Grève 

Grand-mère économiste ?

En écoutant les diverses interpellations de ces derniers jours concernant la grève de lundi, je suis allée revoir mon vocabulaire. Rémunération : salaire perçu par un travailleur. Il est contractuel, constant (hors index), quel que soit le CA de l’entreprise. Prime : récompense octroyée aux travailleurs en fonction du bénéfice de l’entreprise et d’autres critères objectifs, dont la performance. Bonus : avantages non récurrents liés aux résultats de l’entreprise. Dividende : versement à des actionnaires ou investisseurs, variable suivant les résultats de l’entreprise et taxé à 30 % (normal puisque l’argent travaille lui aussi). En résumé, seules les rémunérations ne sont PAS liées aux résultats. D’où ma question : "Pourquoi ne pas atteler bonus et dividende, tous deux taxés à 30 % et tous deux variables suivant les résultats ? Pourquoi ne pas lier capital financier et capital ouvrier ?" Il me semble urgent de ne plus accepter les carcans qui freinent les enthousiasmes et les esprits d’initiative… mais je ne suis pas économiste, juste une grand-mère qui doit gérer un budget.

Nicole Grégoire, Oupeye

Drôle d’argumentation

Au-delà de la question de savoir si cette grève est opportune ou pas, je trouve l’argumentation des syndicats contestable quand elle consiste à vouloir que, dans les secteurs ayant bien résisté (voire "profité") de la crise sanitaire, les gains engrangés soient redistribués à leurs travailleurs, en récompense des efforts fournis. Ne conviendrait-il pas de certes lutter pour obtenir une contribution des secteurs protégés, mais plutôt que de l’accorder à ceux ayant eu la "chance" de ne pas perdre leur emploi, la réserver à un fonds spécial d’aide aux plus malchanceux. Ne serait-ce pas une meilleure façon d’afficher la nécessaire solidarité entre les travailleurs et la société dans son ensemble ?

Pierre Dubuisson, Courcelles 

Crise sanitaire 

Parole mangée

Le gouvernement de Vandenbroucke/De Croo a de nouveau "mangé sa parole". Le 5 mars, le Comité de concertation annonce que la bulle en extérieur est étendue à 10 personnes à partir du 8 mars. Le 16 mars, nos chers dirigeants et experts affirment que 40 % des contaminations se font sur les lieux de travail et 30 % via les écoles. Donc, en toute logique, le 24 mars, la bulle en extérieur est réduite de 10 à 4 personnes ! Avec entrée en vigueur le samedi 27 mars… comme par hasard, juste le premier week-end où il était possible d’organiser un parcours "nature" ou "patrimoine" en extérieur (le temps d’avoir l’idée et de prévenir les membres) pour une association. Cela fait un peu "déjà vu". Rappelez-vous : au Comité de concertation du 5 octobre 2020, le gouvernement déclarait : les contacts sociaux sont limités, dès ce 9 octobre et pour une durée d’un mois. Les contacts "rapprochés" seront limités à trois personnes, les événements "non organisés" ne pourront rassembler que quatre personnes, en plus de celles de votre ménage. À l’époque déjà, il demandait que les mesures soient respectées par l’ensemble de la population "même si ce n’était pas facile" et que "beaucoup d’entre nous en avaient assez". Après la pause de la Toussaint, de Noël, du Nouvel An, de Carnaval, voici celle de Pâques. Soi-disant pour pouvoir introduire de larges assouplissements le 1er mai (rouvrir l’Horeca).
 Qui croit encore cela ? Après la pause de Pâques viendra la pause de mai, celle de juin, et puis celle des grandes vacances ! Pauvre Belgique. Pauvres citoyens de ce beau pays !

Paul Soyeur, Lillois

Pas responsables

Après le Comité de concertation de la semaine passée, de nombreux responsables comme ceux de l’UCM, le SNI et Coméos ont clamé en chœur que leurs membres n’étaient pas responsables des contaminations étant donné la mise en place des protocoles. Je pense que les hôpitaux devraient les inviter à passer une journée dans le quartier des soins intensifs pour qu’ils comprennent aussi la gravité de la situation en dehors de leurs secteurs respectifs. Peut-être qu’après ils auront aussi le courage de demander aux clients des magasins dits non essentiel comme des salons de coiffure que le but du confinement est d’éviter de se déplacer, car c’est le moteur qui nourrit le virus et ce message-là semble inaudible pour certains quand on voit le nombre de voitures circuler toute la journée. Quant à la population qui ne respecte plus les règles, quand va-t-elle comprendre qu’il faut attendre que suffisamment de Belges soient vaccinés pour retrouver plus de liberté ?

Christian Segers

École 

Quand les devoirs, c’était de la lecture

Madame la Ministre, Quelques élèves m’ont fait comprendre que le confinement leur était bénéfique : pas de classe bruyante, étude et travail en paix, possibilité de poser des questions… la solitude finissait quand même par les déprimer de plus en plus. Et je me suis demandé pourquoi l’école n’offrirait pas le travail en paix plus la présence réconfortante des copains, des profs. J’avais pu réaliser cet idéal - et n’étais pas la seule - à une époque où l’enseignant était LIBRE de structurer le programme dans l’intérêt de ses élèves, LIBRE de noter tous les exercices et d’en faire faire un assez grand nombre pour pouvoir arriver à une note moyenne objective. Précisons que mes élèves faisaient tous ces exercices en classe - la tricherie ne mérite pas de points - et que les devoirs à domicile étaient plutôt des lectures. Prof de français, j’ai toujours eu une armoire pleine de livres peu épais ; les élèves pouvaient choisir, et ce n’est pas sans fierté que je répète ici la parole de plusieurs élèves : "Madame, maintenant, grâce à vous, j’aime lire !" Puisse Covid faire réfléchir nos pédagogues officiels. Puisse Covid rendre aux enseignants cette autorité et cette liberté indispensables à un vrai enseignement. Merci, Madame la Ministre, de penser à nos jeunes, à leur avenir,

Mia Vossen, Rochefort 

Religion 

Merci, Janet

Bonjour, je voulais sincèrement vous remercier pour la publication du témoignage de Janet (LLB du 22/03) dans vos pages. J’ai trouvé ce témoignage très beau, très fort, humble aussi et surtout plein de vérité. Il est tellement rare de lire dans la presse des articles qui mettent la Foi en avant, que pour moi qui suis une fervente croyante, il est essentiel. Savoir pardonner, c’est la chose la plus difficile à faire et pourtant c’est tellement important dans une vie. Même moi, je ne suis pas certaine de pouvoir pardonner à un kamikaze qui aurait attenté à ma vie. Mais Janet a trouvé au fond de son cœur cette force, sa Foi, ce pouvoir de savoir pardonner, ce qui lui a permis d’avancer. Elle a prononcé exactement les mots justes "Dieu t’aime". Bravo et merci à Janet mais aussi à vous pour l’avoir publiée.

Patricia Vernaillen

Réponse à Monseigneur Harpigny

Je suis stupéfait - et sans doute beaucoup de catholiques comme moi - par les réponses de Mgr Harpigny à l’interview qu’il a donné à La Libre (29 mars 2021). Son message, en deux mots, c’est : "Circulez, il n’y a rien à voir" et puis ‘" il faut être solidaire, n’est-ce pas." Et "qu’aurait fait Jésus ?" Qu’aurait fait Jésus ? Il me semble qu’il se serait fait respecter. Sans violence, cela va de soi, mais avec détermination. S’aplatir devant des décisions incohérentes ? Je ne le crois pas. Pour Mg Harpigny, il faut faire confiance aux autorités politiques puisqu’on est dans un État de droit. Donc, inutile de discuter, de faire pression, de demander des comptes, d’aller même à la confrontation. Permettez-moi de penser que c’est le contraire de la démocratie. Sans quoi, pourquoi demander au Parlement de débattre des mesures coronavirus ? Laissons les "autorités" en place faire leur travail. Que ferait Jésus ? réponse de Mgr Harpigny : irait-il trouver le Premier ministre pour se plaindre ou servirait-il les plus fragiles dans les hôpitaux ? Mgr Harpigny prend-il les catholiques pour des idiots ? Cette alternative qu’il invente pour les besoins de sa justification n’en est évidemment pas une. On peut faire l’un et l’autre, non ? Et parlons solidarité puisque c’est aussi un vecteur de culpabilisation très en vogue actuellement et que Mgr Harpigny ne manque pas de brandir à son tour. Peut-être a-t-il échappé à nos autorités ecclésiastiques qu’en raison des mesures prises pour prétendument éradiquer la pandémie, il y a aujourd’hui 150 millions de personnes supplémentaires en dessous du seuil de pauvreté dans le monde. Tout cela pour quoi ? Essentiellement pour éviter que des personnes âgées bien de chez nous n’attrapent le virus et que quelques-unes éventuellement meurent prématurément. Et je ne parle pas des drames liés aux fermetures d’entreprises et aux nouveaux assistés. Mais contester la manière dont cette pandémie est gérée n’est apparemment pas chrétien, à en croire Mgr Harpigny. Vite, confinons-nous, faisons barrière aux autres puisque ce sont les autorités politiques qui l’ordonnent. L’idée n’a-t-elle jamais effleuré nos ecclésiastiques qu’aucune étude n’a démontré jusqu’ici la réelle efficacité des mesures imposées par lesdites autorités ? Mais bon, c’est un autre sujet. Qui ne doit pas émouvoir les bons catholiques. Bref, si on attendait un souffle, une perspective, une espérance, ce n’est pas dans le propos de Mgr Harpigny qu’on les trouvera.

André Bailleux