Une opinion d'un "directeur qui se sent abandonné".

Selon la définition, une marionnette est un petit personnage (de bois, de carton, de tissu) qu’une personne, la plupart du temps cachée, manipule à l’aide de fils. C’est aussi une personne sans caractère qu’on fait agir à sa guise.

Une marionnette, c’est bien comme cela que se sentent la plupart des équipes éducatives en s’éveillant (pour peu qu’elles aient dormi) ce matin. Une marionnette avec laquelle on joue jusqu’à ce qu’elle se brise.

Nous ne comptons plus les heures passées à essayer de contacter chaque parent pour les informer des décisions prises par les experts et le conseil de sécurité.

Nous ne comptons plus les démarches entreprises auprès des différents partenaires pour assurer un nettoyage optimum des locaux utilisés.

Nous ne comptons plus le temps passé à aménager les infrastructures afin de respecter des règles sanitaires pratiquement plus importantes que dans les hôpitaux.

Nous ne comptons plus les coups de fil, les mails envoyés et les vidéoconférences organisées pour satisfaire aux exigences.

Nous ne comptons plus les discussions avec les conseillers en prévention et les instances de concertation pour vérifier si ce qui est mis en place correspond bien à la check-list dressée.

Nous ne comptons plus non plus les sommes dépensées pour mettre nos écoles aux normes (gel, masques, gants, bâches, mobilier…).

Nous ne comptons plus les heures de sommeil manquantes à cause du stress engendré par toute cette mise en place.

Et voilà que, d’un coup de baguette magique, on découvre, qu’en deux semaines, les mesures prises ne sont plus nécessaires ; on apprend aussi qu’il est possible de se regrouper en classe à plus de 20 sans distanciation sociale alors que les plaines de jeux en plein air sont limitées à ce nombre.

Messieurs et mesdames les ministres, où est la cohérence dans tout cela ?

Alors, même si une marionnette est un objet inerte, celles avec lesquelles nos dirigeants jouent ont un cœur et une âme qui n’en peuvent plus d’être pris pour des pantins par les élites politiques.

Un directeur qui se sent abandonné.