Une opinion de Laetitia d'Oultremont, lectrice de LaLibre.be.


Force est de constater que, socialement, quelque chose ne tourne pas rond autour de nous. Alors, bien sûr, installés dans nos canapés douillets à regarder les informations à la télévision ou dans d’autres médias, il nous est bien confortable de critiquer nos dirigeants politiques, notre système scolaire, le laxisme, la bêtise des uns et des autres, la politique étrangère, celle de l’immigration, les relations internationales et de constater vainement avec un sentiment de désolation à quel point notre monde est dégradé … Mais lequel d’entre nous est-il réellement allé balayer devant sa porte ?

Pour améliorer les choses, ce n’est pas nouveau, il faut commencer par changer notre propre regard sur l’ « autre ».

De tous côtés, surgissent des appels à la tolérance, au respect des cultures. Et c’est là qu’à mon sens s’est immiscée une confusion majeure.

Une confusion entre le concept de tolérance et celui de l’altérité.

La tolérance est confortable, L’altérité l’est moins.

La tolérance donne bonne conscience. C’est plutôt facile. Il « suffit » d’accepter l’ « autre » dans ses différences, de le reconnaître comme tel. La tolérance ne risque rien. La tolérance ne pousse pas à la remise en question. La tolérance nous permet de vivre de manière juxtaposée.

L’altérité, quant à elle, est dérangeante. Elle s’impose à partir de l’expérience. Celle-ci est profondément inconfortable car induit un « heurt » qui, par effet de retour permet de sonder les partis pris implicites de notre propre pensée conditionnée par notre contexte historico-culturel. Chercher à comprendre l’ « autre » dans ses particularités nécessite une prise de recul vis-à-vis notre propre façon de penser. Cela permet de faire ressortir l’hétérogénéité propre à chaque culture.

L’altérité nécessite la rencontre de l’ « autre ».

Il ne suffit plus de se tolérer, il faut se rencontrer.

Sortir de cet « ethnocentrisme » dans lequel nous nous enfermons.

Parce l’« ethnocentrisme » voire, dans notre cas, l’« occidentalo-centrisme » crée une vision hiérarchique de l’ « autre » et induit des rapports de force entre une culture valorisée d’une part (la nôtre) et une autre dévalorisée qui est, par définition, celle de l’ « autre ».

Certes, la véritable possibilité de connaissance de l’altérité culturelle sera toujours relative et conditionnée par notre appartenance à un horizon historico-culturel, néanmoins il nous est possible de rencontrer et d’entrer en relation - interaction avec des membres de cultures différentes.


Alors, chers compatriotes, REPARLONS-NOUS dans la rue, dans le métro, dans les marchés, dans les salles d’attente, à l’arrêt de bus, sur un banc au parc… n’ayons pas peur de nous parler, pour que l’humanité reprenne vie.