Opinions

Aux directeurs d'écoles qui demandent aux jeunes de réintégrer leurs classes, des seniors répondent "Soutenez les élèves. Vous leur donnerez une leçon dont ils profiteront toute leur vie!"

Une opinion de François de Borman, vice-président des Grands-Parents pour le Climat

De nombreux élèves du secondaire ont choisi de déserter leur école pour manifester pour le climat chaque jeudi. Ce matin mon journal explique les tensions entre ces jeunes et la direction de leur école. Dans le même journal, je trouve l’information suivante :

Le pape François est attendu mercredi à Panama en Amérique centrale, […] où il sera accueilli par au moins 150 000 jeunes catholiques de plus de 150 pays, auxquels il a d'ores et déjà demandé de prendre la tête d'une "révolution" pour "changer le monde". […] Le pape incite les jeunes à construire activement leur vie et à prendre des risques, au lieu de se réfugier passivement "dans un canapé" comme "des retraités".

Quel magnifique télescopage ! Les Grands-Parents pour le Climat se doivent de réagir devant cette situation. Nous sommes en effet une association de seniors cherchant à convaincre nos concitoyens de l’urgence qu’il y a à agir pour le climat.

À tous ces jeunes qui manifestent le jeudi matin, nous disons : « Bravo, continuez ! Vous nous dites : À quoi sert d’aller à l’école tandis que la société nous prive de notre futur ? Et quel impact aurions-nous si nous manifestons en dehors des heures de cours ? Votre logique est inattaquable, et votre enthousiasme est magnifique, nous sommes fiers de vous. »

Cette situation embarrasse évidemment les directeurs d’école, qui sont responsables de la qualité de l’enseignement et de la sécurité de leurs élèves. Certains ont choisi de sévir, d’autres cherchent des compromis acceptables à leurs yeux. À eux tous, nous voudrions dire : « Nous comprenons votre dilemme, mais nous vous demandons de soutenir vos élèves dans cette démarche. Nous sommes persuadés que si vous les y aidez, ils en tireront une leçon essentielle : ils apprendront à éprouver où est la limite au-delà de laquelle nous devons agir ! »

Cette question est exprimée au mieux par la célèbre citation du pasteur Martin Niemöller : « Quand ils sont venus chercher les communistes, je n’ai rien dit, je n’étais pas communiste. Quand ils sont venus chercher les syndicalistes, je n’ai rien dit, je n’étais pas syndicaliste. Quand ils sont venus chercher les juifs, je n’ai rien dit, je n’étais pas juif. Quand ils sont venus me chercher, il ne restait plus personne pour protester. » Percevoir quand une situation devient inacceptable, et avoir alors le courage d’intervenir, sont deux leçons essentielles dont nos jeunes profiteront toute leur vie.

L’humanité est en péril en raison de notre mode de vie reposant sur l’exploitation illimitée de nos ressources limitées. Nos petits-enfants l’ont compris et ont décidé d’agir. À tous ceux à qui a été confiée une responsabilité politique, quelle qu’elle soit, nous disons avec ces jeunes, comme nous l’avons hurlé lors de la manifestation du 2 décembre : ACTION !