Opinions
Voici quelques-unes de vos réactions aux sujets qui ont fait l'actualité ces derniers jours.


Suppression de petites lignes de train


Le train n’est pas LA solution

Comme toujours, on confond le service et l’outil… Le service public de transport (et il est primordial que ce service public continue d’être une réalité, que l’opérateur soit public ou privé) permet de se rendre d’un point A à un point B. L’outil qui permet d’opérer ce service, c’est actuellement le train. Mais construire/entretenir un kilomètre de voie ferrée, cela coûte un bras ! Dès lors, rien n’empêche que le service de A vers B soit opéré par autre chose qu’un train : une voiture de 50 places assises par exemple. Une locomotive pour 30 voyageurs, c’est du gaspillage ! Un bus peut faire exactement le même trajet pour un coût bien moindre, et en respectant les mêmes horaires. Le train est monstrueusement efficace sur les grandes lignes où le remplissage est important. Dès qu’il s’agit de desservir des patelins, le coût par passager devient exorbitant ! De grâce, cessons de voir le train comme LA solution, réfléchissons à un équilibre coût/efficacité ! Et qu’on ne sorte pas l’argument environnemental comme un lapin d’un chapeau ! Des bus roulant à l’hydrogène, à l’électricité, hybrides, cela existe ! À la rigueur, on peut même dire que plus il y aura de bus roulant à l’hydrogène, plus il y aura de points de ravitaillement. Dominique Beaudry

Des sites propres pour des bus ?

Pourquoi ne pas asphalter ces lignes de chemin de fer peu occupées pour y faire rouler des bus électriques en site propre ? Les coûts d’exploitation seraient bien moindres et on pourrait concentrer les investissements ferroviaires sur les lignes disposant d’une demande suffisante pour justifier l’exploitation de trains. Nicolas Papageorgiou

Dans la campagne wallonne

C’est bien simple, là où je vis, près de Profondeville, il n’y a pas de transports en commun, seulement un bus scolaire. La gare de Lustin est à près de 8 km. Le bus le plus proche est à près de 4 km. Le vélo ? Non seulement, ce sont de solides côtes car les villages sont perchés au-dessus de la vallée de la Meuse, mais aussi il n’y a pas d’accotements, les routes de campagne sont en piteux état, et bien sûr, il n’y a pas de pistes cyclables. Un vélo électrique ? Peut-être, mais rien n’est prévu pour le protéger à la gare : aucun aménagement digne de ce nom. C’est une honte. La seule solution qu’il nous reste est la voiture. Voilà la réalité de nos campagnes wallonnes… Et, on veut encore diminuer l’offre des transports en commun tout en pénalisant la voiture ? Philippe Pilou

Interdire la conduite aux personnes âgées ?


Conserver le lien social

"Ma voiture, ma liberté !" Pour les plus de 75 ans, ce slogan a tout son sens. Elle leur permet de garder un lien social ne fût-ce qu’en faisant leurs courses. Elle leur permet aussi de rendre de multiples services, notamment pour leurs enfants, en s’occupant des petits-enfants. Les plus de 75 ans sont prudents car ils connaissent le prix de la vie. Un accident, cela peut arriver à tous et à tout âge . Christine Van Calsteren

Démesuré !

Compte tenu du nombre d’accidents les week-ends, nous devrions plutôt viser les jeunes conducteurs. Ils sont très nombreux à commettre des accidents contrairement aux personnes âgées qui sont rarement impliquées dans des accidents de voiture. Cependant, je suis favorable à un examen de la vue et de l’audition. Supprimer l’usage de la voiture aux personnes âgées après le moindre incident me semble démesuré. D’autant plus qu’ils ne parcourent souvent que de petites distances de 10 à 15 km, en général, pour aller faire des courses, aller de temps en temps visiter leurs proches. Charly Lecoq

Tester les réflexes

Je propose de faire passer un examen de la vue et des réflexes tous les 5 ans jusqu’à 50 ans et au-delà, tous les 3 ans, comme pour les chauffeurs professionnels (taxis, poids lourds et autocars). À 80 ans, mon père a été responsable de trois accidents d’inattention sur une période de seulement un mois. J’ai préféré mettre la voiture à la casse et rendre son permis de conduire à l’administration. L’entourage doit également être proactif… Chris Verbrugghen

Et les influences ?

"L’âge ne fait rien à l’affaire", comme disait Georges Brassens. C’est une question d’aptitude et de temps de réaction. Combien de conducteurs sont sous l’influence de somnifères, d’antidépresseurs, de drogues, etc. ? Toutes ces notions se mesurent et devraient être évaluées régulièrement en fonction de l’âge et à partir du jour où le permis est délivré ! Jean-Marc Froidure

Religion


Sur la formation des Imams

Les imams destinés à exercer en Europe doivent être formés en Europe et doivent être capables de raisonner en connaissance des réalités sociohistoriques et citoyennes européennes, pour consolider une spiritualité en adéquation avec la citoyenneté. Faire venir des imams formés dans d’autres traditions sociétales en dissonance avec la réalité européenne augmente le risque de consolidation d’une religiosité pervertie et une infiltration des idéologues. Un diplôme en théologie et une connaissance de la langue et des réalités du terrain d’exercice doivent être exigés avant de prendre le minbar du vendredi. Khellaf Hamadouche

Visite Berlin pour nous rappeler

Un séjour à Berlin ne peut laisser indifférent quand on prend le temps de s’arrêter, de visiter, de lire, de regarder. J’ai été frappée par la taille de cette ville, ses énormes allées, ses bâtiments monumentaux, ses grands espaces. Partout le rappel de son histoire, sans détour. La reconnaissance de ce qui s’est passé et qui n’aurait jamais dû arriver. La mémoire des résistants allemands aussi, ces hommes et ces femmes qui n’ont pas courbé l’échine et qui ont porté haut le mot "Humanité". L’histoire, terrible, de la descente aux enfers de nombreux déportés, juifs surtout, autres aussi. Comment, comment l’homme peut-il à ce point laisser modeler son cœur, sa raison, sa volonté et atteindre des sommets de barbarie ? Merci Berlin pour ces chemins de mémoire du meilleur et du pire, merci de montrer le beau et l’ignoble, pour les tentatives de compréhension de l’incompréhensible. Ne jamais oublier que la racine du mal peut jaillir du cœur de l’homme, que l’homme qui s’octroye la toute-puissance peut, après avoir donné l’illusion de victoire, amener son propre peuple à la destruction et la désolation la plus totale. Et cette "bête" de l’humiliation et de la destruction n’est pas totalement morte aujourd’hui. Chaque fois que des hommes prennent le pouvoir pour eux-mêmes, pour leur gloire, en maniant l’arme de la peur, du rejet d’autrui, de la diabolisation du petit, du différent, ceux-là permettent à la bête de relever la tête. Soyons vigilants, la pente est large et glissante, il est bien plus difficile, mais tellement plus nécessaire de construire un monde profondément respectueux et humain. Monsieur Trump, un petit séjour à Berlin ? Ann Gilles-Goris

Défense


Une protection civile européenne ?

À l’heure où l’on parle souvent de défense européenne, il me semblerait plus réaliste de réfléchir à disposer d’une protection civile européenne, pour lutter contre des événements exceptionnels. Ici beaucoup de pays ont été frappés simultanément par la canicule. Mais une force de pompiers appuyée par des moyens plus lourds ne serait pas forcément une mauvaise chose. Et ce serait dans tous les cas une motivation pour investir des moyens dans des services et des hommes qui en ont le plus grand besoin. Didier Claes

Greta Thunberg


Marre des critiques

Cette adolescente s’est renseignée sur le climat. Avant de se lancer, elle a lu les rapports, regardé les longues vidéos des conférenciers collapsologues ou climatologues qui expliquent tous les enjeux actuels concernant l’environnement. Et elle a agi. Elle a 16 ans, et elle agit. Qu’on l’aime ou qu’on ne l’aime pas, elle montre comment sa famille a adopté un comportement plus écoresponsable, elle encourage tous ceux qu’elle atteint à se renseigner à leur tour et, tout comme elle, à entreprendre des actions concrètes pour la protection de l’environnement. Et tout cela a l’air de vous défriser… C’est dommage, si vous vous étiez renseignés, vous vous sentiriez bien plus concernés ! Et, à nouveau, si vous aviez lu ses écrits et ses discours, vous n’auriez peut-être plus rien à dire sur son soi-disant marketing. Elle n’a rien à vendre, si ce n’est une alternative à notre mode de vie de surconsommation. Et encore, ça, elle l’offre.Aurélie Bartholomée

Consumérisme


L’été à Namur

Je prends le train pour Namur. La ville est ensoleillée et animée en ce 1er août. J’emprunte la rue de Fer, l’artère commerçante du centre. Devant le Musée d’art ancien, j’aperçois une file énorme sagement alignée sur le trottoir. Des garçons et des filles, encadrés par deux agents de sécurité. Super ! Ils vont visiter l’exposition au musée ! Alors je me dis que je vais remettre ma visite à plus tard, ce sera la cohue, ce n’est pas idéal ! Mais non, la jeune troupe attend sagement d’entrer dans la boutique de chaussures voisine pour les dernières soldes ! Rien à faire du musée ! Je n’en crois pas mes yeux ! Quant à moi, j’entre au musée. Le gardien me donne avec enthousiasme des explications : "Le trésor d’Hugo d’Oignies, du XIIIe siècle, une des sept merveilles de la Belgique. Les étrangers viennent du bout du monde pour le voir !" Superbe. Et il continue : "Je vous recommande Le reliquaire du lait de la Vierge et le Gobelet de Sainte Marie d’Oignies, un orfèvre extraordinaire, ce moine avec son atelier en bord de Sambre." D’autres chefs-d’œuvre s’y trouvent, comme le retable Belvaux du Maître de Waha ou des petites madones sublimes en bois peint. Ne ratez pas la salle Henri Blès, dit "La chouette", un des plus grands peintres du XVIe siècle. Je découvre donc ces merveilles et je suis seule dans le musée silencieux à savourer tout à mon aise la beauté ! Quel bonheur ! Pas un autre chat visiteur ! Quand je sors trois heures plus tard, la file des garçons et des filles est toujours aussi longue et patiente sur le trottoir pour la boutique de chaussures soldées ! L’art et la beauté, la mémoire du passé ? Ou une paire de baskets de plus ? Thérèse Denoël