Une opinion en de Natacha Duroisin (Aspirante F. R. S. – FNRS/Université de Mons) & Marc Demeuse (Professeur et Chef de service /Institut d’Administration Scolaire/Université de Mons) en réponse aux réactions concernant l’article "5 000 étudiants du supérieur ont dessiné la Belgique".

Réaliser une carte mentale ou mettre à l’épreuve ses représentations spatiales, c’est différent.

L’étude menée par le politologue de l’UCL Min Reuchamps (publiée le 24/03/2013 dans La Libre) avait pour objectif de confronter les étudiants du supérieur à un exercice particulier : l’élaboration de cartes mentales. En aucun cas, celles-ci ne permettent de tirer des conclusions concernant les connaissances dont disposent les étudiants en matière de localisation. Ce n’est d’ailleurs pas le sens donné aux résultats par les auteurs de l’étude.

Les premiers résultats d’une recherche actuellement financée par le F. R. S. – FNRS et menée par l’UMONS/INAS auprès d’élèves de primaire et de secondaire montois révèlent que les connaissances des élèves en matière de représentations spatiales ne sont pas aussi alarmantes que cela n’y puisse paraitre. Exit les critiques récurrentes et commentaires permanents (« affaissement » du niveau des élèves) à l’égard de notre système éducatif et de nos élèves. Confrontés à une carte muette ne représentant schématiquement que les frontières politiques du pays, il était demandé aux élèves de situer, le plus précisément possible, 15 villes belges. Dès 8 ans, les élèves parviennent à localiser avec une certaine précision quelques-unes des grandes villes de Belgique (notamment leur ville d’origine, Bruxelles…) alors que la compétence géographique n’a pas encore été travaillée en classe ! Si on constate que les performances de localisation croissent avec l’âge, on remarque néanmoins que, quel que soit l’âge, les difficultés des élèves restent identiques quand ces derniers doivent situer d’autres villes telles que Courtrai, Ath ou Tournai.