Certains disent que l’énergie éolienne est bruyante, peu productive, voire inutile. Comment réagissez-vous à ce genre de propos ? Je vais insister sur le point majeur de ces attaques : inutile. Il faut savoir que ces personnes se basent sur des chiffres et des raisons incorrects. Elles partent d’une théorie fausse selon laquelle l’énergie éolienne ne tournerait qu’à 20 % du temps à puissance optimale. Alors qu’en réalité, elle tourne à 90 % du temps. Pour vous expliquer leur théorie, je vais utiliser l’image d’un barrage. Selon elles, l’eau du barrage serait lâchée en une fois, engendrant une surproduction électrique importante et presque inutilisable, suivie d’une période où l’énergie serait insuffisante car il faudrait attendre que le barrage se remplisse à nouveau d’eau. Ce n’est pas comme cela que ça se passe évidemment : on lâche progressivement l’eau. Mais, ces personnes se basent là-dessus. Alors qu’en plus, l’énergie éolienne est utilisée en priorité. C’est le cas de toutes les énergies renouvelables. Ensuite, l’énergie est régulée par les centrales à gaz suivant la demande. Leur théorie est le résultat d’une méconnaissance totale du fonctionnement du marché de l’électricité.

Les habitants proches des parcs à éoliennes souffriraient de divers maux dont des insomnies… Ça, c’est leur analyse. Nous avons fait un sondage en collaboration avec la Région wallonne auprès des riverains vivant près des parcs et seulement 4 % d’entre eux seraient défavorables aux éoliennes. Maintenant, je n’ai pas connaissance de plaintes réelles, mais si c’est vrai, elles ne sont que très anecdotiques. Toutes les mesures sont prises. Au niveau du bruit, qui est la crainte la plus fréquente, les normes sont strictes. C’est limité à 40dB dans le jardin du riverain. Ceci équivaut à une bibliothèque. S’il y a des plaintes, elles doivent provenir des 4 % de furieux contre les éoliennes.

Ne serait-il pas mieux de construire les éoliennes en mer ? Là où il y a plus de vent et pas de population ? Nous, notre principe est que d’ici 2015, l’énergie utilisée en Belgique provienne à 100 % d’énergie renouvelable. Il faut tirer profit en répartissant le plus possible les centres éoliens. L’idée est que ce n’est pas l’un ou l’autre mais bien l’un et l’autre. Il ne faut pas se limiter à l’énergie en mer. Bien sûr qu’il y a plus de vent, mais il faut exploiter au maximum les ressources offertes. Et puis, ce sont des grands édifices à construire dans un environnement hostile. Il est très difficile de le faire. Nous pensons qu’il sera possible d’ici 2030 d’utiliser de l’énergie provenant exclusivement des mers, mais le défi climatique, c’est aujourd’hui. C’est maintenant qu’il faut créer des énergies alternatives.

L’éolien pour remplacer le nucléaire : possible ? Non, les éoliennes seules, jamais ! L’éolien reste une production qui varie fortement et il en faudrait beaucoup pour remplacer les centrales nucléaires. Non, il faut remplacer par une combinaison entre les différentes énergies alternatives : l’éolien dans le Nord, le solaire au Sud, etc. Et, à terme, le nucléaire pourra être entièrement remplacé.