Respect des règles sanitaires

Elles doivent être appliquées

Lentement mais sûrement, on y vient. On remet enfin les pendules à l’heure. Nous sommes dans une sorte de phase préliminaire au cours de laquelle il faut préparer les gens à un renforcement des mesures possibles (personnellement, je dirai "probables"). Cela dit, depuis quelques jours, j’ai l’impression que l’on entend moins hurler sur les forums les pourfendeurs des mesures édictées par les autorités. Même si elles valent ce qu’elles valent et même si elles viennent systématiquement un coup trop tard, avec un minimum de bon sens, elles doivent être appliquées. Jean-Louis Brassiene

On ne va pas s’en sortir comme ça

Mesdames et Messieurs les experts et les politiques,
Je suis inquiète quand je vois l’évolution de la situation. La population n’adhère plus à ces mesures restrictives et liberticides. L’argument de la peur a joué un temps, cela ne fonctionne plus. L’argument de la solidarité a joué pendant un certain temps, cela ne fonctionne plus non plus. Le débat fondamental qui n’a jamais été posé, c’est celui des choix sous-jacents qui ont été faits. La santé avant tout, a dit la Première ministre. Ah bon ? Et depuis quand ? Car si c’était le cas, interdisons la cigarette (20 000 décès par an quand même), la malbouffe, l’alcool, et limitons la vitesse partout à 30 km/h. La durée de vie moyenne des personnes sans abri est de 51 ans. La santé de certains, dirons-nous plutôt, et à quel prix ? Ce débat n’a jamais été posé. Et il est manifeste qu’une partie de la population n’adhère pas ou plus aux arbitrages qui ont été faits. Et il ne s’agit pas seulement des jeunes, les réseaux sociaux sont une caisse de résonance de beaucoup de critiques. Les lecteurs du Standaard reprochent à la rédaction d’être trop complaisante avec la politique gouvernementale (De Standaard 18/07, De Ombudsvrouw, Karin De Ruyter, Van te veel naar te weinig kritiek ? ; Kort en bondig, Kris Venhoeck, Laat pedagogen aan het woord) c’est bien révélateur d’une distanciation générale de la population par rapport aux mesures prises. C’est pour cela que, même avec des mesures répressives, vous ne pourrez pas forcer une population entière à marcher derrière vous. Anne Deltour

Le couvre-feu

Un couvre-feu ne sert pas à grand-chose si, pendant la journée, on va et vient comme on veut. Procéder à un testing généralisé et prendre des mesures de quarantaine des personnes testées positives, imposer le port du masque partout et rappeler sans arrêt l’intérêt des gestes barrières : ce sont les seules solutions efficaces. Et cela ne tient pas à grand-chose. Catherine Stessels

Covid-19 et éthique 

Vouloir diriger la vie, n’est-ce pas la tuer ?

En cette période, je ressens profondément le besoin de dire - de rappeler ? - que la Vie ne nous appartient pas, que nous en sommes seulement des porteurs temporaires, des transmetteurs. Plus nous nous y accrochons, moins nous y participons… Comme êtres vivants, notre mission est de transmettre la Vie, pas de la garder. Nous avons "reçu la Vie" pour un moment, variable pour chacun. Une fois qu’on en est porteur, l’important, c’est de transmettre, donc à un moment, d’accepter de lâcher - de "mourir" - et non de nous soucier de la tenir la plus longue possible. La Vie est "surprise", imprévisibilité. Vouloir l’encadrer, la canaliser, vouloir la diriger, la conduire, n’est-ce pas la tuer ? Notre société est obsédée par la protection, la prolongation des vies individuelles de nos proches. Cette démarche est déjà contraire au principe de la Vie, mais elle se fait aussi au détriment des autres porteurs de Vie. La Vie, nous la partageons avec tous les autres transmetteurs, avec nos frères moins proches, bien sûr, mais aussi avec les animaux, les plantes et sans doute au-delà. Quand nous nous barricadons, pour défendre nos vies individuelles, ne réduisons-nous pas immanquablement les vies autour de nous, ne portons-nous pas atteinte à La Vie ? Bien sûr, dans les mécanismes de la Vie, se trouve la lutte contre les autres porteurs. Les êtres vivants se nourrissent les uns des autres. Ou, n’est-ce pas mieux d’écrire, les uns les autres ? Mais les humains se sont dotés d’outils si puissants qu’ils bouleversent tous les équilibres du monde vivant. Ils soumettent tout leur environnement à de nouvelles démarches en rupture profonde avec la Vie. Qu’est-ce que j’entends par là ? On parle de nous confiner, de nous mettre en boîtes de conserve, enfermés, protégés, stérilisés. Il n’y a plus de Vie dans une boîte de conserve, il n’y a plus que son support. On range les boîtes de conserve au fond des placards et… on les oublie. Et quelle date de péremption allons-nous mettre ? Pierre de Menten, transmetteur de vie