Une opinion de Fanny Poncelet, 14 ans, élève en 3e secondaire à Wavre.

C’est en tant qu’élève du secondaire que j’ai décidé d’écrire afin de dénoncer la souffrance que vivent de nombreux élèves au sein des écoles belges. Ce courrier n’est pas contre mon école mais contre le système scolaire belge.

En Belgique, trop d’écoles ressemblent à des prisons. Non seulement à cause de l’environnement physique, mais également à cause de l’attitude d’éducateurs qui, par exemples, utilisent un sifflet pour que les élèves se mettent en rang, obéissent et se taisent. Nous ne sommes pas du bétail !

En Belgique, trop d’écoles oublient de s’adresser à nous comme à des êtres humains, chacun différent, chacun unique. Nous ne sommes pas juste des élèves. Il existe encore trop d’écoles qui ne nous prennent pas au sérieux !

En Belgique, trop d’écoles n’ont pas l’air de savoir qu’il existe différents types d’intelligence. Des élèves, intelligents, perdent confiance en eux car ils sont rabaissés par de mauvaises notes et les commentaires qui vont avec. C’est insupportable !

En Belgique, trop d’écoles pensent encore que nous gaver de matière à retenir par cœur et à vomir quand on nous le demande est utile pour nous. Alors je vous le dis : cela n’a aucun sens, on oublie tout !

En Belgique, trop d’écoles cultivent encore la peur : peur de mal faire, peur de se tromper, peur d’être moqué… Nous voulons vivre nos apprentissages sans peur et si possible avec bonheur !

En Belgique, trop d’écoles nous demandent de penser tous pareil, et si possible comme le professeur. Mais nous voulons pouvoir penser et nous exprimer librement !

En Belgique, trop d’écoles oublient de laisser une place à la fantaisie, au rêve, à la créativité et à l’innovation. Trop d’écoles fonctionnent dans le déni de la réalité du monde actuel. Nous avons le sentiment qu’on nous prépare pour une société passée, qui n’existe plus. Les robots que les écoles sont en train de formater seront-ils capables de faire face aux défis à venir ? Accompagner le développement de la créativité de chacun est indispensable !

En Belgique, trop de professeurs sont enfermés dans ce système agonisant et ceux qui tentent d’en sortir sont pour moi des héros négligés. Pourquoi notre société ne comprend-elle pas que le métier de professeur est le plus important du monde. Nous avons urgemment besoin de professeurs passionnés et compétents qui nous aident à nous préparer à faire face au futur incertain qui est le nôtre.

On m’a toujours dit que quand quelque chose n’allait pas je devais le dire, je ne devais pas attendre les bras croisés que ça passe. J’ai compris qu’attendre ne sert à rien, que le déclic doit venir de nous, qu’il faut agir ici et maintenant, être heureux ici et maintenant, aussi à l’école !

(1) : Titre de la rédaction.