Opinions

Une opinion de L.E. Leurquin-Lorent, lectrice de Rixensart.

"Vous êtes une race élue, un sacerdoce royal, une nation sainte, un peuple acquis pour proclamer les louanges de Celui qui vous a appelés des ténèbres à son admirable lumière" ! écrivait Pierre dans sa première lettre (2.7), à Rome, au début des années 60.

Il s’adresse à tous les croyants et ne fait pas de différences entre de "simples" croyants et d’autres qui seraient prêtres car, à cette époque, cette différence n’existait pas. Vatican II voulait "redonner toute sa substance au sacerdoce commun des baptisés". Mais, hélas ! Cela ne s’est pas réalisé.

Et aujourd’hui, le manque de prêtres est flagrant, contrairement à ce qu’affirme D. Janthial, dans la Libre du 5/02/2019 et la majorité des prêtres qui continuent courageusement leur sacerdoce sont de bons prêtres. Pourtant, nos concitoyens sont peu nombreux à la messe du dimanche ! Est-ce à dire qu’ils sont nécessairement de mauvais chrétiens ? Non ! Cela signifie simplement – du moins bien des cas – que la fréquentation dominicale ne leur semble pas importante… Car le Christ n’a pas dit : "Allez à la messe dominicale" ! Il a dit et répété: "Aimez-vous les uns les autres !".

Les prêtres ne sont pas des moines

Le sociologue G. Cuchet, a étudié la pratique dominicale en France et a constaté que, brusquement, dans les années soixante, la messe n’a plus été fréquentée que par une minorité. Pourquoi ? Peut-être parce que, dans certains pays, il existe un décalage important entre la hiérarchie conservatrice et le peuple chrétien ?

La suppression de la règle du célibat des prêtres entraînerait-elle un changement significatif ? Cette règle n’existe que depuis le XIe siècle. Pourquoi a-t-elle été imaginée ? Parce que les prêtres mariés étaient de mauvais prêtres ? Non ! En fait, les prêtres ne sont pas des moines et, depuis un ou deux ans, Mgr de Kesel s’est déclaré favorable à l’idée d’ordonner des hommes mariés. Ce serait un bon début même si ces prêtres devaient parfois reconnaître qu’ils sont débordés comme c’est le cas pour nombre de nos concitoyens, n’en déplaise à D. Janthial.

Les hommes mais aussi les femmes

Tout récemment, dans l’avion qui le ramenait du Panama, François a fini par reconnaître que des hommes mariés pourraient à la rigueur devenir prêtres pour être envoyés dans les régions où le manque de prêtres est véritablement criant. Il ne l’a dit qu’avec une sorte de réticence… alors que, en Belgique et ailleurs, le nombre de prêtres mariés est important ! Ces prêtres sont le plus souvent désolés d’avoir été exclus injustement et seraient heureux de reprendre leur ministère.

Et pourquoi ne pas ordonner des femmes comme c’est le cas depuis longtemps chez les Protestants et les Anglicans ? Les femmes ne sont-elles pas les égales des hommes ? L’opposition de la hiérarchie catholique à ces changements témoigne du fait qu’elle est fondamentalement opposée à la sexualité qui est pourtant un fait !

En septembre dernier, les évêques catholiques d’Allemagne ont annoncé un processus de "discussion ouverte 'sur le célibat des prêtres et la morale sexuelle de l’Eglise'".