Opinions

La candidature de Hendrik Vuye, professeur à l'université de Namur et constitutionnaliste flamand, aux prochaines élections sous la bannière de la N-VA a beaucoup fait parler cette semaine. À tort? Une opinion de Martin de Brabant, étudiant en 3e BAC Droit à l’UNamur et conseiller communal MR-IC à Rochefort (titre et chapeau sont de la rédaction).


"Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai pour que vous ayez le droit de le dire" (une citation faussement attribuée à Voltaire, mais qu'on doit en réalité à Evelyn Beatrice Hall, auteur d'un ouvrage sur le célèbre philosophe des Lumières en 1906, NDLR)


Cette maxime est peut-être importante à rappeler suite au JT de la RTBF de 13H de ce vendredi 7 février 2014 consacré au choix du professeur de droit à l’UNamur Hendrik Vuye, candidat N-VA en Brabant flamand. Les journalistes de la Une n’en sont pas à leur coup d’essai. Une attaque en règle avait déjà eu lieu en 2012. Les étudiants n’avaient pas tardé à réagir. Cette année-là, il avait remporté haut la main le "Poullet d’or", titre attribué par les élèves à leur professeur le plus apprécié (en référence au nom du recteur de l'UNamur, M. Yves Poullet, NDLR). Et comme en 2012, cette année, les étudiants se manifestent, notamment sur les réseaux sociaux pour défendre leur enseignant.

Un professeur d’université n’aurait-il soudain plus le droit de faire de la politique? Le problème ne s’est jamais posé pour les Daems, Delperée, Reynders, Wathelet, Magnette et consorts.

Une télévision publique doit-elle réellement consacrer 4 minutes 37 (sur un total de 36’) à un reportage pour un "Vuye-bashing", un "N-VA-bashing"? Certes nous ne sommes pas obligés de partager l’opinion de cet homme, de ce parti, moi en tête. Mais n’est-il pas du devoir de tout démocrate de défendre la liberté de penser, de laisser à chacun le droit de s’engager, d’affirmer sa position ?

La Fédération Wallonie-Bruxelles serait-elle devenue une communauté où seule la pensée unique est tolérée?

Par cette diabolisation du personnage, la RTBF n’est-elle pas en train de créer une victime de l’intolérance francophone, un caliméro flamand qui ne pourrait que bénéficier à ce parti qui semble tellement la déranger?

Le titre du reportage m’interpelle aussi, "polémique", alors que l’on parle d’un professeur dont la chaire n’est pas remise en cause, qui fait la presque unanimité auprès de ses étudiants et qui n’a pas perdu le soutien du corps académique. Où est la polémique? La Une cherche elle à créer cette polémique? Dans quel but?

Des hommes se sont battus pour la liberté de la presse à laquelle nous devons rester attachés, mais n’oublions pas que tout citoyen, tel M. Vuye, ont aussi une liberté d’expression, de pensée, de se présenter à l’électeur…