, La fin du tout-libéral en Europe, dans Le Monde du 21 mars 2002.

© La Libre Belgique 2002