Jeudi dernier, une escouade policière a fait irruption à l’archevêché de Malines-Bruxelles, d’où elle a emporté nombre d’archives de la commission ecclésiastique en charge des cas de déviance sexuelle au sein de l’Eglise catholique. Débarquant en pleine conférence épiscopale, qui réunissait les évêques de Belgique, les forces de l’ordre ont séquestré les prélats neuf heures durant, après leur avoir confisqué leurs téléphones portables, ordinateurs et porte-documents. Seul le nonce apostolique, qui a fait valoir son passeport diplomatique, a pu quitter les lieux. Le Vatican, depuis, s’est officiellement indigné.

Mais que pouvait bien rechercher le juge Wim De Troy, en ordonnant aussi la profanation des tombes des archevêques inhumés dans la cathédrale ? Le trésor des Templiers ?

Et ce n’est pas tout : selon certaines sources, le juge De Troy serait franc-maçon, membre de cette puissante association secrète qui ambitionnerait d’imposer ses propres valeurs au monde et aurait juré la perte de l’Eglise. Tant qu’à faire dans l’ésotérisme et le roman à la mode : ceci expliquerait-il cela ? Voilà, en tout cas, qui ferait un bon scénario pour une série familiale à succès sur la RTBF.

Mais, trêve de plaisanterie : sur un plan moral, éthique. et juridique, cette affaire, hallucinante, serait ridicule si elle n’était grave et inadmissible.

Ce magistrat croyait-il vraiment aux prétendues révélations selon lesquelles "des dossiers de pédophilie avaient été cachés par l’Eglise dans les tombes des primats de Belgique" ? Pense-t-il que l’archevêché manque a ce point de place, à Malines ou ailleurs ?

Plus sérieusement : quel objectif Wim De Troy poursuivait-il par le biais de cette opération outrageante ? Qu’a-t-il donc cherché à faire ou à démontrer ? Pourquoi la presse avait-elle été avertie et se trouvait-elle sur place avant même le début de la perquisition ?

Certes, il y a des cas d’abus sexuels de la part de prêtres catholiques, mais, contrairement à ce que la tempête médiatique actuelle laisse croire, pas davantage que de la part d’autres professions, de médecins, de pasteurs protestants, de rabbins, de moniteurs de camps scouts, d’enseignants, de juges ! Ni Dutroux, ni Fourniret n’étaient prêtres.

Alors, pourquoi, depuis des mois, cet acharnement à rebondissements, tout particulier, à l’encontre de l’Eglise catholique ?

Ainsi, on comprendra la démission de la commission ecclésiastique, qui avait jusqu’à présent collaboré avec la justice belge.