Un courrier de Jacques Laffineur, lecteur de La Libre.

La découverte des pages 8 et 10 de La Libre du 24 novembre 2020 m’a cassé le moral. Alors que les criminologues s’accordent à critiquer la politique carcérale si peu orientée vers la réinsertion des délinquants, on lit à la page 10, sous le titre "Douche froide pour les détenus : le modèle punitif va encore se durcir", que l’on va enfermer davantage de personnes avec des troubles psychiques et/ou mentaux… 

Vouloir serrer la vis au lieu d’humaniser l’enfermement est à l’évidence prendre une mauvaise voie. Et cela est d’autant moins approprié lorsque les conséquences d’une telle option s’abattent sur les personnes présentant des troubles dont elles ne sont pas responsables. Les deux articles composant la page 8 relatent la situation de centaines d’enfants qui, si l’on n’y fait rien, peupleront un jour nos prisons. 

Résonnant comme un cri d’alarme, le premier article s’intitule "Six cents gamins cabossés par la vie attendent une famille d’accueil". Juste après, le second article, "Deux enfants de 10 et 12 ans disparus d’un centre Fedasil bruxellois", annonce que le Service des tutelles de mineurs qui dépend du SPF Justice a recensé au cours de l’année écoulée plus de 800 disparitions de mineurs non accompagnés. À vrai dire, que mon moral ait été cassé ce matin-là importe peu. Ce qu’il faut absolument casser, c’est le cercle vicieux de l’enfance meurtrie qui conduit trop souvent vers la case prison ! 

Merci aux journalistes de La Libre de continuer à nous alerter sur cette triste réalité : malgré la crise, notre pays demeure l’un des plus prospères de la planète ; aucune excuse donc de ne pas consacrer les moyens nécessaires pour éviter aux enfants qui sont chez nous d’être "vicieusement encerclés" !