Une opinion de Louis Swysen, professeur émérite.

Il est beaucoup question, ces derniers temps, d’un remarquable progrès technique en plein développement ; je veux parler des écrans pliables... Ces bijoux de la technologie sont effectivement admirables, mais il faut hélas regretter qu’ils ne soient pas encore à la portée de tous...

Ils ont en effet un prix et au moment où l’on renvoie toutes nos têtes blondes devant les écrans plats de leurs foyers, même si d’aucuns dénoncent de plus en plus l’addiction généralisée des jeunes aux écrans, comment assurer une scolarité à distance efficace et satisfaisante pour tous ?

Au domicile, chaque enfant ne dispose pas nécessairement d’un ordinateur personnel classique et/ou d’une réception internet idéale, et il faut reconnaître qu’en l’absence de communication directe et personnelle, en présentiel, l’efficacité du professeur est fortement réduite, quelles que soient ses qualités pédagogiques.

Au lieu de recourir aux technologies sophistiquées, coûteuses et parfois défaillantes, pourquoi ne pas recourir à ce qui a fait ses preuves depuis de longues années et qui tombe actuellement en désuétude : l’écrit ! Au lieu de s’improviser conférencier, pourquoi les professeurs ne fournissent-ils pas à leurs élèves, à petites doses, au fil de leurs cours hebdomadaires, du texte reprenant clairement les matières indispensables du Programme ?

L’écrit peut être transmis par courrier électronique pour être imprimé à domicile ou le cas échéant fournit par l’école sur support papier... Le texte peut être lu, souligné, lu et relu ; il ne nécessite pas d’équipement particulier en dehors d’un crayon pour l’annoter et d’un éclairage éventuel si l’on veut en prendre connaissance en dehors des heures de clarté. Le texte peut être archivé et reste disponible à tout moment. En est-il de même des cours en vidéo/visio/conférence ?

Professeur au siècle dernier, je partageais avec mes élèves de précieux ouvrages de références, les manuels. Ils avaient leurs qualités et aussi leurs défauts. Actuellement le traitement de texte permet à chaque enseignant de produire les documents qu’il souhaite proposer à ses élèves, en adéquation avec son propre enseignement.

Le retour à l’écrit, au livre ? Pourquoi pas ? Alors que des bouquineries refusent de reprendre des encyclopédies ou des collections gratuites, sous prétexte que plus personne ne s’encombre de papier, il faut regretter l’abandon de ce support qui, daté et signé, engageait la responsabilité de son auteur.

Le retour au livre ? Pourquoi pas ? Rappelons qu’il a déjà le grand avantage de se replier ; et il ne fera jamais écran à la Connaissance...