Élections du 26 mai

Ne votons pas pour des "images"

À l’heure où les citoyens de Belgique doivent aller aux urnes élire leurs nouveaux représentants à la Région, la Chambre et à l’Europe, il est capital de s’informer du programme des différents partis, de s’informer sur le rôle que joueront les membres inscrits sur les différentes listes. Ceux qui occupent les premières places, tous partis confondus, siégeront très probablement aux différents parlements. Mais voilà, qu’en est-il de la position de Monsieur Paul Magnette ? Tête de liste au PS pour l’Europe, Monsieur Magnette ne compte pas siéger. Il fait campagne, parle à ses potentiels électeurs et leur fait des promesses. C’est immoral ! Il utilise son image pour récolter des voix. Si l’on transposait cela à la vie citoyenne "normale", c’est comme s’il répondait à une petite annonce pour un job, qu’il réussissait avec brio les différents entretiens, mais qu’il envoyait quelqu’un d’autre exercer son travail. Travail pour lequel ses recruteurs (comprenez ici "électeurs") n’auraient pas choisi son remplaçant. Pourquoi tolérer cela ? Pourquoi autoriser ce genre de pratique ? La tête de liste "porte" la liste, c’est l’image du parti, les idées du parti qui sont censées rayonner à travers cette personne, mais la plupart des citoyens élisent un(e) représentant(e) s’attendant à ce qu’il ou elle siège personnellement, à ce qu’il ou elle défende leurs intérêts comme promis durant sa campagne. Alors posons-nous la question : n’est-ce pas de l’abus de confiance de faire campagne pour un poste qu’on n’occupera pas de toute manière ? N’est-ce pas tromper les électeurs que de leur promettre de les défendre, puis d’abandonner le navire dès que les bulletins sont comptabilisés ? Sachant cela, nous devons redoubler de vigilance. Soyons éclairés, votons pour des personnes qui se soucient réellement de nous, et non pour des "images" qui ne prendront pas leur fonction. Le 26 mai prochain est une date importante. Soyons responsables et acteurs de notre futur. Restons informés, et posons-nous la bonne question : "à qui profitera réellement ma voix ?" Julie Hego-Labeille

N’oublions pas l’Europe

Aujourd’hui, et pour une bonne partie de la population, l’Europe n’a pas une bonne image. Les explications sont des plus variées : manque d’Europe sociale, un trop grand pouvoir des lobbies en grand nombre à Bruxelles, une certaine protection par rapport aux grandes entreprises. Sans oublier le climat devenu important ces derniers mois pour la génération future consciente de ce que leur réserve leur avenir si l’Europe ne se décide pas à prendre des mesures contraignantes qui touchent autant le citoyen que les entreprises chimiques notamment. Mais il y a aussi des pays qui veulent avoir le beurre et l’argent du beurre. Prenons l’exemple de la Pologne qui risque de se voir sanctionner compte tenu de certaines mesures prises par son gouvernement en contradiction avec les règles européennes. Mais c’est le Conseil européen qui décide des sanctions et il suffit d’un seul pays pour bloquer le processus, d’où le statu-quo. [D’où également] l’importance de donner sa voix à un parti à même de pouvoir changer de politique. Mais au-delà du fond, il y a aussi la forme. Il faut savoir que la réussite d’une activité dépend pour 50 % de la communication qui est le maillon faible comme l’absence dans les boîtes aux lettres de l’importance de l’Union européenne à travers une brochure incitant la population à voter. Bien sûr, chaque année, il y a des journées "portes ouvertes" à Bruxelles, Luxembourg et Strasbourg mais la population qui s’y rend est très minoritaire. Car qui sait que 70 % des décisions de l’Europe conditionnent notre vie de tous les jours à travers différents domaines, les gouvernements fédéraux et régionaux devant s’y plier sous peine de sanctions ? Dès lors, celles et ceux qui veulent changer cette situation doivent se mobiliser en priorité et ne pas négliger le bulletin bleu pour le vote papier. En conséquence, des mesures plus en phase avec les desiderata de la population permettront de renforcer l’image de marque de l’Europe car il ne faut pas oublier que la paix entre les 28 pays c’est aussi cela l’Europe. Un élément oublié par de nombreux jeunes qui n’ont pas connu la guerre. En conclusion, l’élection européenne est bien la plus importante. Christian Segers

Où est la stratégie ?

Comme d’habitude, la campagne électorale étale programmes de partis, promesses, rêves, exagérations en tous genres, idées fumeuses, propos populistes et racoleurs, égos démesurés, invectives et exclusives. En somme, rien que du marketing, de la tactique, de la recherche du pouvoir, pour attirer des voix. Mais de la stratégie à moyen et long terme ? La N-VA, elle, annonce calmement et on ne peut plus clairement ses ambitions, sa stratégie : pousser la Belgique vers le confédéralisme et le séparatisme. Voilà bien l’unique enjeu majeur de taille pour l’avenir de notre pays après ces élections. Avec la N-VA au poste de Premier ministre et à la tête de l’exécutif flamand comme elle l’exige déjà, les autres partis pourront oublier leurs programmes et bonjour les dégâts économiques, sociaux (emploi et sécurité sociale), financiers, fiscaux et environnementaux. Le pays n’a pas besoin d’une énième réforme de l’État pour ajouter à la cacophonie et au chaos actuels. Alors quoi, après les élections ? Le seul rempart contre un tel cataclysme sera la constitution d’un gouvernement d’union nationale avec les partis réellement démocratiques, excluant nationalistes, extrêmes de gauche et de droite, faux nez, populistes. Ce sera possible arithmétiquement à condition que les partenaires (tous) s’entendent sur un programme de gouvernement qui aille à l’essentiel et qu’ils mettent une sourdine à leurs égos et à leurs coquetteries. Avec un Premier ministre hors du commun, un sage, un homme de consensus et efficace, à trouver (en cherchant bien) en dehors des présidents de partis, tous trop marqués. En même temps, on vérifiera aussi l’exacte vérité des partis flamands envers l’avenir du pays. Paul Borchgraeve

Les exclusives : De la pure folie

Que tous les citoyens souhaitant passionnément la stabilité et la préservation de la Belgique en tant que pays dynamique et prospère, ne doutent pas un moment de la compétence de gestion partagée avec nos amis néerlandophones, et que les partis francophones responsables ne l’excluent pas de prime abord. Ce serait une pure folie. Daniele Wallman

Pourquoi exclure les étrangers ?

Il y a des gens qui vivent ici depuis des années sans pour autant détenir la nationalité belge. Ces étrangers travaillent, paient des impôts. Leurs enfants vont à l’école, grandissent dans cette société. Comment expliquer, dans une démocratie, qu’ils ne puissent pas participer au vote ? Karim Bensalem

SNCB 

Aux "héros" du dimanche soir…

Grande habituée de la SNCB depuis que j’ai l’âge de prendre le train toute seule, je voudrais rendre hommage à cette société si souvent et si facilement décriée. Malgré ses retards et ses trains qui "ne circulent pas aujourd’hui", malgré cette désagréable sensation quand on découvre un tableau d’affichage couvert de rouge, je voudrais saluer les performances de tous ceux qui travaillent sur le rail. Et qui doivent parfois faire face à la pagaille… à toute heure du jour et du week-end et supporter sans ciller le regard alarmé des voyageurs décontenancés. Hier soir encore, les intempéries ont mis à mal les derniers trajets ferroviaires de la journée. Difficile pourtant d’imaginer que la pluie fine qui tombe sur une province ait des allures d’orage dans une autre. D’où la rage de certains, qui ne comprennent pas, qui sont chargés de bagages ou pressés de rentrer se mettre à l’abri dans leur logis. Difficile de faire peser une coulée de boue lointaine face à un individualisme exacerbé. Et pourtant… Le compteur des retards explose, on ne compte plus en minutes, mais en heures. Le quai grouille de monde, on voudrait en savoir plus, on s’inquiète, on évalue la situation : détour par Charleroi, par Liège, embarquer dans le bus navette ? Les contrôleurs, sans les dernières instructions, restent calmes et attendent comme les voyageurs de pouvoir rouvrir un train. Tout est chamboulé et pourtant, souples et flexibles, ils s’adaptent et renseignent patiemment les passagers affolés. Le sous-chef, lui, par contre, au bord de la crise de nerfs, fait de son mieux pour aiguiller les trains, choisir les directions, revoir les itinéraires, trouver le plus rapidement des solutions et optimiser le processus. Il est dimanche, il est presque 21 h, il n’a pas le choix, il doit réussir à caser tous ces voyageurs, et à minimiser leur énervement. Une coulée de boue ce soir, un incendie hier, un gros incendie mardi, mais quelle semaine (inter) minable ! Quel stress ! Difficile d’arriver à contenter les voyageurs, difficile de ne pas irriter tous ceux qui sont déjà au téléphone pour prévenir de leur retard, ceux qui n’arriveront jamais, ceux qui se résigneront à télétravailler, ceux qui attendent dans le froid leur correspondance pour rejoindre le campus… Et pourtant ! À cet ouvrier à qui on fera appel en urgence le dimanche soir ou qui devra se lever à l’aube le lundi matin pour déblayer la boue, à ce conducteur paré à l’improviste, prêt au moindre détour et dont tout le monde ignore l’existence, à ces contrôleurs qui gardent la pêche à une heure où l’on préférerait roupiller dans son lit, à ce sous-chef qui a dû prendre quelques cheveux blancs sous la pression et les retards, aux aiguilleurs qui font que malgré tous les détours, jamais un IC ne percutera un S8, aux voyageurs solidaires et patients, à vous tous je veux rendre hommage. Les quelques picots liés à la douce mobilité de la SNCB ne seront pas capables de me décourager. Et si vous n’êtes pas convaincus ou que vous perdez patience en ce dimanche soir, rappelez-vous qu’un petit détour nocturne par Charleroi est toujours plus charmant que les kilomètres de bouchons du lundi matin à l’entrée de Bruxelles… à chacun de choisir son train-train quotidien ! Adeline de Wilde