La seule manifestation de votre soutien à laquelle les acteurs de terrain ont droit leur est parvenue sous la forme d’un courriel, envoyé ce mardi 23 mars 2021. Vous leur adressez quelques mots d’encouragement et… renvoyez la patate chaude à l’ONE (Office de la Naissance et de l’Enfance).

Une lettre ouverte de Christophe Happe, directeur général de l'Unessa, fédération de l'accueil, de l'accompagnement, de l'aide et des soins aux personnes.

Madame la ministre,

Madame Linard,

Il ne vous aura pas échappé que les perspectives d’un retour rapide à une "vie normale" s’éloignent avec ce qui est de plus en plus qualifié de troisième vague de contamination de Covid-19. Vous n’êtes plus sans savoir que cette crise sanitaire ne fait qu’aiguiser les difficultés et obstacles auxquels le secteur de l’Enfance est soumis en temps normal et lui fait vivre la pire crise de son histoire.

Pourtant, la seule manifestation de votre soutien à laquelle les acteurs de terrain ont droit leur est parvenue sous la forme d’un courriel, envoyé ce mardi 23 mars 2021. Vous leur adressez quelques mots d’encouragement et… renvoyez la patate chaude à l’ONE (Office de la Naissance et de l’Enfance).

Dès lors, nous nous permettons de vous interroger sur les mesures que vous comptez adopter, de manière concrète, pour soutenir le secteur.

La tête sous l'eau

Les acteurs de terrain que nous représentons attendent de vous un soutien infaillible face aux écueils que leurs structures rencontrent depuis plus d’un an. Les dernières mesures financières mises en place pour les aider à tenir la tête hors de l’eau ont pris fin le 31 décembre 2020 pour les services de PSE (promotion de la santé à l’école) et le 28 février 2021 pour les MAE (milieux d’accueil d’enfants). Depuis, nous sommes non seulement sans aucune perspective mais pire encore, sans aucune information sérieuse !

Les coordinations ONE, dont UNESSA fait partie, ont déjà eu l’occasion d’exprimer l’absolue nécessité de prolonger ces mesures d’aides financières. Néanmoins, celles-ci doivent impérativement être annoncées avant la fin des échéances prévues, afin de limiter les inconnues, beaucoup trop nombreuses pour les acteurs de terrain.

Votre Cabinet semblait partager ce point de vue. Aujourd’hui, c’est d’une voix commune que nous voulons comprendre pourquoi, alors que ces besoins ont été exprimés depuis bien longtemps déjà, n’avez-vous aucune mesure solide, durable et respectueuse à proposer au secteur en matière de soutien financier ?

Faute de moyens, les fermetures temporaires ou définitives de MAE se succèdent. Les pertes financières de ceux qui restent actifs ne font que s’alourdir. Les services de PSE ont assuré, et assurent encore pour quelques jours, le tracing Covid en milieu scolaire 7 jours sur 7 pour que les écoles puissent rester ouvertes. Leurs équipes ont travaillé au-delà de leurs limites, confrontées jour après jour à l’inquiétude croissante tant des parents que des directions d’école. Elles ont tout donné. Elles ont besoin d’être renforcées et, pour ce faire, des mesures structurelles doivent être prises pour que leurs missions puissent être assurées dans des conditions décentes, dès que les portes des écoles rouvriront.

Tous, MAE et PSE, font face à un réel sentiment de mépris et d’un manque de considération de la part de votre Cabinet. Il est temps de prendre vos responsabilités et de répondre aux besoins d’un secteur qui se meurt, faute de moyens structurels suffisants !

Nous attendons dès lors des mesures d’aides financières fortes (bien qu’elles ne soient, à elles seules, pas suffisantes), pour assurer la survie de ces structures et leur permettre d’assumer leurs rôles. Ces mesures doivent être mises en oeuvre dans les plus brefs délais et être appliquées avec effet rétroactif !

Enfin, nous insistons pour qu'une collaboration professionnelle, réfléchie et constructive soit garantie entre votre Cabinet et votre administration de tutelle. Il est urgent de penser aux enfants, aux familles et au personnel du secteur, ces acteurs de terrain qui se dévouent au quotidien et jouent aux équilibristes pour assurer leurs missions. Vous nous assurez bien souvent de votre engagement politique envers le secteur… Prouvez-le !

Restant à votre disposition pour concrétiser les demandes exprimées ci-dessus, je vous prie, Madame la ministre, Madame Linard, de recevoir l’expression de mes meilleures salutations.