Nous avons tous en mémoire l’effondrement de nos activités minières, la disparition progressive de nos aciéries, le déclin de notre activité verrière, la fermeture de nos unités d’assemblage automobiles qui ne sont que les signes émergés du déclin de nos industries depuis quelques décennies. Hors ce déclin n’est pas inéluctable mais est le signe que notre société industrielle souffre et ne s’est pas adaptée à la globalisation de l’économie dans laquelle notre pays évolue aujourd’hui. Nous ne sommes plus considéré en ce 21ième siècle, ce qui était le cas dans les années 1800, comme un grand pays industriel et nous n’avons plus la représentativité que cela nous donnait hier pour nous faire entendre dans le cercle des nations du monde d’aujourd’hui comme peuvent le faire encore uniquement les plus grands pays de la planète.

Tout espoir n’est pourtant pas perdu car certains pays d’Europe du Nord (et je ne parle pas ici d’un grand pays comme l’Allemagne qui est un modèle en la matière) ont réussi à maintenir de grandes industries et de grands centres de décision sur leur territoire. Qu’il s’agisse de la Suisse, de  la Suède, du Danemark, des Pays-Bas…, ces pays ont mis en œuvre certaines politiques volontaristes pour garder une industrie florissante sur leur territoire.

En Belgique, nous avons encore certains secteurs industriels florissants comme entre autres la Pharmacie, la Chimie ou la transformation Agroalimentaire mais nous devons favoriser l’émergence d’autres industries et le développement de nouveaux pôles importants à coté de ces piliers.

Une analyse beaucoup plus fine de nos atouts dans différents secteurs industriels nous permettrait de concentrer nos efforts sur certains secteurs d’activité industrielle à renforcer comme par exemple l’énergie, le transport, l’industrie du luxe (Mode),  l’industrie chocolatière ou brassicole, l’industrie aérospatiale , les biotechnologies etc…Certaines initiatives sont prisent dans ce cadre comme le plan Marshall en Wallonie mais ne sont pas suffisantes pour inverser fondamentalement et durablement une tendance de fond.

Etant donné que notre coût salarial horaire dans ces secteurs industriels est fort cher comparé à la plupart de nos concurrents commerciaux, nous devons dès lors tenter de le compenser par une plus grande productivité, par une plus grande flexibilité, par une meilleure formation de nos travailleurs, par des infrastructures de première qualité (ports, aéroports, autoroutes, voies fluviales), par une efficience accrue des pouvoirs publics, par une meilleure image de marque reconnue internationalement et par une utilisation plus efficiente de notre épargne collective.

Nous devons donc nous adapter à cette nouvelle donne et travailler sur notre flexibilité et l’agilité intellectuelle de nos concitoyens pour repenser notre société belge et son fonctionnement.

Il paraît par exemple indispensable de favoriser l’innovation et la création d’entreprises. Nous devons remettre à l’honneur les entrepreneurs et les aider à entreprendre en leur assurant des sources de financement multiples et flexibles. Une meilleure utilisation de l’épargne de nos concitoyens apparaît indispensable et doit être mise en œuvre pour favoriser le capital à risque. Une baisse du taux nominal de l’impôt des sociétés serait également un signe dans la bonne direction quitte à instaurer également un impôt minimal à définir pour éviter certains excès de l’engineering fiscale. N’oublions pas que la relance économique ne se décrète pas et que ce sont les entreprises et leurs investissements qui pourront (re)créer la prospérité et de l’emploi en plus grand nombre dans notre pays.

Nous devons investir plus dans notre enseignement et dans nos enseignants et plus particulièrement dans notre enseignement technique et professionnel et offrir à nos étudiants des formations adaptées aux besoins des entreprises. Il n’est pas acceptable qu’encore aujourd’hui de nombreux postes de travail dans l’industrie ne puissent être fourni faute de candidats ayant la formation adéquate.

Nous devons agir au niveau européen pour faire valoir absolument la notion de  réciprocité avec les autres grands partenaires économiques de l’Union européenne. L’Europe ne joue pas assez son rôle à cet égard et est de plus en plus perçue comme un  grand marché libéralisé ou l’accès est libre et total alors que les autres grands ensembles économiques du monde ne jouent pas toujours le même jeu et n’hésitent pas à mettre certaines barrières à l’entrée de nos produits sur leur territoire ou à taxer lourdement nos produits (Chine, l’Inde, la Russie, les Etats-Unis, etc…). Loin d’un rempli sur soi prôner par certains il s’agit ici uniquement de veiller à appliquer des règles semblables à celles qui sont appliquées par nos différents partenaires. Non l’Europe n’est pas une passoire !

Renforcer notre image de marque et notre attractivité vis-à-vis des investisseurs étrangers. Il n’est pas besoin d’aller très loin pour se rendre compte de ce que l’effet bénéfique de l’image de marque d’un pays peut avoir sur son industrie. Tout le monde associe aux voitures allemandes une image de sérieux, de solidité, de classe etc… En Belgique, nous bénéficions aussi d’une telle image de marque dans certains secteurs comme l’agroalimentaire (avec le chocolat, la bière ou même les frites), l’aérospatial, la logistique.. Mais ne pourrions-nous pas développer ce même type d’image de qualité dans d’autres secteurs industriels ? Il est évident que oui et plusieurs entreprises y travaillent déjà depuis des années mais il est important de continuer et de renforcer cette démarche non seulement aux niveaux de nos entreprises mais égaiement de nos pouvoirs publics et de nos concitoyens. Le belge est par nature trop modeste et devrait être beaucoup plus fier de ses concrétisations et réussites comme le sont nos collègues bataves.

 Si depuis la révolution industrielle du 19ième siècle, l’industrie a été pour la Belgique source d’une prospérité incroyable, nous ne pouvons pas nous en détourner aujourd’hui. Il est donc vital pour l’ensemble de nos concitoyens de la maintenir et de la développer pour conserver les richesses qu’elle procure à notre pays. Il est impératif pour la Belgique de conserver une activité industrielle. L’industrie est créatrice d’emplois et de richesses et s’en détourner serait catastrophique pour notre avenir. Certaines initiatives prisent par les pouvoirs publics ces dernières années vont dans le bon sens mais ne sont pas encore suffisantes pour changer fondamentalement la donne. Il est donc vital que tant les pouvoirs publics que les chefs d’entreprises se mobilisent pour accentuer leurs efforts de réindustrialisation de la Belgique dont nous bénéficierons tous. Il y aura parfois des choix difficiles à faire mais si la stratégie suivie est bien expliquée ils pourront être le signe d’un réel renouveau industriel