Une opinion de Charlotte Regout, maman de quatre enfants abonnés aux TEC.

En cette semaine de la mobilité, de nombreuses initiatives de mobilité alternative aux transport classiques sont proposées entre autres par les école, pour sensibiliser la population, dès le plus jeune âge.

Le covoiturage, le vélo, les transports en commun, sont autant de possibilités de remplacement de la voiture.

Je suis maman de quatre enfants en âge de scolarité, dont 2 en secondaires, qui empruntent quotidiennement un bus Express, via un abonnement annuel "Horizon +".

Il faut savoir qu’une ligne Express vise à relier en un temps minimum les villages ruraux aux grandes villes, en faisant très peu d’arrêts. Les horaires de passage sont fixés en fonction des horaires scolaires, et le public cible d’une ligne Express est l’étudiant se rendant à l’école ou en rentrant, mais aussi les personnes qui se rendent à leur travail.

Ce service Express coûte de 224€ à 280€ par an par enfant (selon que l’on bénéficie de la réduction famille nombreuse ou pas). Pour une personne de plus de 25 ans, le même abonnement coûte de 464€ à 580€ par an selon que l’on bénéficie ou pas de la même réduction.

Ce tarif est donc largement majoré par rapport au coût d’un abonnement classique, et représente un budget conséquent pour une famille.

Or, d’année en année, je constate et déplore une nette baisse des services du TEC. En effet, alors que le nombre d’élèves va croissant, l’offre de bus a été réduite !

Dans mon cas, je constate que de deux bus 81 qui se suivaient à la même heure (7h10 à Wasseiges), et "descendaient" à Namur, il n’en reste aujourd’hui plus qu’un seul qui aille directement à Namur, mais il est déjà plein à son arrivée à Wasseiges. Les usagers doivent donc monter dans le deuxième bus 81 qui ne va désormais que jusqu’à Eghezée. Pour atteindre Namur il doivent donc changer de bus à Eghezée pour prendre le 82 Express.

Mais ce bus 82 est déjà tellement surchargé à son arrivée à Eghezée, qu’il ne peut pas toujours absorber les passagers du 81 ! Il n’est donc pas rare que mes enfants ne puissent y entrer, et doivent se "rabattre" sur une ligne "classique" (le 821).

Ils arrivent alors systématiquement en retard à l’école.

Au retour de Namur, le même problème de manque de place se pose souvent pour les enfants qui fréquentent le Collège de Champion, qui n’ont plus de place pour rentrer dans le bus qui remonte du centre et qui est déjà bondé.

Ne parlons même pas des nombreux retards (le mercredi le 82 a systématiquement 20 à 25 minutes de retard) !

Vous comprendrez donc que je sois extrêmement mécontente des services du TEC : payer plus cher un abonnement Horizon + alors que les usagers n’y ont pas de place assise, ou pas de place du tout, il faut avouer que c’est plus que révoltant ! J’estime que ce service public est plus que défaillant.

Comment espérer modifier les habitudes de mobilités des citoyens si le service public ne s’adapte pas à la demande ?

Mes enfants sont découragés de devoir subir ce manque de confort et de service. Passer quotidiennement autant de temps debout dans bus surchargé (et surchauffé en été) n’est pas acceptable.

Je pense donc très sérieusement à abandonner de manière définitive ce mode de transport si mal adapté à mes attentes les plus légitimes.

Or, dans quelques temps, mes qautre enfants seront tous en secondaire, et si d’autres usagers déçus (et ils sont nombreux !) renoncent comme moi à ce mode de transport, il me semble que le TEC devrait réfléchir au manque à gagner que représente cette perte potentielle de clients.

Des solutions existent : avec plus de bus sur les lignes les plus surchargées, ou des bus type "accordéons" aux heures de pointe, plus de passagers pourraient être accueillis dans de meilleures conditions.

J’en appelle donc au bon sens du TEC, et invite ses dirigeants à emprunter eux-mêmes cette ligne Express aux horaires scolaires. Ils pourront peut-être alors réaliser à quel point le service qu’ils proposent (et qu’ils font cher payer !) est catastrophique.

Titre de la rédaction. Titre original : "Ma lettre ouverte aux TEC en cette semaine de la mobilité"