Une lettre ouverte de Richard Flament (richard.flament@skynet.be), Chantale Noël (chantale_noel@yahoo.fr), Vasso Tseka (vasso.tseka@gmail.com) et Vincent Strebelle (vstrebelle@gmail.com), plasticiens, à Sophie Wilmès.

Madame la Première ministre,

Dans notre démocratie, il y a une communauté citoyenne totalement laissée pour compte plus encore depuis la pandémie qui a bouleversé le monde.

Cependant, elle est un élément fondamental de notre quotidien, en produisant et participant au bien-être général sur le plan culturel et financier. Elle est et reste un des éléments mémoire de la grandeur d’une nation qui façonne les civilisations et que les enfants découvrent dans les écoles, dont parlent les anciens et qui produit leur futur et la fierté d’y appartenir…

Nombre de plasticiens vivent sous le seuil de pauvreté et mènent une vie misérable, alors qu'ils sont à la base des pensées nouvelles, tout en étant isolés, ils confortent nos libertés.

Tous les signataires de cette lettre le savent.

"Nous sommes des fournisseurs de rêves, mais notre quotidien est très éloigné de la vie de rêves".

Un statut qui protège

Certains d’entre nous méritent un soutien inconditionnel : les sculpteurs, les graveurs, les peintres, les artistes photographes et tous plasticiens que leurs activités courageuses n’ont pas encore ou n’auront pas de leur vivant reçu la reconnaissance des représentants de notre société.

S’ils disparaissent, c’est une part de nous qui s’éteint, ils sont la mémoire de notre vécu, de nos aspirations, de ce monde d’émancipation qui nous plait.

Alors, établissons un statut qui les protège de la misère afin qu’ils puissent exister dignement dans l’espace de nos sociétés, en signe de respect légitime de nos fascinations, notre fantaisie et notre intelligence qu'ils suscitent.

Dans ce but, les signataires préconisent que les dispositions suivantes seront adoptées en urgence, car la précarité est en état critique de survie :

- Une reconnaissance spécifique de leur action, activité artistique, de leur actualité et mise en disponibilité au public de l’historique de l’auteur (à l’usage d’historiens, de chercheurs, …)

- Un soutien financier mensuel décent.

- Un statut d’artiste protégé par des mesures fiscales appropriées, liées aux secteurs public et

privé (mécénats,…)

- Une protection et un suivi culturel qui émancipent leurs actions (accès à tous les événements

d’art, expositions, musées par un laissez-passer illimité).

- Qu’un pourcentage des rétributions et profits généré par les oeuvres des artistes anciens exposés, publications, vente d'oeuvres d'art… mondialement reconnues, servent à alimenter un fonds d’aide public.

- Une protection des espaces, ateliers spécifiques à la profession d'artistes plasticiens, et maintenus à usage exclusif du travail.

- Allocations d’une indemnité pour les artistes plasticiens dont l’exposition de leur production a eu lieu pendant le confinement (à l’instar de nos galeristes qui ont été indemnisés).

Dans cette attente, veuillez croire Madame la Première Ministre, en nos sentiments les meilleurs.