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Une énième manipulation serait un coup de poignard dans le dos des Congolais. Une opinion de Georges Dallemagne, député fédéral belge.

Parmi d’autres truquages, Joseph Kabila, président hors mandat, avait modifié la Constitution congolaise pour qu’il n’y ait qu’un seul tour aux élections présidentielles. Il pensait, du coup, l’emporter facilement ce 30 décembre avec un homme de paille à sa solde face à une opposition divisée. Mais la population congolaise a voté massivement pour un autre candidat, dont le nom est connu de tous mais ne peut être prononcé.

De sources sérieuses et concordantes, ce candidat aurait largement remporté les suffrages des électeurs congolais. Du jamais vu, surtout lorsqu’on se rappelle qu’il a dû affronter la violence du régime en place avant et pendant la campagne électorale. Et donc on ne peut pas citer son nom. Vous connaissez, vous, un autre pays, une autre élection où ce genre de censure existe ?

Les autorités congolaises ont instauré en outre un black-out total sur l’information. Pire, un second tour opaque est en cours. Le premier n’a pas donné le résultat désiré ? Peu importe. Peu importe la voix des Congolais, peu importent les suffrages exprimés dans les urnes, tout cela n’était que du show, seul compte le partage du gâteau?

Les Congolais, longtemps abusés

On nous dit que les partisans de Kabila complotent avec d’autres pour évincer le gagnant. Ce serait un coup de poignard terrible dans le dos des Congolais. Un mépris pour sa profonde détresse. Ce serait aussi prendre les observateurs congolais et la communauté internationale pour un tas d’idiots. Ou de complices.

Certains cherchent à discréditer les observateurs électoraux de la société civile congolaise, qui ont accompli un travail remarquable et précis dans des circonstances exceptionnellement difficiles, notamment la Conférence épiscopale congolaise. C’est outrageant. C’est prendre un risque énorme.

Car les Congolais, longtemps abusés par des responsables politiques aux appétits insatiables - aux dépends de leur peuple - ont décidé de relever la tête et de ne plus se laisser faire. Mais des troupes militaires prennent position dans de nombreuses villes du Congo. Certains sont prêts au bain de sang, à la terreur et à la tricherie pour conserver ou instaurer leur pouvoir cleptomane. Ils seront comptables de leurs folie. Devant leur peuple congolais qui les discréditera à jamais, devant la communauté internationale qui agira dans le cadre du droit international.

De grâce, que l’on publie les résultats. Tout de suite. La seule vérité des urnes. Et que les opposants travaillent ensemble à l’apaisement et à la reconstruction de leur pays.

Chapô et intertitres de la rédaction.