Une carte blanche de Christian Leysen, député fédéral (Open VLD).

L’organisation des déplacements domicile-travail pourrait être bien meilleure. On ne peut qu’applaudir l’excellente initiative qui a été lancée par le ministre des Finances Vincent Van Peteghem (CD&V) pour encourager l’utilisation de voitures électriques et l’investissement en bornes de recharge.

Cependant, nous devons élargir le débat sur l’avenir de la mobilité. Les voitures électriques ne sont qu’un aspect parmi d’autres : comment, quand et avec quels moyens de transport allons-nous nous déplacer ?

Dans pas très longtemps nous nous retrouverons à nouveau dans la voiture - électrique ou non - dans les embouteillages en direction du bureau. Certes, le télétravail a du bon, mais la vie de bureau ne se limite pas aux réunions Zoom ou Teams. Même ceux qui sont contraints d’accepter la voiture de société - électrique ou non - comme une cage dorée la ressortiront tôt ou tard. Elle est une partie du package salarial bien pratique, moins chère à l’entretien et demeure, pour beaucoup, un moyen facile et bon marché de monter un cran plus haut sur l’échelle du statut social.

Poussés dans les embouteillages

Cependant, nombre d’entre eux se voient contraints d’accepter cette voiture de société ou n’ont pas nécessairement besoin d’une voiture aussi grande. En fait, nous poussons trop de gens dans les embouteillages contre leur gré. Plus encore, ce sont eux la cause des embouteillages.

Il est temps de mettre fin à cette situation. Les gens devraient avoir plus de latitude quant à leur façon de se rendre au travail. Cela pourrait être un jour en voiture à cause des enfants, ou un autre jour en train. Les employeurs devraient être en mesure de rendre ces déplacements plus faciles et plus flexibles, avec moins de règles. Les employés ne devraient pas être sanctionnés fiscalement pour (ne pas) se déplacer de manière durable, par exemple en choisissant une voiture plus petite ou un vélo électrique, ou une combinaison avec un abonnement mobilité comme service tel que Skipr ou Whim. Chaque trajet durable supplémentaire réduit les embouteillages et les coûts de congestion associés, ainsi que les nuisances environnementales.

Un tel basculement peut passer par la généralisation du budget mobilité. Je n’invente pas du tout l’eau chaude. Au cours de la législature précédente, un système de cash contre voiture a été introduit, grâce auquel l’échange de la voiture de société contre une part salariale exonérée est devenu possible. Cependant, cet arrangement a été annulé par la Cour constitutionnelle après une plainte des syndicats. En 2019, l’allocation mobilité, portée par Egbert Lachaert (Open VLD), a vu le jour. Les salariés ayant droit à une voiture de société peuvent opter pour ce budget, ou pour un modèle de voiture plus petit et plus respectueux de l’environnement, une combinaison avec un abonnement aux transports en commun ou, tout simplement, ne pas choisir de voiture. Deux ans après son introduction, on constate cependant que le budget mobilité, introduit avec de nobles intentions, a été conçu de manière trop restrictive. D’après les chiffres du groupe de services RH Acerta, seul 1,5 sur 1 000 employés éligibles a fait le pas. Nous devons donc simplifier le budget mobilité et le rendre plus accessible.

Une mobilité plus durable signifie non seulement plus de voitures de société électriques, mais aussi une gestion différente de nos déplacements. Flexibilité et multimodalité au lieu de rigidité et uniformité. Grâce à un budget mobilité élargi, la voiture n’occupera plus une place centrale, mais on optera pour un mélange de ressources de mobilité. Moins de voitures sur la route, plus de liberté de choix.

>>> Titre, chapeau et intertitre sont de la rédaction. Titre original : "La durabilité va au-delà des voitures électriques"