Cela fait plusieurs jours que la polémique fait rage au sein de l'ULB à propos du refus par les autorités académiques d'accepter que l'intellectuel musulman Tariq Ramadan, invité par un cercle étudiant, participe à une conférence intitulée "Le choc des préjugés". Cette conférence s'est tenue mercredi soir dans une ambiance assez survoltée.

Dans une opinion qu'elle nous a adressée (lire ci-dessus), Nadia Geerts, philosophe et enseignante, tente de faire le point et dit comprendre la décision du recteur de l'université. Son collègue Guy Haarscher (photo), président du Centre de philosophie du droit de l'ULB, estimait quant à lui, dans une interview au "Soir" que l'ULB doit débattre avec Ramadan. Il se dit aux antipodes des positions de l'intellectuel musulman mais il estime qu'il a cependant sa place dans le débat. "Le rectorat s'est trouvé confronté à la radicalisation d'un cercle étudiant, à sa dérive identitaire. A cet égard, le recteur a eu raison de ne pas autoriser l'initiative du cercle. En revanche, l'ULB aurait pu organiser elle-même ce débat en garantissant le respect de l'éthique du débat, dans un esprit de liberté, sans intimidation et avec des contradicteurs de haute tenue", a déclaré le philosophe à nos confrères. Et de conclure : "Les autorités académiques doivent désormais éviter de se raidir, sombrer dans le dogmatisme, sous l'influence de dinosaures de la laïcité qui parlent beaucoup de M. Ramadan, sans vraiment le connaître".

Selon plusieurs observateurs, cette controverse s'inscrit dans la suite de l'annonce par le recteur Vincke, en septembre 2006, d'un retour aux sources libre-exaministes et de la nomination d'une conseillère en ces matières, Emmanuelle Damblon.