Une opinion de Patrick et Marie-Chantal du Bois, catholiques.

L’impatience de quelques clercs et laïcs à rouvrir les églises aux célébrations et à permettre l’accès aux sacrements nous laisse perplexes.

Les célébrations en France vues sur KTO nous semblent en effet plus ressembler à des mascarades qu’à de véritables assemblées pour célébrer l’union des fidèles autour de celui qui a sacrifié sa vie pour que nous la recevions en plénitude. Certains prêtres sont-ils à ce point en manque d’être vus, entendus et … peut-être admirés par des fidèles ? Leurs célébrations devant une caméra et relayées via Youtube ne nous mettaient pas vraiment en communion, à quelques exceptions près. Par contre, nous aimions suivre les messes sobres et priantes du Père Dominicain Didier Croonenberghs sur la RTBF.

En attendant le moment opportun

Certes, l’Eucharistie fait partie intégrante de notre vie de Catholiques, mais notre foi ne se résume pas à une consommation de sacrements. Et l’hostie n’est pas un talisman dont nous serions en manque.

Les mesures sanitaires élaborées par nos évêques se justifient pleinement pour que les chrétiens pratiquants ne soient pas vecteurs de virus. C’est une simple question de solidarité et de bon sens. Et vu que le nombre de fidèles devra être contingenté dans nos églises lorsque les célébrations seront à nouveau autorisées, nous laisserons volontiers notre place à ceux qui trépignent devant la porte de nos églises pourtant restées ouvertes. Nous comprenons d’ailleurs parfaitement que nos dirigeants politiques donnent priorité à la réouverture des activités qui permettent à de nombreux Belges de … gagner leur pain. Nos dirigeants savent que les religions tiennent au cœur de nombreux citoyens mais, au risque d’apparaître naïfs, vouloir leur faire un procès de militantisme laïque nous semble abusif.

La communion, c’est d’abord se montrer solidaire de tous ceux qui ont été lourdement frappés par le deuil, par la maladie et par les conséquences économiques et sociales de la pandémie. C’est soutenir le personnel médical et soignant, mais aussi tous ceux qui dans la Société s’adaptent pour que nous nous retrouvions une vie sociale la plus normale possible. C’est aider nos enseignants à redonner l’accès à l’école à nos enfants et petits-enfants. C’est acheter des biens courants aux maraîchers ou restaurateurs qui depuis des semaines ne peuvent pratiquer leur métier. C’est aussi soutenir financièrement les artistes qui ne peuvent nous partager leur créativité.

Bref, c’est avec joie que nous retrouverons, le moment opportun, nos évêques et nos prêtres célébrer sans masque la communion autour du corps et du sang du Christ, devant une assemblée nombreuse, détendue et heureuse de se retrouver. Et en paix avec elle-même.

Titre de la rédaction. Titre original : "Retrouvons le vrai sens de la communion"