Une opinion de Quentin Poncelet, citoyen engagé.

Si la plupart des crises sociétales que nous avons connues ces dernières années comme l’affaire Dutroux, la crise de la vache folle, les attentats de Bruxelles et de Paris ou encore, plus récemment, le scandale du SIAMU de Bruxelles auront suscité la colère, l’indignation et très souvent la création d’initiatives citoyennes fortes et de mouvements de solidarité remarquables entre les habitants de ce pays, je suis par contre plus partagé sur le fait qu’elles auront contribué à faire "évoluer les mentalités". Dans certain cas, oui, mais pas systématiquement.

Pour ce qui est de la crise sanitaire que nous connaissons actuellement, je crois qu’il est encore trop tôt pour pouvoir l’affirmer et j’attends de voir dans quelle mesure celle-ci va générer de réels changements sociétaux en vue d’aller vers une société plus juste et plus égalitaire.

Qu’en sera-t-il de nos gouvernants ? Seront-ils suffisamment attentifs à cette nécessité de replacer réellement « l’homme » (au sens philosophique du terme) au centre des politiques publiques et, plus largement, au centre de la cité ?

Vers moins d'intervention de l'Etat

Remettre l’homme au centre de la cité implique une remise en cause de la gouvernance actuelle à savoir, toujours moins d’intervention de l’Etat. Il s’agit au contraire de redonner tout son sens à la notion d’Etat providence qui privilégie la défense de l’intérêt général. Je pense tout particulièrement à la nécessité de mettre enfin en place des politiques de mobilité novatrices, ambitieuses et courageuses pour ce pays.

Remettre l’homme au centre des politiques publiques, c’est tendre vers plus de justice et plus d’égalité et c’est aussi s’assurer le maintien d’une certaine paix sociale sur le long terme.

Nous aurons besoin d'une révolution "humaniste"

Des discours s’élèvent un petit peu partout concernant la nécessité de refinancer les soins de santé, mais est-ce réellement suffisant ? A mon sens non. La revalorisation et plus largement, la reconstruction des services publics passera d’abord, selon moi, par une révolution que je qualifie "d’humaniste". Dans le cas précis des infirmières, il s’agit, en plus d’augmentations salariales immédiates qui sont indispensables, de revaloriser également leur fonction en prenant en compte toute l’importante dimension humaine propre à leur métier. Elles ainsi que tout le personnel soignant en général, ont dans leur bagage des qualités humaines fantastiques qui sont indispensables à l’exercice de leur profession et qui doivent absolument être reconnues d’une manière ou d’une autre, et autrement que par de belles promesses politiciennes. Si j’évoque le cas précis des infirmières ici, il me semble qu’il en va de même pour les enseignants ou encore pour les artistes par exemple.

Remettre l’homme au centre de la cité, c’est reconnaître à nouveau toute l’utilité sociétale de ces professions, parmi d’autres, qui créent un type de richesse qui ne peut être réduite uniquement à de la valeur marchande, tant elle contribue de manière substantielle et indispensable à la création et au maintien du lien social.

Je souhaite donc que nous allions vers un changement de régime qui soit radical, et quand j’utilise le mot radical, je ne signifie pas, par exemple, qu’il faille mettre notre système capitaliste par terre "façon extrême gauche" mais plutôt qu’il faille le transformer, le repenser en profondeur, avec courage et ambition, de manière à ce qu’il profite un maximum à la collectivité, et dans le respect de ce que la planète nous a donné.