Politique belge 

Lettre ouverte à nos "responsables" politiques

[Mesdames et Messieurs les politiques], Une histoire pas si ancienne nous rappelle la montée d’un extrémisme qui a défiguré l’Europe et le monde. Une crise économique majeure, des affaires politiques, un système démocratique incapable de se réinventer ou de faire des compromis ont poussé de nombreuses personnes désabusées à se faire abuser par un parti extrême. Prônant des idées radicales avec une critique de la presse comme de l’élite politique, une attaque du système démocratique à bout de souffle, une recherche de boucs émissaires expliquant tous les maux, ce parti a offert une "autre voie" à des citoyens ne trouvant plus auprès des partis traditionnels des solutions à leurs préoccupations. Mesdames et Messieurs, Se présenter aux élections, ce n’est pas uniquement faire des promesses, débattre de différents sujets et convaincre du bien-fondé de voter pour vous et votre parti. Être élu, c’est avant tout être au service des citoyens qui vous ont donné leur confiance, c’est "prendre ses responsabilités". Ne voyez pas ce qui vous sépare mais ce qui vous unis, ce qu’ensemble vous pouvez faire pour relancer notre pays. Notre pays a besoin d’un plan de relance social et économique, notre démocratie doit être réinventée, notre société doit être inclusive, dans le respect des droits humains. Madame, Messieurs, Ne vous méprenez pas sur le message que vous ont envoyé les électeurs avec une percée des extrêmes, tant en Wallonie qu’en Flandre. Cela montre des citoyens désabusés, qui ne croient plus en un système qui ne les représente plus (pour rappel, 1,38 million d’électeurs n’ont pas voté ou ont voté nul ou blanc). Des affaires politiques, tant en Flandre qu’en Wallonie, ont montré que des limites doivent être mises, que le système doit être plus transparent. Notre époque voit coexister de nombreux ingrédients qui, à l’époque, ont permis la montée d’un extrémisme innommable. Nous traversons une grave crise épidémique qui, beaucoup d’économistes l’affirment, risque fortement de se transformer en grave crise économique. Des idées ou idéologies se radicalisent de plus en plus, nourries par des thèses complotistes et par "la fausse liberté d’expression" que nous donnent les réseaux sociaux. Le rejet de l’avis des autres, une presse à bout de souffle qui ne sait pas comment se réinventer face aux nouvelles technologies, des boucs émissaires - que ce soit de l’autre côté de la frontière linguistique ou de migrants venus d’ailleurs -, voilà encore d’autres ingrédients qui font peur… Mesdames, Messieurs, Vous l’avez voulu, vous l’avez : vous êtes nos "responsables politiques". Prenez maintenant vos responsabilités, travaillez sur un grand plan de relance, ambitieux pour la Belgique et les Belges. Passez outre vos différences, regardez ce qui unit les Belges, ce que notre beau pays a à offrir. D. D’Hoop, Citoyen engagé et préoccupé 

Fête nationale

J’ai pleuré avec mon père

Madame la Première ministre, Mon père a pleuré le 21 juillet. Et pourtant, il est décédé il y a très longtemps… Ancien combattant, résistant de la première heure, il pleurait chaque année, lors de la Fête nationale, debout et en silence, en écoutant "La Brabançonne". Désormais, ce jour, mon père pleure en moi. Mais cette année, pour la première fois, j’ai pleuré avec lui, comme beaucoup d’autres citoyens, de tous âges, de toutes convictions, philosophiques et politiques, de toutes origines, à l’occasion de ces cérémonies particulièrement émouvantes, en hommage aux "gardiens de nos vies", comme les a désignés le Roi si justement, les gardiens et les gardiennes d’hier et celles et ceux d’aujourd’hui. Oui, nous avons pleuré, mon père et moi, lorsque nous vous avons découverte, Madame Wilmès, dès le Te Deum, digne, toute de noir vêtue, et portant, avec fierté et discrétion, un masque orné de nos couleurs nationales. Désormais notre drapeau a un visage, Madame, et ce visage, c’est le vôtre. Veuillez croire, Madame la Première ministre, à l’expression de mon plus profond respect. Edmond Blattchen

© BELGA

Bravo

Lors de cette Fête nationale, j’ai assisté de chez moi à une cérémonie hors du commun, moderne et décontractée en hommage au passé, au présent et à l’avenir, et marquée par un discours royal invitant le peuple au rassemblement. J’ai beaucoup aimé. Fernande Abbeloos

Le "Plat Pays"

[À l’occasion de la Fête nationale, on a pu assister au retour de l’expression "Plat pays" pour qualifier la Belgique.] En réalité, Brel, dans sa belle chanson, entendait par "le Plat Pays qui est le mien" la Flandre maritime à l’ouest de l’Escaut, celle de "Marieke", "de Bruges à Gand"… que l’on retrouve dans plusieurs autres de ses compositions. "Pays" y est utilisé dans le sens courant de région, de terroir (comme dans "Pays de Loire" ou de Bretagne, "les gens, les filles de mon pays"…), plutôt que pour désigner l’ensemble de notre sympathique royaume dont les deux autres tiers sont plus que vallonnés, ce ne sont pas les Ardennais et Brabançons qui le contrediront. S’il est un pays plat, ce sont les Pays-Bas (Neder - Land) mais non la Belgique, laissons donc aux Hollandais ce privilège… Cette confusion entretenue et cette assimilation de Belgique à "plat pays" sont irritantes pour les habitants de nos autres provinces et devraient être abandonnées car elles font du tort à la Belgique sur le plan touristique : ainsi, en vacances, des Français m’ont à plusieurs reprises dit ne pas être attirés par une visite en Belgique, "votre pays étant tout plat"… Continuons donc à chanter le Plat Pays de nos vacances à la mer mais sans en faire un synonyme de la Belgique entière. Pierre-Jean Hislaire


Société

Sage ou vieille ?

Je me souviens de mes 18 ans. Ma grand-mère critiquait tout : les fruits et les légumes bien calibrés mais sans goût, les enfants qui n’écoutaient plus les personnes âgées, la TV qui envahissait le milieu familial et détruisait toutes les relations, les antibiotiques que l’on prescrivait à tour de bras… et moi, je me moquais gentiment, car je l’adorais, ma grand-mère, et je lui conseillais de "vivre avec son temps". Aujourd’hui, mes petits-enfants ont entre 15 et 18 ans, et je me suis surprise à les houspiller parce qu’ils sont sur les tablettes, parce qu’ils sont scotchés sur Youtube ou Netflix, parce qu’ils adorent les fast-foods et les Coca… et je me suis mise à rire : j’étais donc devenue vieille ? Pourtant, si on y réfléchit, ma grand-mère n’avait pas tout à fait tort : on revient aux productions locales avec des légumes et des fruits sans doute un peu difformes mais tellement bons, on se rend compte que l’excès d’antibiotiques a produit des souches résistantes, que les réseaux sociaux diffusent des informations qui ne sont pas toujours fiables. Alors, suis-je vieille ou sage ? Merci de me répondre. Nicole Grégoire-Polmans

Bien-être animal

L’abattoir de la honte

Torhout, à 30 kilomètres de la côte belge. Un abattoir s’est révélé être un lieu de torture des porcs. Animal Rights, une association de défense des animaux, a filmé l’incroyable. Chez nous, l’abattage doit se pratiquer à l’aide d’un matador, ce gros pistolet qui tue rapidement le cochon. C’est une chaîne : l’ouvrier pose le pistolet sur le crâne du cochon, ensuite l’animal passe dans un bain d’une eau bouillante. Il arrive fréquemment que le porc ne soit pas terrassé immédiatement. La chaîne ne s’arrête pas et la malheureuse victime est ébouillantée vivante. Seul compte le résultat. Le temps est sacré dans l’antre de la mort. Cette pratique est un sommet de cruauté. […] Ici la loi du bien-être est bafouée au nom de la rentabilité. […] Jean-Pierre Bodart

IVG

Il est légitime de faire de l’IVG une question de gouvernement…

Dans son opinion publiée par La Libre du 16 juillet, le gynécologue Xavier De Muylder affirme que "plus personne ne remet en question la loi qui permet l’IVG jusqu’à 12 semaines de grossesse". C’est tout à fait inexact. Il y a un courant de pensée bien présent, pour lequel l’avortement constitue l’élimination d’une personne sans défense et un acte qui fait de la mère également une victime. Cette dernière, lorsqu’elle est en difficulté, doit plutôt recevoir l’aide qui lui permette de mener la grossesse à son terme.Aucun référendum n’ayant jamais été réalisé sur cette question, personne n’est en mesure de déterminer la représentativité de chaque point de vue. Ce qui est certain, c’est que, par exemple, une personnalité aussi respectée que le roi Baudouin n’a pas caché son opposition à cette dépénalisation jusqu’à 12 semaines. Cette perspective incorrecte entache la prétention de M. De Muylder de parvenir à un "consensus" dans l’ensemble de la population. Il juge qu’un accord peut être réalisé dans "l’harmonie", mais, pour rendre cela accessible, il réduit au néant les avis non conformes à ce que lui-même estime désirable. Une autre erreur est de disqualifier comme "marchandage choquant" l’attitude de forces politiques sensibilisées à cette matière. Faire d’une question très importante une affaire de gouvernement est on ne peut plus légitime. Ce qui est honteux, c’est au contraire d’abandonner ses convictions par attirance pour le pouvoir. Philippe Gérard

…ou d’un référendum

Dans La Libre du 16 juillet, le Dr Xavier De Muylder dit très justement qu’un panel de citoyens de bonne volonté, éclairés par des experts, parviendrait sans doute à dégager ce qui fait consensus dans notre société actuelle. Il a mille fois raison. Les matières éthiques graves, comme l’IVG, ne peuvent faire l’objet de négociations politiques qui peuvent être animées par d’autres considérations que le bien réel de notre société, d’un marchandage. "Nous méritons mieux que cela", nous dit-il. Ce panel permettrait à nos représentants de décider vraiment en pleine connaissance de cause, dans un dialogue ouvert, à l’écoute de chacun. Insistons donc auprès de nos parlementaires pour qu’ils demandent à la société civile de s’exprimer. Quelques jours plus tard (La Libre du 18 juillet), Catherine Fonck plaide aussi de manière très nuancée pour trouver une majorité la plus large possible. Elle aussi, à l’écoute de chacun, voudrait savoir comment faire évoluer la loi, en prenant soin de la femme obligée de recourir à l’IVG, du fœtus, du médecin chargé de cette délicate intervention, en tenant compte aussi des avis des médecins et du personnel soignant. Puissent nos parlementaires revenir à un débat serein, paisible, à l’écoute de chacun, animé par le bien de notre société ! Michel Lempereur