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En 1995, Jacqueline Harpman publiait «Moi qui n'ai pas connu les hommes». Un roman où, à la suite d'une catastrophe inconnue, se retrouvent seules rescapées quarante femmes dont une enfant.

Que pense l'écrivain de l'hypothèse du professeur d'Oxford, Brian Sykes: celle d'un futur sans hommes? «Alors ça, il faudrait que je m'isole 6 mois sur une île déserte pour réfléchir à une telle hypothèse. Cela me semble bien loufoque, ou à tout le moins sinistre.»

Théoriquement, l'hypothèse tient pourtant la route. «Alors, et même en imaginant que les femmes aient trouvé une méthode de reproduction entre elles, c'est tout simplement la fin de l'Humanité.» La psychanalyste parle: «Tout change puisque toute notre vie psychique est construite sur le fait qu'existent deux sexes.» «L'avantage, rigole-t-elle, est qu'on sera arrivé enfin à l'égalité des sexes!»

Pour un monde plus calme, moins violent, comme le suggère le généticien anglais? «Alors ça, ce n'est pas certain du tout. C'est prôner que la violence est avant tout masculine. Alors qu'elle appartient pourtant aussi aux femmes. Le goût du pouvoir n'est pas le fait d'un seul sexe. Non, non, on n'est pas sauvé. Nous sommes en effet actuellement dans la suite d'une civilisation dominée par les hommes. Mais ce n'est pas lié au sexe, mais au désir de posséder.»

© La Libre Belgique 2004