Suite à la publication par Philippe Van Parijs des 4 raisons pour les francophones de voter pour un parti flamand à Bruxelles, le groupe BMF, Bruxelles Métropole Francophone, a tenu à riposter. Voici la réponse aux 4 raisons de Philippe Van Parijs. Une opinion de Jacques Bourgaux, Jean-Pierre Buydens, Jean-François Goosse et Jean-Luc Robert


1. "Risque de blocage par la N-Va"

Il soulève le risque d'un blocage des institutions bruxelloises par une éventuelle majorité N-VA/ Vlaams Belang dans le groupe linguistique flamand du Parlement régional. Ni les électeurs de 2012, ni les multiples enquêtes d’opinion n’ont révélé un engouement particulier des Bruxellois flamands en faveur de la N-VA, et pour cause : ils perdraient la rente de situation formidable dont ils bénéficient en termes de crédits, de mandats (1) et d’emplois publics (2), si son programme indépendantiste se réalisait. Ce risque est donc inexistant.


2. "Moins de voix par siège flamand"

Van Parijs reconnaît donc le caractère inique du système actuel : les partis flamands ont rétabli dans la Région bruxelloise le suffrage plural à leur bénéfice exclusif. Le vote flamand y est en déclin constant, mais tout déplacement de voix d’un collège à l’autre servirait à justifier le statuquo. Gageons qu'une nette augmentation du nombre de voix en faveur des élus flamands aurait pour effet une revendication, lors d'une prochaine réforme de l'Etat, pour un réajustement de la répartition des sièges entre les deux groupes linguistiques.


3. "Deuxième voix pour le Parlement flamand'

Aucun intérêt : tous les partis flamands qui comptent sont plus ou moins flamingants et, en outre, ce déplacement de voix, pour le coup serait sans incidence sur la composition du Parlement flamand dont le nombre de membres est fixe (6 sièges sur 124).


4. "Absudité des deux collèges"

Tous les partis francophones sont favorables à son abolition, mais les partis flamands s’y opposent ! Un déplacement de voix francophones, protestation muette et donc ininterprétable, ne changerait rien à cette situation. Oui à la suppression des collèges, mais alors comme aux élections communales, sans quota ni représentation garantie : que les candidats flamands à Bruxelles méritent enfin leur élection.

Enfin, qu’est-ce qu’un "pur francophone" ? Une distinction entre les "purs" et les autres est profondément choquante. Les Bruxellois, quelles que soient leurs origines –nous rejetons fermement la tentation communautariste- s’instruisent, travaillent et communiquent pour l’essentiel en français, come le rappelait Charles-Etienne LAGASSE dans La Libre du jeudi 22 mai.

L’addition de quatre raisons nulles égale donc à zéro.

Pour BMF, Jacques Bourgaux, Jean-Pierre Buydens, Jean-François Goosse, Jean-Luc Robert

(1) 17 sièges, quel que soit le nombre de voix

(2) Parité aux emplois de direction et 30% des emplois inférieurs au grade de directeur