Opinions Cette année encore, je me détournerai de l’effrayante croix de Pâques, lui préférant la lumière du printemps. Ma foi se bloque aux portes du jardin de Gethsémani. Des lecteurs s’en agacent et me demandent : pourquoi ne pas nous rejoindre ? Voici ma réponse… Une chronique de Xavier Zeegers.

Seigneur, je ne sais pas qui vous êtes, bien que Jésus m’ait parlé de vous Si je dois dire tu, ou Vous, ou ce quelque chose de plus grand que nous

Qui serait l’intelligence en mouvement, cachée par d’éblouissants repères

Qui m’échappent. Je sais juste que la science, vaste filet lâché dans l’univers

Me dit que la terre est ma mère, et le soleil notre créateur dans le ciel

C’est certainement très incomplet, mais déjà ne manque pas de sel !

Qui plus est ses apôtres magnifiques, Lemaître, Reeves, ou Trin Xuan Tan

M’expliquent que tout part de l’atome primitif, dit familièrement big bang

Et que bien avant eux, un certain François d’Assise, en Ombrie

Pressentit déjà qu’il nous faut rendre grâce au vent ou à la pluie

Et si comme le disait Hugo : priez, votre prière en sait plus long que vous

Je crois que vivre c’est d’abord admirer sans chercher à comprendre tout

Je me refuse dès lors à vous quémander quoi que ce soit

Car cette tentation n’a décidément rien d’un acte de foi

Je fais juste ce que je peux, même si ce n’est presque rien

Si je fais le bien, alors tant mieux, je me sentirai bien

Si je fais le mal, il est possible que je me sentirai mal

Et voilà déjà tout, qui me suffit en matière de morale

Cela étant, quand je contemple les étoiles comme il faut

Sache qu’elles me suffisent déjà, en guise de Très-Haut

Si Jésus est Ton fils, et qu’il existe encore d’autres terres

J’espère qu’il a des milliers, voire des milliards de frères

Qui furent accueillis comme des Rois

Plutôt que d’être cloués sur des croix

J’aimerais juste croire qu’il y a plus d’énergie dans nos gestes fraternels

Que parmi les galaxies, atomes, quarks, et autres forces gravitationnelles

Qu’aimer et être aimé, ces choses délicieuses que rien n’explique

Valent plus que les grands-messes et nos discours métaphysiques

Et si tes saints, cardinaux, prêtres ou diacres me disent avec ardeur

Que je peux vivre dans l’assurance que Jésus est bien mon sauveur

Permets-moi de n’espérer au fond qu’une seule chose

Juste une réponse à la vraie question que je me pose :

Toutes ces peines, pleurs et malheurs qui nous englobent

Faisant qu’à ta voix je tends plutôt l’oreille au cri de Job

Dis-moi donc que tout s’explique, y compris les malheurs

Car ce sont eux seuls qui m’ont détourné de toi, Seigneur !

(1) : xavier.zeegers@skynet.be