Cheffe engagée, propriétaire du restaurant qui porte son nom à Bruxelles et de la marque traiteur La Bonne Étoile, Isabelle Arpin a profité du confinement pour développer son offre caritative envers plusieurs associations bruxelloises et des services dans les hôpitaux, auxquels elle sert des plats avec l’aide de plusieurs partenaires. À son tour, elle regarde 2021 avec espoir, et partage son optimisme avec Dominika Herzig, son associée, en charge du développement et de la gestion de ses projets.

Propos recueillis par Bosco d’Otreppe

Nous ne pouvons pas être pessimistes. Nous devons nous l’interdire. Nous vivons en effet une époque hors du commun, et le pessimisme y est devenu un luxe dangereux. En tant qu’êtres humains, femmes, mamans, entrepreneuses, nous devons aller de l’avant, nous mobiliser, avancer et appuyer notre foi sur ce qui nous est le plus cher : notre famille, nos idéaux, nous-mêmes, la société. L’optimisme est notre moteur.

Au début du deuxième confinement, nous nous sommes dit qu’il fallait envisager la situation de manière nouvelle, et nous organiser comme si elle allait durer longtemps. Notre jeune équipe, très marquée par le premier confinement, nous a suivies. C’est donc avec une énergie de groupe, soutenues par nos clients, nos partenaires que nous avons pu poursuivre notre activité de traiteur, mais aussi nos actions sociales et caritatives envers les hôpitaux et les associations. Si la situation, pour les plus précaires, a empiré, enserrant de nombreuses nouvelles personnes dans le filet de la pauvreté, nous avons pu observer que la crise a révélé la générosité, le souhait de nombreux Belges de se fédérer pour soutenir les plus fragiles et les plus isolés. Cette énergie solidaire déployée par beaucoup est à souligner et permet d’appréhender la suite avec espoir.

L’importance de la gratitude

La crise nous a également invitées à retrouver l’essentiel. La cuisine est pour cela un vecteur primordial. Qu’un plat soit servi dans l’assiette d’un restaurant gastronomique ou apporté à une personne dans la rue importe peu. L’important est de goûter à ce que nous recevons. Il s’agit d’une posture qui nous aide dans la vie. Plus concrètement, le goût et la saveur font rejaillir des souvenirs, procurent du plaisir, éveillent nos sens, nous permettent de nous retrouver.

Profitons de ce réveillon pour nous délecter de peu. Achetons ce qu’il nous faut, pas davantage. Partageons un moment à table avec nos proches, mais soyons vraiment présents, attentifs à eux. Éteignons nos téléphones, ce qui peut nous déranger, et concentrons-nous sur ceux qui partagent notre table, sur l’essentiel. Si l’on respecte ce que l’on mange, si l’on soigne la manière dont on le goûte, on fera déjà un fameux pas en avant.

Le potage, plat de l’année

Que retiendrons-nous encore de cette année ? Sans doute un plat. Pour distribuer la nourriture dans les hôpitaux ou les associations, où il faut manger vite et bien, pour la partager dans la rue, nous avons dû réinventer nos présentations. Nous avons alors concocté plusieurs potages nourrissants et savoureux, d’inspirations asiatiques. Très vite, nous avons reçu des remerciements de la part des infirmiers et infirmières. Mais certaines personnes de la rue ont aussi retrouvé notre adresse et ont déposé des messages de gratitude dans la boîte aux lettres de notre restaurant. Cela nous a énormément touchées. Ce fut un magnifique cadeau qui aura marqué cette année si particulière et qui nous donne de l’espoir. Ces potages vont rester et seront servis en plusieurs endroits durant cette nuit de la Saint-Sylvestre.