Les Flamands, les Bruxellois et les Wallons méritent mieux que les approximations et les contre-vérités qui ont été lancées ces dernières semaines. Ils méritent aussi un gouvernement fédéral qui, avec les gouvernements des Régions et des Communautés, permettra de retrouver le chemin de la prospérité.

D’une manière récurrente, certains affirment ces derniers mois que ce sont les Wallons et les Bruxellois qui, au XIXe siècle, ont malmené la population flamande. C’est inexact. En réalité, la bourgeoisie francophone détenait tous les leviers socio-économiques de tout le pays. Elle dominait tant la population flamande, bruxelloise que wallonne. Le Parti ouvrier belge, ancêtre du PS, créé en 1885, s’est d’ailleurs battu pour les ouvriers, flamands comme wallons, contre cette classe dirigeante toute-puissante. Ainsi, le socialiste Jules Destrée a voté en faveur de la loi reconnaissant l’égalité de la langue néerlandaise en 1898. Les socialistes luttaient déjà pour plus de justice, plus d’égalité sociale et pour le suffrage universel direct.

Certains n’ont de cesse d’opposer les Flamands aux francophones. Comme si nous étions programmés génétiquement de manière différente. Comme si les Flamands étaient par nature "égoïstes" et les Wallons et les Bruxellois "paresseux". C’est absurde! C’est même une faute éthique de la part des responsables politiques quels qu'ils soient, que d’accréditer cette "thèse". Le rôle des responsables politiques flamands, wallons ou bruxellois est d’élever le débat et de ne pas alimenter les clichés. Nous vivons tous, depuis 2008, les mêmes difficultés suite à la crise économique et financière, à cause de l’absence de régulation due à l’idéologie ultra-libérale. Qu’il soit flamand, wallon ou bruxellois, travailleur d’Opel Anvers ou de Brinck’s, un travailleur qui perd son emploi connaît la même détresse !

C’est une évidence : en 10 ans, la Wallonie a changé. Elle est en plein essor ! La Wallonie d’aujourd’hui est différente de la Wallonie d’hier. Cette année, le chômage y diminue pour le 8e mois consécutif ; les exportations ont augmenté de 50% depuis 2002 ; et les PME se développent (+ 3,8% en 2010). Selon une étude internationale de "Cushman & Wakefield", la Wallonie est devenue la Région la plus attractive d’Europe pour la logistique et la distribution. L’"Economist Intelligence Unit", le "fDi Magazine" du groupe Financial Times, la société Ernst & Young ou la banque d’affaires Natixis s’accordent pour souligner la réalité du mouvement à l'œuvre en Wallonie. Et Bruxelles, véritable poumon économique de la Belgique, est le premier bassin d’emploi du pays avec près de 700 000 postes de travail dont plus de la moitié sont occupés par des Wallons ou des Flamands. Bruxelles est 4e dans le classement des meilleures villes d’affaires européennes établi chaque année depuis 21 ans par "Cushman & Wakefield".

Non, les Wallons et les Bruxellois n’ont pas peur de se prendre en main. Nous n’avons pas peur d’assumer de nouvelles compétences. La différence, c’est que nous ne voulons pas régionaliser pour le plaisir de régionaliser, mais bien pour apporter une vraie plus-value aux citoyens de nos Régions. C’est toute la différence entre ceux qui font de la régionalisation un vrai levier économique et ceux qui en font une voie pour le séparatisme.

Nous avons d’autant moins peur d’exercer de nouvelles compétences que, celles que nous détenons, nous les utilisons bien. Regardez les aéroports wallons : l’aéroport de Charleroi est passé de 300 000 passagers, en 2000, à près de 5 millions de passagers, en 2010. Et l’aéroport de Liège est devenu le premier aéroport du pays, pour le transport des marchandises, devant Zaventem ! Le magazine flamand "Trends" dit d’ailleurs que le Plan Marshall, qu’Elio Di Rupo a lancé en 2005, et que le gouvernement wallon met en œuvre avec détermination, est efficace. Les résultats parlent d’eux-mêmes : de nombreuses multinationales, telles TNT, Microsoft, Google, Johnson&Johnson (pharmaceutique) ou H&M, mais aussi des spin-off wallonnes et bruxelloises, telles que Delphi Genetics, Physiol, XDC, GIGA ou encore IBA se sont installées ces dernières années en Wallonie. Quant à la Région bruxelloise, elle a confirmé depuis sa création son statut de capitale internationale et agit comme un véritable levier du développement économique d’une zone qui dépasse largement ses 19 communes.

Certains disent que le PS bloquerait toutes les réformes. Le PS est pourtant le seul parti, avec le sp-a, qui ait négocié et voté les 5 dernières réformes de l’Etat depuis la création de notre pays. Ainsi, c’est grâce aux socialistes que les Ministres du gouvernement flamand sont responsables de compétences importantes, comme par exemple l’économie, l’enseignement, le logement ou la mobilité ! Et le PS était absent en 2007, lors des négociations de l’orange bleue, qui ont abouti à un échec.

Par leur vote, les électeurs flamands ont exprimé leur volonté d’un changement. Mais pour que les choses changent, il faut le courage de conclure un accord.

Le PS, les Wallons et les Bruxellois osent le changement. Nous voulons construire - maintenant ! - une nouvelle Belgique, plus moderne et plus efficace, avec trois Régions plus autonomes et reconnues sur un pied d’égalité. Nous disons oui à un transfert important de compétences, pour que les Régions puissent mener leurs propres politiques. Nous disons oui à une augmentation significative de l’autonomie fiscale des Régions, sans concurrence fiscale suicidaire, ainsi qu’à plus de responsabilisation. Nous disons oui à une solution définitive pour BHV mais nous revendiquons aussi un refinancement structurel de Bruxelles basé sur ses besoins et les richesses qu’elle crée au profit des autres Régions. Nous revendiquons également le maintien des droits des francophones dans les communes de la périphérie. Les francophones ont fait des pas très importants. C’est le caractère paradoxal et dramatique de la situation que nous vivons : tous les éléments sont sur la table pour réussir une 6e réforme de l’Etat parmi les plus importantes qu’ait connu notre pays. Pourtant, certains en demandent toujours plus. Or, qui dit accord dans une démocratie, dit forcément compromis. Mais la N-VA est-elle capable d’accepter un compromis ?

Si nous demandons plus d’autonomie pour les Régions, nous nous battrons aussi pour que l’Etat fédéral ait assez de moyens pour financer la sécurité sociale, les pensions, les soins de santé de TOUS les Belges : Flamands, Bruxellois et Wallons. Pour que l’Etat fédéral ne soit pas asphyxié et qu’il ne soit pas attaqué par les spéculateurs.

La Belgique est-elle vraiment le "malade" de l’Europe, comme le prétend M. De Wever ? Pourtant, pour le FMI, les fondamentaux de notre économie sont meilleurs que ceux de la plupart des pays européens! C’est aussi la Belgique qui a une des qualités de vie les plus élevées au monde. C’est la Belgique qui est classée dans le top 10 des pays investissant le plus dans la recherche pharmaceutique et attirant le plus de personnes diplômées. C’est la Belgique qui est à la pointe du monde sur les sujets éthiques (avortement, euthanasie, procréation médicalement assistée, ). Le PS a de l’ambition pour une Belgique réformée, avec des Régions fortes. Les Flamands, les Bruxellois et les Wallons ont les talents pour que notre pays et ses Régions redeviennent le laboratoire de l’Europe et les meilleurs dans tous les domaines.

Les femmes et les hommes politiques sont élus pour trouver des solutions. Pas pour aller vers de nouvelles élections. Au regard des dernières déclarations du Président de la N-VA, la vraie question que nous sommes en droit de nous poser, c’est de savoir si un parti qui prône ouvertement la fin de la Belgique est capable de conclure un accord permettant de ramener la stabilité dans notre pays ?

Il faut alors dire toute la vérité aux citoyens, et notamment aux Flamands : aujourd’hui ce qui menace le plus la prospérité des Belges, et donc aussi des Flamands, ce n’est pas le PS, les Wallons ou les Bruxellois. C’est la surenchère communautaire. Seuls les partis qui auront le courage d’y mettre un terme pourront remettre notre pays sur la voie de la relance économique au profit de tous ses habitants.

Titre et sous-titre sont de la rédaction