Une carte blanche de Thierry Wouters, médecin.

Tout d’abord, qu’est-ce qu’un vaccin ? Imaginez un petit royaume, cerné par des voisins hostiles qui disposent d’une arme étrange et imparable qui terrorise et décime la population à l’aveugle. Imaginez que dans ce royaume les services secrets disposent d’un super espion, une sorte de James Bond 2.0. Cet espion, en grand secret, a été envoyé dans les pays limitrophes, et a réussi à capter les plans et la description de l’arme étrange et imparable dont disposent les voisins. Dans le plus grand secret, l’armée du petit royaume met alors au point un dispositif qui permet d’empêcher l’arme de faire son sale travail. Le petit royaume vit désormais une existence heureuse, paisible, car il n’est plus sous la menace de cette arme étrange et imparable. Les habitants peuvent désormais faire la fête, se retrouver entre amis et en famille, se rendre à des spectacles, visiter des musées et des expositions, et même, tout simplement, aller à l’école ou au travail ou faire leurs courses sans avoir la boule au ventre de se faire attraper par ces armes étranges et imparables.

Vous avez compris, dans mon histoire, l’arme étrange et imparable s’appelle Covid-19. Et le James Bond 2.0, ce sont les scientifiques qui ont développé un vaccin.

En effet, nous disposons d’un système immunitaire qui est notre armée et qui nous défend contre les agressions extérieures. Malheureusement, notre système immunitaire est parfois débordé parce qu’il n’a jamais rencontré quelque chose qui ressemble à ce virus inconnu.

Par contre, si on peut envoyer dans l’organisme quelque chose qui ressemble à ce virus inconnu, à petite dose, il se met à fabriquer un "contrepoison", un "missile antimissile", capable de tuer ce qui ressemblait à ce virus inconnu. De plus, notre système immunitaire dispose d’une mémoire et, quand il a eu affaire à un virus inconnu, il garde en mémoire les moyens pour le détruire.

Un vaccin, ce n’est rien d’autre que "quelque chose qui ressemble aux virus inconnus", à petite dose, comme une copie de l’enveloppe du virus inconnu.

Quels sont les avantages du vaccin ?

L’avantage est double :

Tout d’abord un avantage personnel, puisque la personne vaccinée est désormais à l’abri de l’agression par le virus. Cette personne pourra donc reprendre une vie tout à fait normale, voyager, voir ses amis et sa famille sans risque, se rendre dans des salles de spectacles…

Il y a un second avantage, à savoir que, si 67 % de la population se vaccine, le virus n’a plus aucune chance de subsister au sein de cette population. Et on en est quitte, définitivement.

Quels sont les inconvénients ?

Bien entendu, un vaccin n’est accepté par les autorités de santé que s’il a fait la preuve que le bénéfice induit par la vaccination est nettement supérieur aux inconvénients.

C’est bien pour cette raison que tous les vaccins du monde sont testés sur de gros échantillons de populations, et que tous les effets secondaires qui seraient observés sont contrôlés. L’autorisation de mise sur le marché n’intervient qu’après vérification de toutes ces études, qui sont faites sur des milliers de patients, et qui doivent être publiées pour que tous les scientifiques indépendants des laboratoires producteurs (comme la FDA ou l’EMA, les agences américaines et européennes qui contrôlent tous les médicaments) puissent les vérifier.

Quelles sont nos solutions ?

"Un fait est plus fort qu’un Lord-Maire", disait Winston Churchill. Une chose est malheureusement certaine, le Covid-19 est présent, et personne ne sait quand nous en serons quittes.

Il n’y a dès lors que trois possibilités (comme le disait le Pr Frédérique Jacobs de l’hôpital Érasme), puisque nous ne disposons pas d’un traitement efficace actuellement.

Soit on continue comme on le fait actuellement, à vivre avec des masques, à garder des distances, et à alterner des périodes de confinement et de déconfinement, en espérons que le virus se lasse, ce qui n’est pas garanti…

Soit on se dit que ce n’est pas possible, et on abandonne la guerre aux virus, on capitule. On ne fait plus de confinement, ni de déconfinement, on ne porte pas de masque, on ne fait rien. On sait bien que le virus va continuer à faire son sale travail, et qu’il va continuer à tuer une proportion importante de personnes fragiles, et une proportion moins importante de personnes plus jeunes et en bonne santé. Certains experts ont chiffré le nombre de personnes qui mourraient dans cette hypothèse, et ils ont estimé, pour la Belgique, que cela pourrait représenter 60 000 morts.

La troisième hypothèse, c’est de saisir l’opportunité que nous offre notre James Bond 2.0. On se vaccine et, ainsi, on se protège. Et, si nous sommes suffisamment nombreux à faire ce geste citoyen, si on dépasse le seuil de 67 % de gens vaccinés, nous mettrons ainsi à l’abri l’ensemble de nos concitoyens.

Quels sont les risques ?

Peut-être y a-t-il un petit risque, qui n’aurait pas été découvert malgré toutes les études sérieuses qui ont été faites sur ces vaccins. Il y a actuellement cinq vaccins (sans tenir compte des deux vaccins chinois et du vaccin russe, sur lesquels on ne dispose pas de suffisamment d’informations) qui ont effectué des études, chacun sur minimum 30 000 personnes, soit au total 150 000 personnes. Il n’y a pas eu d’effet secondaire grave sur cet échantillon de 150 000 personnes. Donc le risque que vous ayez un effet secondaire grave est plus faible que 1/150 000.

Comparons les risques : savez-vous que votre risque de mourir dans un accident de voiture, en tant que conducteur, est de 1/85 ? Et votre risque de mourir d’un cancer de 1/7, votre risque de gagner au Lotto de 1/13 900 000, et votre risque de mourir d’un tremblement de terre de 1/132 000.

Êtes-vous vraiment terrorisé à l’idée de mourir dans un tremblement de terre ?

Et puis, plaçons-nous sur un point plus philosophique. Ne pensez-vous pas que la vie est un risque ? À partir du moment où votre papa a lâché la selle de votre vélo quand vous appreniez à rouler avec, il savait bien qu’un jour vous pourriez tomber et même vous blesser gravement. Mais il a estimé que votre vie valait le coup d’être vécue, malgré tous les risques qui sont inhérents à la vie.

C’est la même chose cette fois-ci, et pour ma part, après avoir lu les études scientifiques (publiées le 31 décembre dans le New England Journal of Medicine, journal médical américain de référence) qui valident ce vaccin contre le coronavirus, je me ferai vacciner, car je ne veux plus continuer à vivre ma vie terré dans mon terrier, je veux pouvoir prendre mes petits-enfants dans mes bras, voir mes amis, et vivre libéré, tout simplement…

Et si on s’y mettait, tous ensemble ?