Opinions

La fiscalité sur les voitures de société n’allège pas les charges pesant sur le travail, elle coûte à la collectivité. Aux partis politiques d’avoir le courage d’y mettre un terme.

Tax shift. C’est la nouvelle formule magique. Et à bon droit, parce que cela fait tout de même des années que tout le monde se plaint des charges excessives qui grèvent le travail dans notre pays. Elles constitueraient un frein à l’emploi et donc, ces taxes, il faut les déplacer.

Toute la question – politique – est évidemment de savoir vers où. La pression se fait de plus en plus forte pour que ce soit sur les grosses fortunes, au nom de l’équité fiscale. Mais on évoque aussi la consommation et la pollution comme cibles possibles.

Un tabou semble toutefois rester intangible au milieu de tous nos débats sur les réformes fiscales : les voitures de société.

A la base, le soutien fiscal aux voitures de société a été initié justement pour alléger les charges pesant sur le travail. Apparemment, il aurait été trop facile de simplement réduire celles-ci et donc on a conçu un système dans lequel une partie du salaire peut être versée non pas en euros mais en auto, avec à la clé un avantage fiscal sur la partie auto aussi bien pour l’employeur que pour l’employé. Depuis, il roule dans notre pays plus d’un million de voitures de société dont le coût a atteint les 4milliards par an. Comme la carte essence de ces véhicules bénéficie également d’un régime favorable cela n’incite bien sûr pas les gens à aller habiter à proximité de leur lieu de travail, au contraire. Et puisque même les week-ends à la Côte ou dans les Ardennes sont subventionnés, il s’avère que les heureux possesseurs de voitures de société accomplissent bien plus de kilomètres par an que les autres conducteurs. Comment ne pas les comprendre ? Entre-temps, la pollution de l’air et le coût conséquent en termes de santé publique augmentent.

Tandis que nos gouvernements tiennent officiellement un discours qui encourage les gens à utiliser les transports en commun – les usagers réels des trains, trams et autres bus ont plus d’une raison d’être sceptiques – ils stimulent à outrance l’usage de la voiture. Les moyens alloués en Belgique aux transports publics, tous réseaux confondus, ne représentent que la moitié du coût des voitures de société.


Une opinion de Dave Sinardet à lire en intégralité dans la Sélection LaLibre.be (seulement 4,83€ par mois).