"Nous soutenons Cécile Kyenge, victime de propos racistes outranciers"

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Une lettre ouverte de 17 ministres de l'Union européenne.


Nous, ministres européens en charge de la lutte contre le racisme (1), nous sommes venus, à Rome, ce lundi, sur proposition de la Belgique, pour témoigner de notre soutien à la ministre italienne en charge de l’Intégration, Cécile Kyenge, victime de propos racistes outranciers, ainsi que pour promouvoir la déclaration de Rome et la lutte contre la xénophobie et l’intolérance.

En effet, la xénophobie et l’intolérance sont encore trop présentes en Europe. Les partis populistes prennent de l’ampleur dans de nombreux pays européens et leurs messages sont empreints d’idées xénophobes, nationalistes et protectionnistes. Certains partis politiques au sein de l’Union européenne expriment ouvertement leur haine de l’“autre”, qu’il soit rom, juif ou musulman, bref à l’égard de tout individu qui diffère de la norme.

La xénophobie et la haine de l’“autre” ont alimenté les guerres en Europe pendant des décennies, voire des siècles. Nous avons malheureusement pu en voir des signes avant-coureurs par le passé. Mais nous ne pouvons pas risquer de payer le prix de l’inaction. Ceux qui défendent l’ouverture d’esprit et la tolérance ne se font pas suffisamment entendre. En tant qu’Européens, en tant que démocrates, en tant qu’individus profondément engagés dans la sauvegarde des droits de l’homme, nous avons le devoir de relever ce défi et de défendre les droits des individus et la démocratie. Chaque jour, nous devons promouvoir une société ouverte et tolérante, une société européenne de la diversité réussie.

La ministre de l’Intégration, Cécile Kyenge, défend avec détermination les droits de l’homme et lutte activement contre l’intolérance. Elle a elle-même été victime de xénophobie et d’intolérance, des actes inacceptables sur le plan personnel, mais aussi dans la mesure où ils ont pu être perçus comme une atteinte à la démocratie.

En tant qu’Etats membres de l’UE, il nous incombe de protéger et de promouvoir les droits de l’homme au sein même de l’Union mais aussi de par le monde. Nous devons être clairs quant à nos valeurs communes telles qu’elles figurent dans le Traité. L’histoire européenne étant complexe et instable, il importe d’insister sur l’importance de protéger les droits de chaque individu et de lutter contre la xénophobie et l’intolérance.

La ministre Cécile Kyenge a fait le choix de défendre ces valeurs. Nous souhaitons suivre son exemple. C’est la raison pour laquelle nous avons signé la Déclaration de Rome, une Déclaration qui condamne les programmes et organisations politiques qui se basent sur le racisme, la xénophobie et des théories de supériorité raciale. Nous demandons instamment à la Commission européenne de proposer un pacte pour une Europe de la diversité, une Europe engagée dans la lutte contre le racisme.

Le plus grand danger pour une société n’est pas le mal commis par les personnes mal intentionnées. Le plus grand danger, c’est quand les citoyens honnêtes se taisent. C’est pourquoi nous nous associons à la ministre Cécile Kyenge pour militer ensemble contre la xénophobie et l’intolérance.



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