Archives

Mémoire bien courte

Une question d’archives qualifiée de "temps fort" par un quotidien national ne peut que nous réjouir. Dans le même temps naissent et se concrétisent des initiatives prises sur le plan politique avec un projet de loi fédéral sur les archives ou, plus récemment, une ordonnance en Région bruxelloise. Ici et là se débloquent d’importants subsides et se développent d’ambitieuses campagnes de sauvegarde, dont celle des archives de la RTBF n’est pas des moindres. Les archives auraient donc actuellement le vent en poupe ?

Les difficultés concrètes auxquelles sont cependant quotidiennement confrontés nombre de représentants de la profession d’archiviste ne doivent pas pour autant être négligées : des arriérés de classement, un désintérêt évident voire un certain mépris émanant d’autorités directes, une détérioration rapide des supports développés après-guerre (dont les archives audiovisuelles), la gestion des archives nées ou devenues numériques, l’émiettement des compétences en matière de contrôle, de gestion, de conservation, d’élimination ou de mise à disposition.

Dans ce contexte, nous ne pouvons qu’abonder dans le sens des inquiétudes qui, déjà, portent ombrage au sauvetage de la mémoire audiovisuelle de la RTBF. D’une part, un comité de sélection, dont la composition resterait encore bien vague, aurait droit de vie et de mort sur certains pans de son - de notre - passé. De l’autre, peu de cas serait fait des supports analogiques originaux désormais jugés sans intérêt [ ] Dans ce débat mémoriel, peu d’espace également attribué à la concertation. Seul organe représentatif du monde archivistique francophone, l’Association des Archivistes Francophones de Belgique (AAFB) n’a pas fait l’objet d’une quelconque consultation [ ]

A quoi sert-il d’avoir des organisations professionnelles en Communauté française si elles ne sont pas consultées lors des débats majeurs qui les concernent ? MEMBRES DU CONSEIL D’ADMINISTRATION DE L’AAFB