Une opinion de Sarah Halfin, ingénieure de gestion de formation, chroniqueuse sur Radio Judaïca et pour LN24.

On doute d’elles, de ce qu’elles peuvent apporter en entreprise.Du coup, elles doutent aussi d’elles-mêmes.

Ce n’est un secret pour personne, il y a une pénurie de femmes managers et CEO. On doute d’elles, de ce qu’elles peuvent apporter en entreprise, d’équivalent, de plus ou de différent. Elles doutent aussi d’elles-mêmes du coup… Doutes souvent qualifiés d’auto-saboteurs et communément appelés “syndromes de l’imposteur”. Bref, que de doutes.

Rejeter en bloc ces doutes qui font partie de nous, les renier ou faire comme s’ils n’étaient pas là, et faire rentrer tant bien que mal, avec eux, malgré eux, les femmes dans les cases prédéfinies serait peut-être l’ultime erreur.

“Votre doute peut devenir une qualité si vous l’éduquez […] Exigez à chaque fois des arguments de lui […] et le jour viendra où il cessera d’être destructeur pour devenir l’un de vos meilleurs travailleurs”, écrivait le grand Rilke à un jeune poète.

Pas de résultat sans quota, entends-je dire ici et là. Peut-être bien … Mais si nous doutons, c’est peut-être aussi pour une bonne raison : les symptômes que sont nos doutes ont des choses à nous dire. Les femmes, la plupart ou certaines d’entre elles en tout cas, ont-elles vraiment envie et intérêt à diriger dans le modèle classique  ?

Quand on sait que ce qui est typiquement valorisé correspond à des valeurs plutôt genrées masculines et qu’on a autre chose à apporter. Quand pour diriger on est prié de porter un masque et de laisser au vestiaire une partie – peut-être la plus productive – de sa personnalité.

Aussi, il me semble que la vraie question à laquelle il faudrait tenter de répondre n’est pas tant pourquoi il n’y a pas plus de femmes CEO, mais qu’attend-t-on d’un CEO aujourd’hui ? De quel type de leadership avons-nous envie et besoin dans le monde de demain … matin ?

Parce qu’une question bien posée est au moins aussi importante qu’une réponse bien pensée, en ce jour du 8 mars j’interroge le sous-jacent de nos doutes. Ceux-là même que l’on a si souvent cherché à dissimuler. Tout ça pour avoir l’air fort(e)s et déterminé(e)s. Tout ça pour avoir l’air.

Le chapeau est de la rédaction.