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COMMISSAIRE GÉNÉRAL DU CGRI (1) ET DIRECTEUR GÉNÉRAL DE LA DRI (2)

Dans la logique du système fédéral belge, les compétences internes des Régions et des Communautés se prolongent sur la scène internationale. C'est un principe fondamental du fédéralisme belge.

La Communauté française de Belgique et la Région wallonne agissent en qualité d'interlocuteurs à part entière: disposant de la capacité de conclure des traités internationaux dans les matières de leurs compétences, elles développent des projets de coopération avec leurs partenaires du monde.

Leurs administrations de relations internationales - le CGRI, Commissariat pour les Relations internationales de la Communauté française, et la DRI, Division des Relations internationales de la Région wallonne travaillent à présent en un seul ensemble.

Une présence permanente à l'étranger est assurée par un réseau de représentants diplomatiques, de coordonnateurs de la coopération technique, et près de 150 formateurs dans les pays en développement.

Actuellement, Région wallonne et Communauté Wallonie-Bruxelles consacrent ensemble chaque année environ 1 milliard de FB à des actions de coopération au développement.

La «défédéralisation» de la Coopération au développement s'inscrit dans cette même logique en la concrétisant par le transfert de moyens financiers de la coopération fédérale. Cette décision présente l'avantage de la fonctionnalité: qui exerce une compétence décisionnelle dans l'ordre interne est le mieux à même d'y identifier et d'y mobiliser, au profit des pays en développement, les capacités et l'expertise qui y existent.

La mention des compétences régionales et communautaires indique bien en soi tout l'intérêt de ces matières en termes de développement des pays du Sud, ainsi notamment: environnement, agriculture, formation professionnelle, santé, éducation

Les actions de coopération au développement déjà menées par la Région wallonne et la Communauté française se sont basées sur les capacités des différents acteurs de Wallonie et de Bruxelles: les universités, les ONG, les associations, les organismes publics Elles indiquent bien le respect des orientations générales propres au développement durable des pays du Sud: la contribution au rapprochement graduel vis-à-vis de l'objectif de 0,7 pc du PIB en tant qu'aide au développement; l'orientation déliée de l'aide et la prise en compte exclusive de l'intérêt des populations du Sud; le respect de l'autonomie des acteurs de la coopération décentralisée (ONG, universités); la concertation avec les différents opérateurs et bailleurs de fonds (dont le pouvoir fédéral et les autres entités fédérées belges); l'importance de l'éducation au développement (d'abord à l'école) et la sensibilisation des citoyens; la cohérence des projets.

Cette réforme doit être inscrite dans le contexte d'une politique européenne, où doivent se situer les grands débats sur les questions de solidarité internationale.

Elle nous paraît l'occasion d'une réflexion approfondie et décloisonnée avec tous les acteurs de Wallonie et de Bruxelles.

(1) Commissariat pour les Relations internationales de la Communauté française.(2) Division des Relations internationales de la Région wallonne.

© La Libre Belgique 2001