Une opinion de Patricia Vandamme, conseillère pédagogique, responsable du soutien à la réussite, UCLouvain.

Chères étudiantes,

chers étudiants,

En regardant ce matin ce pâle soleil d’hiver, j’ai pensé, une fois de plus, à vous toutes et tous qui depuis des semaines traversez cette lourde période.

Et je me suis dit que j’avais envie de vous écrire, en mettant quelque peu de côté le langage académique et/ou formel pour laisser parler mon cœur.

Où que vous soyez et quelles que soient vos conditions de vie actuelle, votre situation me touche !

Vous êtes arrivés à l’Université avec l’enthousiasme de vos presque 20 ans, avides de découvrir une nouvelle vie, de nouveaux amis, plein de chouettes projets en tête, parfois avec un peu d’anxiété face à ce tout nouvel environnement mais surtout remplis de la pétillance, du dynamisme et de la soif d’apprendre de votre jeunesse. Vous étiez prêts et heureux d’être là, enfin déconfinés après cette première vague qui avait déjà bien terni tous vos projets de fin de rhétos.

Tout cela s’est trop rapidement rétréci, si pas éteint avec cette pandémie qui vous oblige encore une fois à rentrer chez vous, à vous recroqueviller même parfois en vous, à mettre en sourdine vos projets, parfois bien seul au milieu de ce monde devenu étrange et angoissant.

Plus ou peu de contacts, plus ou peu de perspectives, fini les espoirs de rencontres, la joie de faire la fête, de rire et de s’amuser, de se faire des amis, d’apprendre ensemble, de partager vos découvertes, de s’engager dans les projets que la vie universitaire pouvait vous offrir, de vivre tout simplement avec l’énergie de vos 20 ans.

Certains et certaines sont seuls, parfois très seuls, d’autres peuvent profiter d’un environnement familial ou de kot plus porteurs mais, quoi qu’il en soit, rien n’est comme vous l’aviez imaginé ou rêvé.

Et pourtant, vous êtes là, encore là, si j’ose dire, avec le courage de vous lever le matin pour entendre un énième cours sur Teams ; vaillantes et vaillants, vous vous accrochez pour ne pas décrocher, vous développez entre vous une solidarité magnifique ; vous continuez à vous battre pour donner du sens à ce "passage" ; vous nous apprenez, à nous les adultes, ce qu’est la résilience, cet élan qui vous fait rebondir et emprunter des chemins nouveaux. Votre capacité d’adaptation est incroyable et j’en suis très admirative (presque jalouse…).

Vous relevez un défi immense, celui de rester Vivant, et quand j’entends de trop peu nombreux étudiants éclater de rire sur la place Montesquieu, cela me fait du bien de sentir que tout n’est pas éteint, mais que ce rire joyeux et franc témoigne de votre combativité et augure de jours meilleurs. La flamme est toujours là, peut-être un peu moins scintillante, en attente du souffle nouveau qui la ravivera.

Car nous allons tous ensemble sortir de cette crise, certains plus meurtris que d’autres, mais j’ose espérer que ce qu’elle laissera derrière elle, ce sera surtout le goût amer des dysfonctionnements de nos sociétés, vecteurs de tant de souffrances et d’inégalités pour nous laisser entrevoir une vraie transition dans laquelle toutes et tous pourrez déployer vos savoirs, vos compétences, vos valeurs, celles dont vous avez témoigné avec brio et courage durant cette crise.

Je vous remercie car aujourd’hui, c’est vous qui donnez du sens à mon travail !