Un témoignage de Marion (1).

Je suis partie car j’allais crever.

Histoire banale.

Crever de son emprise dévastatrice.

Viol conjugal.

"Tu vois, tu avais envie."

Viol de tous les coins de mon jardin secret.

Mes écrits mis à nu.

"C’est de ta faute, tu ne me dis pas tout."

Histoire invisible.

Crever à petit feu.

Maman de maison.

Cinq enfants.

Et lui, jamais content, toujours cassant.

Histoire sans fumée.

Je suis partie car j’allais crever.

Mon histoire.

Banale, invisible et sans fumée.

Je suis partie.

Avec, dans mon poing, un collier.

Un collier de pacotille. Un collier de perles gagné dans une fête foraine invisible et inaudible. Perles venues tout droit des lézardes de ce monde. Perles de lumière fulgurante et de pureté cruelle. Perles roses évidemment. Collier magique.

Enfin respirer.

Être de brefs instants une princesse au collier de perles.

Recevoir des sourires et des mains tendues.

En pleurer.

Essayer de se reconstruire.

Devoir se faire guerrière, le poing fermé.

Et puis porter ce collier.

Pas de retour en arrière.

Actuellement nous sommes en médiation. La triple idiote avec un collier de pacotille, un collier rose et minable, négocie une pension alimentaire qui lui permettra de vivre. Elle revendique aussi le droit à poursuivre une formation qui l’aide à se reconstruire.

(1) : Pour des raisons évidentes de sécurité, l’auteure, connue de la rédaction, préfère garde l’anonymat. Prénom d’emprunt.