L’année qui se termine a été riche en débats d’idées. Nous vous proposons de les balayer au cours de cette dernière semaine de 2016. Pour commencer, honneur aux illustrateurs qui accompagnent nos opinions au quotidien. Nous avons demandé à chacun de sélectionner le dessin qu’il retiendra de ces derniers mois. Leurs coups de crayons nous parlent des femmes, de Trump, de notre rapport aux médias, du Brexit et du drame des migrants.


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“C’est une illustration qui me tient particulièrement à cœur pour cette année révolue. Elle parle du dialogue, du partage et, bien sûr, de l’égalité entre femmes quelles que soient leurs cultures ou pratiques religieuses.” Julie Graux (pour illustrer “Citoyennes, féministes et musulmanes” d’un collectif de femmes le 16 septembre 2016)


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 “Sommes-nous devenus complètement abrutis ? Cette vague perpétuelle d’infos qui nous éclabousse dorénavant à chaque connexion sur nos devices nous empêcherait de réfléchir plus en profondeur et pire, de faire des choix, les nôtres, fussent-ils parfois les moins bons, voire les pires. Informer, c’est faire des choix disait l’aphorisme. Encore faut-il que la fourmilière du monde-point-com lui laisse remplir son rôle sans que les haters, conspirationnistes, trolls et anti-presse de la fachosphère ne viennent ronger les commentaires des articles comme des termites pourrissent le bois. Il faut donc une bonne dose de cerveau aujourd’hui pour ne pas avaler tous ces bobards volant tout autour de notre info. Toutes ces ‘breaking news’ avec comme seul contenu des boucles d’images ou de phrases plus courtes qu’un tweet. On veut tout voir avant de comprendre. Devoir attendre quelques heures pour en savoir un peu plus devient un luxe. En bon privilégié que je suis à dessiner pour la presse – et donc à la lire – je me suis fait plaisir à déformer l’info-pardon : le bras ! A exagérer le contenu-pardon : le regard ! A engluer la parole-oops le clavier ! Histoire de croire que l’on peut jongler avec autant de fenêtres ouvertes en même temps. Génération fast-food de l’info qui arriverait à se casser des dents à trop s’y goinfrer sans digérer. Cerveau, reviens, c’est pour rire !” Vince (pour illustrer “Sommes-nous en train de devenir complètement abrutis ?” de Christophe Ginisty, le 25 juin 2016)


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 “Avec ce dessin paru le 26 février 2016, j’ai voulu montrer la Grande-Bretagne qui se voile la face avec le Brexit avec comme conséquence le détricotage de l’Union européenne.” Philippe Joisson (pour illustrer “Brexit : la Grande-Bretagne se voile la face, l’UE est aveugle” de Bernard Keppenne, chief economist à la CBC Banque. le 26/2/2016)


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 “En Europe, le harcèlement sexuel touche une femme sur deux et parmi celles de plus de quinze ans, une sur vingt a été violée. Le texte à illustrer est un plaidoyer, suite aux événements de la nuit de la Saint-Sylvestre à Cologne, pour fournir aux victimes de tels crimes les outils, le soutien et le conseil nécessaires. Comme aurait pu le faire La Fontaine dans une de ses fables, l’illustration choisit l’analogie pour dénoncer la bestialité humaine.” Serge Dehaes (pour illustrer “Je veux que les Européennes se sentent en sécurité” de Vera Jourova, membre de la commission européenne pour la justice, le 8 mars 2016)


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“Le texte à illustrer montrait comment notre façon de consommer les médias d’aujourd’hui nous expose à une immédiateté émotionnelle vis-à-vis de l’actualité. On parlait aussi de l’impact de la vidéo, véhiculant plus de slogans qu’autre chose. Je ne sais pas si l’on peut affirmer que l’écrit a fait son temps. Mais aujourd’hui, l’issue de la campagne électorale aux USA est connue… Pour ce dessin, j’ai fait, comme j’aime souvent le faire, un clin d’œil à l’histoire des images en parodiant une miniature persane. On reconnaît Donald Trump et un leader populiste britannique dont j’ai oublié le nom. Ce ne sont pas des anges.” Blaise Dehon (pour illustrer “La trumpisation du monde” du 11 octobre 2016)


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“En résumé je reprendrais une phrase de l’article : ‘Les dirigeants mondiaux auront-ils le culot de débiter des platitudes pendant deux jours tout en s’abstenant d’agir alors que des dizaines de milliers de réfugiés syriens sont bloqués dans le désert ?’ Et nous, confortablement assoupis… une petite boule à neige à nos pieds, symbole très disproportionné, reflet de la mesure de notre préoccupation.” Olivier Poppe (pour illustrer “Des réfugiés abandonnés dans un no man’s land” de Salil Shetty, secrétaire général d’Amnesty International, le 19/9/2016)