Une opinion de Paul Bosmans, au nom de l’ASBL BE2030-United for Belgium.

La ministre de l'Intérieur et des Réformes Institutionnelles, Annelies Verlinden (CD&V), plaide pour la poursuite de la division du pays avec avec deux entités fédérées (Flandre et Wallonie) complétées par les sous-régions de Bruxelles et de l'est de la Belgique. L’idée n’est pas neuve et malgré l’évidence que les "réformes de l’État" successives depuis 50 ans, ont entrainé notre pays dans un chaos constitutionnel, notre ministre propose de poursuivre dans la voie de la division. Nous disons: arrêtez de prendre les Belges en otage de vos "expériences" institutionnelles et rendez la Belgique à ses citoyens.

Mme Verlinden affirme qu'elle recherche un consensus, "sans tabous". Mais curieusement, elle est la seule à constater "un enthousiasme des deux côtés de la frontière linguistique".

Elle pense que son idée "peut simplifier les choses" et "crée de la clarté", mais elle ne précise pas si les compétences doivent être transférées au niveau national ou aux structures régionales. Au cours des 6 "réformes" qu’a connues la Belgique depuis 1971, notre pays est le terrain de jeux d’apprentis sorciers, qui renforcent leur pouvoir en semant la division et le chaos.

Écouter la voix des Belges

Combien de fois avons-nous entendu dire que la Belgique unitaire ne fonctionnait pas ? Mais pourtant cette Belgique, sans l’idéaliser, fonctionnait bien mieux, offrait de meilleurs services et ponctionnait fiscalement bien moins ses citoyens que le modèle actuel.

Il faut rejeter les tabous du débat. Il faut surtout que les Belges, les citoyens eux-mêmes, y aient enfin une voix. Le vrai changement serait qu’après une accumulation de réformes orchestrées par les partis et dans leurs intérêts partisans, la voix du citoyen serait enfin écoutée.

Les régionalistes et les séparatistes salueront sans aucun doute la déclaration de la ministre. Mais nous rejetons catégoriquement cette fixation qu’ont nos politiciens, de ne voir que la scission, comme solution à leur manque d’inspiration dans la bonne gestion du pays. Nous ne voulons pas de balkanisation de la Belgique.

Un vrai dialogue, pas un simulacre

La question fondamentale est la suivante : sommes-nous attachés à notre pays ou non ? Voulons-nous que la Belgique soit un pays qui offre prospérité, progrès et bien-être à tous ses habitants, sans discrimination et sans réflexes communautaires ? Il est légitime que tous les Belges doivent - enfin - avoir la possibilité de s'exprimer sur ce sujet. Un "dialogue" avec un groupe de citoyens "tirés au sort" sur un sujet aussi sérieux, est une imposture. Il s’agit plus de démagogie que de transparence.

Nous demandons une interaction beaucoup plus intensive avec l'ensemble de la population. Une majorité des Belges ne sont pas en faveur de la régionalisation et de l’opacité dans la gestion du pays qui en découle. Cette majorité aspire à une meilleure gestion de pays, à plus d’éthique en politique et à l'abandon des réflexes communautaires.

De nombreux enjeux sont nationaux

À notre avis, la question clé n'est pas : que voulons-nous encore faire ensemble ? Dans notre pays, qui ne compte que 11,5 millions d'habitants, la question devrait plutôt être : existe-t-il des domaines qui sont mieux gérés à un niveau inférieur ? Nous pouvons tout au plus penser à la culture et même dans ces cas-là, la question se pose de savoir si nous ne devrions pas partir d'une base commune. Mais qu'en est-il de la politique de mobilité? De l’Energie, du climat et de l'environnement ? De la gestion des rivières et des voies navigables ? De la promotion des exportations : nous pouvons certainement vendre la qualité de nos entreprises et de nos produits beaucoup mieux et plus fortement sous le label "Made in Belgium", qu’éparpiller nos moyens dans la promotion marques insignifiantes à l’étranger que son "Vlaanderen" et la "Wallonie". Sur le plan économique, il serait préférable d'élaborer une stratégie visant à dynamiser des centres d’expertises susceptibles d’acquérir une réputation mondiale, quel que soit leur implantation géographique. Cela est non seulement possible, mais aussi bien plus profitable à l’ensemble du pays.

Un nouveau courant Belge, porteur d’avenir

Nos concitoyens attendent de nos politiciens qu’ils œuvrent à développer un pays moderne, stable, et solidaire. Un pays qui sort de son complexe régionaliste et regarde l’avenir avec confiance. Un pays dans lequel la classe politique prend en charge le bien-être de nos jeunes, des personnes âgées, des employés, des indépendants et des entreprises. Un pays bien géré qui puisse dégager les moyens nécessaires pour assurer des prestations sociales de qualité.

C’est la bonne gestion du pays qui permettra de dégager les moyens nécessaires à ces ambitions. Pas la fuite en avant séparatiste.

Cela est possible, sans rhétorique communautaire ringarde, sans repli sur soi, sans opposer des groupes les uns aux autres. Pour reprendre les mots de Dave Sinardet, politologue à l’Université d’Anvers: "S'il existe des courants de fond dans notre pays, il s'avère que sur de nombreuses questions sociales, il n'y a pas tant un courant de fond flamand ou wallon, mais plutôt un courant de fond belge" (*). Ce serait tout à l'honneur des partis politiques de le reconnaître.

>>> BE2030-United for Belgium s’investit pour célébrer le 200ième anniversaire de la Belgique dans l’unité.