A la frontière des mondes germaniques et latins, la Belgique a pour caractéristique de présenter habituellement le comportement " moyen" de l'Européen dans tous les domaines de recherches ... sauf dans le cas du Covid-19. Bien que la médecine ainsi que les structures sanitaires belges soient particulièrement performantes, nous avons le plus mauvais score non seulement pour les décès mais aussi, ce qui est tout aussi inquiétant, pour le taux de guérison. 

Alors que l'Allemagne affiche un taux de guérison de 91%, la Belgique stagne avec seulement 26%. Pourquoi? A-t-on fait l'analyse des taux de guérison selon les traitements et selon les lieux d'hospitalisation. Cela n'a jamais été annoncé. Pourquoi n'applique-t-on pas la méthode allemande qui consiste à tester un maximum de personnes? Pourquoi n'applique-t-on pas les mêmes traitements qu'en Allemagne, puisque cela permet de guérir 91% des malades, semble-t-il. 

Nous sommes à l'aube d'une deuxième vague. Le gouvernement a dû prendre des mesures courageuses mais sévères qui vont avoir des répercussions très négatives sur de nombreux secteurs de l'économie et sur la qualité de vie des citoyens ... et le 28 juillet, nous apprenions que les centres de tests de la région bruxelloise étaient saturés. Testing et tracing sont pourtant à la base de toute stratégie pour juguler une pandémie. 

Gouverner c'est prévoir. Il faut toujours anticiper les besoins et prévoir tous les aspects pratiques, même les plus modestes. Pour cela, il est utile de s'appuyer sur l'expérience de gens de terrain pour qui ces problèmes sont routiniers. Ne faudrait-il pas associer à cette stratégie des personnes qui ont l'habitude de faire des campagnes sur le terrain comme le professeur Gala ou MSF? Mais il faut aussi mettre en oeuvre une stratégie européenne. Elle devra couvrir tous les aspects de la pandémie, en mettant au point des recommandations pour les différents domaines comme cela a été fait pour le cancer d'abord, sous l'impulsion des présidents Mitterrand et Kohl, puis pour le Sida. Ayant été expert à "L'Europe contre le Cancer" pendant plus de 8 ans et ayant aussi suivi de près la lutte contre le Sida, j'ai pu constater la grande efficacité de ces structures européennes. 

Nous subissons actuellement une pandémie qui risque d'avoir, dans de nombreux domaines, des conséquences dramatiques. Créons en urgence une "Europe contre le Covid-19". C'est en réunissant toutes les forces vives européennes que nous serons les plus efficaces. Chantal Couvreur

Plaidoyer pour une recherche épidémiologique européenne coordonnée sur le Covid-19

La pandémie est toujours présente en Europe. Il devient lassant d’entendre toujours les mêmes refrains où seules des mesures d’hygiène telles que le lavage des mains, la distanciation et la protection réciproque par des masques sont rappelées en cas d’augmentation du nombre de cas testés positifs. N’est-il pas temps d’accorder nos violons entre pays d’Europe en créant un dossier médical informatisé comparable dans les 26 pays membres, destiné à analyser le nombre de tests réalisés par rapport à la population totale par pays ou par région, à certaines dates, ainsi que le pourcentage de décès par rapport au nombre de cas contaminés et le nombre de guérisons ?

Chaque type de test pourrait être identifié, avec le résultat obtenu. Tout test positif pourrait être associé au numéro de sécurité sociale de chaque malade, ce qui permettrait de déterminer le nombre de cas hospitalisés ou non, d’avoir accès à la liste des médicaments prescrits et aux causes de décès. Les données d’identification devront être effacées et remplacées par un système anonyme destiné à respecter la protection de la vie privée, tout en gardant des données relatives à la région d’origine et au type de service hospitalier concerné, s’il y a lieu.

Un tel système informatisé nécessite des accords entre experts afin d’obtenir des données comparables selon des normes préétablies par une organisation internationale telle que HL7 (Health Level Seven International Foundation). Cette approche permettrait non seulement de mieux interpréter les chiffres de suivi de la pandémie dans les divers pays d’Europe mais aussi d’identifier des pistes de traitements prescrits associés à une meilleure survie. L’absence de démonstration de médicaments "miracles" pour traiter les divers stades du Covid-19 et le délai nécessaire avant de pouvoir vacciner les populations à risque n’appellent-ils pas à examiner avec les données disponibles les résultats acquis ? L’Hydroxychloroquine a-t-elle été largement utilisée, seule ou associée à un antibiotique, avec quels résultats positifs ou négatifs, à quel moment de la maladie ? Quels ont été les traitements les plus prescrits associés à des décès ? De nombreuses hypothèses peuvent être envisagées. Toutefois, c’est dans l’avenir qu’un tel système d’enregistrement automatisé serait particulièrement utile, pour suivre de manière réellement comparable les effets des mesures prises et des traitements recommandés. Cette proposition suppose une prise en main par un groupe "Europe contre le Covid 19", tel que proposé par Chantal Couvreur. Francis Roger France