Une opinion de Luigi Chiavarini, past President Investa-bours, Sales Manager Cegeka.


Nous entendons parfois dire par nos jeunes générations : "nous vivons des temps difficiles", " avant c’était mieux, plus facile ¨, mais la vérité est que tout est relatif. Pour mieux comprendre, voyageons dans notre passé et essayons d’en tirer son enseignement …. Eloge de la pensée positive, pour les jeunes de tous âges.


Si vous aviez eu 20 ans, il y a environ 200 ans, au début du 19e siècle en… 1809, un quart d’entre vous ne seraient déjà plus là, morts bébés ou enfants, de n’importe quelle maladie qu’on ne savait pas soigner. Les armées de Napoléon parcouraient toute l’Europe. Nos provinces appartenaient à la France. Vous les garçons, vous auriez été recrutés de force et beaucoup seraient morts de leurs blessures en Autriche, en Espagne, ou gelés dans les steppes en Russie. Les jeunes filles travaillaient dur, dans les champs ou dans les premières usines. On n’allait pas à l’école ou seulement quelques semaines en hiver. On vivait sous le Code Civil de Napoléon qui faisait de la femme une éternelle mineure. Dans les familles pauvres, on se mariait avec qui on voulait mais on avait à mettre en commun que la misère. Chez les bourgeois, on obéissait à papa et maman, quitte à épouser un homme beaucoup plus âgé. Ce serait parfois un veuf, qui aurait perdu sa femme, morte en accouchant de son 4e ou 5e enfant.

Si vous aviez eu 20 ans, il y a 160 ans en … 1859, la révolution industrielle produisait ses effets pervers. Les trois quarts d’entre vous, dont beaucoup ne sachant ni lire, ni écrire, seraient au travail depuis l’enfance pendant plus de 12h par jour. Un grand nombre de filles auraient subi des maltraitances en famille; et à l’usine, plusieurs auraient été régulièrement soumises au bon vouloir du contremaître… Quant à celles déjà mamans, elles auraient accouché à la maison, sans médecin, et repris le travail quelques jours plus tard. Le service militaire durait 8 ans et si la base en était le volontariat, on complétait chaque année par des tirages au sort…mais au moins, à l’armée on avait à manger parce qu’en Flandre et en Irlande, il y avait eu de telles famines qu’on mangeait l’herbe des fossés…

Si vous aviez eu 20 ans, il y a 110 ans en … 1909, les filles auraient été à l’école régulièrement et broderaient aujourd’hui leur trousseau. Bientôt, elles épouseraient un jeune homme que leurs parents auraient sélectionné. Quelques autres seraient domestiques depuis l’âge de 14 ans. Une dizaine, bien douées, seraient devenues institutrices ou employées des Postes ou vendeuses. Mais puisque l’école n’était pas encore obligatoire, la majorité travaillerait toujours en usine sans aucune protection sociale ; quant aux garçons, ils pouvaient espérer changer les choses puisqu’à présent, ils avaient le droit de vote, mais à leur majorité, à 25 ans. Ce qu’ils ignoraient c’est que, jeunes mariés ou pères de famille, les tranchées les attendaient 5 ans plus tard, et peut-être la mort. A l’époque on se mariait pour 5 à 15 ans. Après, la mort venait chercher un des conjoints.

Si vous aviez eu 20 ans il y a 60 ans en … 1959, vous seriez nés alors qu’Hitler mettait en place la terreur en Europe presque simultanément avec les atrocité que Pol pot, Franco, Staline, mao Zedong firent endurer à leur peuple . A l’automne, votre père aurait été mobilisé. Certains ne l’auraient jamais revu. Si vous vous appeliez Goldstein, Cohen ou Levy, peut-être seriez-vous le seul survivant de votre famille. À moins que vous ne soyez mort, vous aussi. La moitié d’entre vous serait au travail depuis l’âge de 14 ou 16 ans. D’autres ayant quitté leurs Abruzzes, leurs rivages turcs, espagnols ou marocains s’enfouissaient dans les mines qu’on fermerait bientôt… Un quart auraient terminé leur Ecole Moyenne et seraient fonctionnaires ou employés. 4 ou 5 seraient à l’Université, grâce à une bourse qui ne permettait aucun échec. Mais en 1959, on se croyait encore riche et vous auriez été optimistes car il y avait du travail; certes pas toujours agréable, souvent physique, avec des horaires à pause, peu de sécurité et pas encore de quoi acheter une voiture. Mais vous aviez connu bien pire et l’effort ne vous effrayait pas.

Si vous aviez eu 20 ans, il y a 40 ans en … 1979 ; enfants du "baby-boom", vous auriez pu choisir vos études. La liberté sexuelle était apparue. Woodstock et mai 68 était passé par là. Mais les parents restaient sévères et on ne faisait pas ce qu’on voulait ! Vous auriez trouvé du travail, mais pas tous et pas tout de suite, parce que la 2e crise pétrolière démarrait. La guerre du Viet Nam était finie mais la répression sur place révélait qu’on s’était peut-être trompé de combat. Vous auriez découvert le terrorisme depuis les attentats de Munich et les détournements d’avions. Et au Proche-Orient, la guerre du Liban avait commencé, pour longtemps. Bombardements, destructions, morts faisaient le quotidien de votre JT. Vous auriez suivi l’inexorable déclin de l’économie, victime parfois de la brutale accélération du chômage, vous auriez vu fondre votre épargne avec une inflation qui dépassait 10%.

Et aujourd’hui, en … 2019, ceux d’entre vous qui ont 20 ans ont entendu probablement parler de Julie, Mélissa, An et Eefje, et la peur de l’horreur de la décadence humaine. Certes, quelques guerres et émeutes animent les journaux télévisés, mais très loin, là-bas en Irak, Kosovo, Afghanistan, Palestine, Hong Kong, et autre printemps arabe. Chaque jour vous êtes aussi confrontés avec les récits de la transhumance Sud –Nord qui est, quoique d’aucun pense, inévitable au vu de l’évolution des pyramides démographiques de l’Afrique et de l’Europe donnant tout son sens à l’adage "ubi bene ibi patria". Le climat et l’environnement sont au sommet de vos préoccupations. Vous êtes les premiers à constater que la finance peut s’accommoder de taux d’intérêts négatifs, qu’un président non blanc a été à la tête d’un pays dans lequel l’esclavage était de rigueur il y a 200 ans. Il y a aussi le niveau polémique de nos classes dirigeantes (Boris Johnson, Trump, Orban, Macron, Salvini, Kurtz, Erdogan ....) qui n’ont plus vraiment de stature d’homme d’état pourvu de visions à long terme mais plutôt des technocrates en quête de popularité avec des objectifs à très court terme suggérés par le dictat de la finance et celui des échéances électorales. Il y a aussi vos fenêtres qui ont été substituées par des écrans à travers lesquels Wikipédia, Facebook, Instagram, Twitter et autres Tinder vous connectent au monde (virtuel) en direct et en permanence. Vous avez aussi vécu l’atrocité des attentats générés par le choc des cultures et l’intolérance qu’il suscite. L’intelligence artificielle, la robotisation des métiers sont de plus en présent dans la réalité de nos entreprises augurant une modification fondamentale dans la relation que nous aurons avec le travail qui reste aujourd’hui la première activité de l’homme. Mais le restera-t-il encore longtemps ? Et après, qu’en sera-t-il de notre temps, la seule ressource qui nous appartient et qui compte vraiment car rare et pourvue d’une date de péremption ? Vous êtes aussi, dans l’histoire de l’humanité, la deuxième génération, avec celle de vos parents, qui n’a pas connu de guerre sur la majorité du territoire européen (75 ans), vous êtes parmi les humains qui ont le plus sillonnés la planète, les plus instruits, les mieux nourris, les mieux soignés, les mieux informés, les plus nantis, les plus mobiles, les plus libres et grâce à internet vous avez un accès permanent à la connaissance universelle que l’humanité a accumulée depuis sa naissance. Votre espérance de vie, votre revenu potentiel, votre capacité à éliminer la pauvreté et les famines sur la planète n’ont jamais été aussi élevés et ce même avec une croissance démographique exponentielle.

Doit-on donc se dire qu’aujourd’hui est bien plus facile ou difficile qu’hier ?

Que parents et grands-parents ont dû affronter des difficultés bien plus grandes ou moins grandes que celles que nous connaissons en 2019 ? Que devrions-nous faire pour ne plus avoir peur de l'avenir? La réponse est assez simple : le créer, car la peur ne survit pas aux situations maîtrisées.

Il n’est jamais trop tard ou trop tôt, acceptons que la jeunesse soit une aptitude de l’esprit, une attitude volontariste, la jeunesse n’est pas conditionnée par un âge mais par les actions qu’elle inspire. Abdiquer devant l’adversité c’est déjà ne plus exister.

Ce message a pour ambition de vous dire, à vous les jeunes, que l’avenir sera ce que vous aurez décidé qu’il soit en fonction du monde que voulez laisser en héritage. Seule votre attitude positive et responsable serra garante d’un avenir encore meilleur. Vous l’aurez compris plus haut dans le texte les jeunes ont toujours eu des défis à relever. Depuis les débuts de l’Histoire humaine, chaque génération a dû se battre pour mieux vivre. A vous/nous de trouver les combats, les idéaux, les objectifs, et ensemble, attelons-y nous pour les réaliser.

Titre de la rédaction. Titre original : "Si vous aviez eu 20 ans en …. Eloge de la pensée positive, pour les jeunes de tous âges, à la mesure des 200 dernières années."