Voici quelques-unes de vos réactions aux sujets qui ont fait l'actualité ces derniers jours.

Politique belge

Comment éviter de revoter ?

Les discussions pour la formation d’un gouvernement sont dans les mains des partis, et plus précisément des bureaux de partis. En cas de désaccord sur la formation d’un gouvernement, la responsabilité leur en incombe. En retournant aux urnes, peut-être que le nombre d’élus par parti sera modifié, mais les discussions sur la formation d’un gouvernement reviendront dans les mêmes mains que précédemment, c’est-à-dire celles des bureaux de partis composés des mêmes personnes et prônant la même politique que précédemment. Alors, pourquoi, en revotant, y aurait-il subitement un accord entre ces personnes qui précédemment ne voulaient pas gouverner ensemble ? Vous me répondrez que certains, désavoués par leurs électeurs, accepteront de réduire leurs prétentions et que d’autres, devenus incontournables vu le nombre important d’élus, pourront imposer leur politique à des plus petits. C’est peut-être vrai si les nouvelles élections changeaient drastiquement le poids respectif des partis. Utopie ! La Belgique, scindée en trois circonscriptions électorales, ne se prête pas à des variations brusques et importantes. Alors que faire pour éviter une triste répétition de l’actuel ? Que faire pour éviter de revoter ? Premièrement, marteler aux élus qu’ils sont responsables de l’échec des négociations et que revoter vise à transférer la responsabilité sur l’électeur. En effet, en revotant, le peuple est considéré comme coupable de ne pas avoir bien choisi, et les élus sont blanchis de leur incompétence. Dans ce cas d’espèce, le peuple ne devrait pas revoter ! Secundo, il faudrait mettre au-dessus de la tête des partis une épée de Damoclès qui s’abattrait si aucun accord n’est signé : la dotation annuelle de 70 millions d’euros d’argent public versée aux différents partis serait supprimée durant un an à dater de la dissolution de la Chambre des représentants. Voilà le message que j’adresse aux élus, à qui je demande d’accomplir leurs obligations. Pascal Vermer

N-Va et Ps : il faut essayer

La Belgique a voté et les deux partis qui ont obtenu le plus de voix sont la N-VA en Flandre et le PS en Wallonie. Si on doit respecter le vote de la population, il me semble logique de mettre la N-VA et le PS ensemble. Il ne sera pas simple d’y arriver, mais il faut essayer. En cas d’un énième échec, les partis flamands doivent se rendre compte qu’il faut faire autre chose. Pino Testa

L’importance du bilinguisme

Si le bilinguisme avait occupé beaucoup plus de place dans la politique intérieure de notre pays, il s’en porterait nettement mieux. L’erreur vient de Bruxelles, qui oublie non seulement qu’elle est la capitale administrative de l’Europe, mais surtout et avant tout la capitale de la Belgique. Je n’ai jamais admis qu’elle soit la capitale de la région unilingue de Flandre. Il y a certainement une cinquantaine d’années que je cherche vainement à Bruxelles un politicien réellement bruxellois, bilingue et ouvert sur l’ensemble du pays. Les unilingues francophones de notre pays n’ont rien trouvé de mieux que de donner à leur communauté la dénomination "Fédération Wallonie-Bruxelles", véritable pied de nez de Bruxelles à la Flandre. Georges-Louis Bouchez, qui a eu le courage d’avouer qu’il était unitariste, a été très mal accueilli par la majorité du monde politique et les médias, dont La Libre Belgique, sauf par Els Ampe, une Bruxelloise flamande mais bilingue. Marc Dekeuleneer

Participation citoyenne : bonne ou mauvaise ?

Pourquoi s’intéresser à ce projet de participation citoyenne ? En ce qui nous concerne, j’y vois trois raisons. Il y a d’abord l’évolution des mentalités due à la rapidité de l’information. Ensuite, il y a l’éclatement d’affaires, telles que Publifin ou celle du Samusocial. Enfin, il y a la méfiance, voire le mépris, de la classe politique pour ce citoyen dont elle n’attend que la voix. Ces politiques une fois élus s’empressent de préserver leur pré carré et d’utiliser toutes les ficelles de la particratie pour se faire réélire, qu’ils fassent preuve de compétences ou non. Je suis frappé par les nombreux commentaires du style "Pourquoi réagir, ils font quand même ce qu’ils veulent ?", ou par les réflexions beaucoup plus virulentes qui fleurissent sur les réseaux sociaux. Force est de constater que les citoyens en ont marre des interdits de toutes sortes décrétés d’en haut qui portent atteinte à leur liberté et à leur travail. Ces choix sont souvent plus politiciens que cohérents, plus liés à l’incompétence et aux lobbys qu’à une vision à long terme du bien-être du citoyen. La plupart du temps, ces choix politiciens ne font qu’augmenter les problèmes des citoyens dans leur vie quotidienne et accentuent les clivages entre la population qui peut s’y retrouver et ceux qui ne le peuvent pas. Si nous voulons éviter une explosion populaire ou le chaos, pourquoi ne pas donner à notre système politique un second souffle, et encourager le développement d’un second pilier de la démocratie que serait la formalisation d’un volet "démocratie participative". Celle-ci doit être complémentaire à la démocratie représentative, et sans doute aussi contraignante pour le monde politique. Michel Courtin

Le procès de destitution de Donald Trump 

L’erreur des démocrates

C’est une bourde stratégique de proportion monumentale de la part des Démocrates. Ce procès était perdu d’avance et ils le savaient. Peu importe que Trump soit coupable de ce dont ils l’accusent. Ni au Sénat ni dans la toute aussi importante "cour de l’opinion publique", ils ne pouvaient convaincre. Du coup, maintenant que Trump a gagné son procès, non seulement les Républicains en ont fait un martyr, mais ils l’ont en plus armé d’un argument supplémentaire pour sa campagne. Trump va sans doute répéter à l’envi que les Démocrates sont vindicatifs et acharnés sur sa personne… Je trouve la réaction de Nancy Pelosi, qui déchire son discours sur l’Union devant les caméras, idiote. Un geste idiot et enfantin qui ne fait que renforcer ce clown despotique et qui prouve qu’ils n’ont rien de mieux à proposer que des protestations vaines et vides. J’attendais mieux des Démocrates. À force de vouloir combattre un porc dans la boue, on se salit forcément aussi (et on sort perdant). Quelle déception ! Guillaume DB

Où est passée la démocratie ?

La tâche de l’impeachment escamoté n’aura pas plus d’effet qu’une pellicule sur le veston de ce magnat de l’immobilier à la tignasse jaune orangé. Pire, ce blanc-seing offert sur un plateau par des parlementaires fourbes aura un effet d’anabolisants sur cet homme compulsif qui va chauffer à blanc ses supporters. D’évidence, la noblesse de la belle démocratie américaine a désormais déserté à Washington. On ne se méfie jamais assez des benêts. Houria Lounes

Si Trump est réélu…

Et alors, est-ce une catastrophe ? Ce que l’intelligentsia européenne et les démocrates n’ont pas compris, c’est que Trump (en plus d’avoir effectivement remporté des succès économiques) a redonné le moral et surtout de la fierté à une classe moyenne américaine qui avait été lessivée par la crise. Hervé Coulaud

Cyberharcèlement 

L’École n’est pas responsable

Le cyberharcèlement et ses conséquences atroces ne peuvent que susciter horreur, dégoût, voire haine, chez les proches des jeunes victimes. Voir ses enfants mourir sous les "coups" de la malveillance cynique et/ou de l’ignoble bêtise, quoi de plus épouvantable ? Et je sais de quoi je parle. Ce que je ne supporte pas, c’est de voir, une fois de plus, l’école servir de bouc émissaire. Est-ce l’école qui a mis de coûteux smartphones dans les mains de presque tous les ados sans prendre la peine de leur en expliquer les dérives possibles ? Est-ce l’école qui a incité de pauvres gamines à peine pubères à se photographier nues et à "confier" la photo à leur petit ami du moment ? Mais voilà : influencés par les médias comme par leur entourage et aveuglés par leur douleur, c’est vers l’école que des parents endeuillés se jettent pour crier leur haine, accompagnés d’une meute hurlante… au milieu de laquelle se cachent parfois les parents des coupables. Après cela, étonnez-vous encore de la pénurie de profs de plus en plus marquée… Lucette Koeune

Tempête Ciara 

Qui se souvient de 1990 ?

Je me souviens, en 1990, de cette tempête effrayante qui avait balayé et à moitié décimé la forêt de Soignes. De Boitsfort, où je travaillais, j’avais mis plusieurs heures pour rentrer chez moi, à Waterloo. La route menant au pont de Groenendaal était fermée, il y avait eu un mort et de nombreuses chutes d’arbres. Les balades à cheval en Forêt de Soignes ont été longtemps limitées… Une véritable hécatombe, c’était bien pire que cette tempête Ciara. Sylvia Zetlin